Du 6 au 11 décembre 2018
Soirée débat mardi 11 à 20h30
Autres séances jeudi et dimanche en fin d’après-midi et mardi après-midi
Film français (novembre 2018, 2h15) de Catherine Corsini avec Virginie Efira, Niels Schneider, Jehnny Beth et Estelle Lescure
Distributeur : Le Pacte
Synopsis : À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d’une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c’est pourquoi elle se bat pour qu’à défaut de l’élever, Philippe lui donne son nom. Une bataille de plus de dix ans qui finira par briser sa vie et celle de sa fille.
Présenté par Laurence Guyon
Christine Angot a connu le pire, l’inceste pédophilique. Et ce film, reprend l’un de ses récits.
Dans « un amour impossible », un titre qui flatte à cause de ses doubles, triple sens et sonne comme un roman de gare, Chantal adolescente sera, comme son auteur, sodomisée par son père, et l’on retrouve dans le film, les thèmes de Christine Angot, les figures de la violence familiale, des passions douloureuses et de la colère. Servi par une écriture « vérité » ou prétendue telle.
La trame du film, c’est le déroulement linéaire de la vie de Chantal et de Rachel sa mère. La vie de Chantal commence avant sa naissance par la rencontre de Philippe et Rachel. La carpe et le Lapin*(1).On peut se croire un instant dans « pas son genre de Lucas Belvaux », mais nous ne sommes pas là seulement pour ça…
Nous sommes là pour assister à la mise en pièces par « un prédateur » de Rachel, une belle et gentille femme, qui ne demande rien, qui est travailleuse et courageuse et pas bête du tout et… de Chantal sa fille.
Rachel est une femme qui n’a pas connu son père, et qui par une sorte de compulsion de répétition trouve l’amant absent qui plus tard, refusera de reconnaître Chantal sa propre fille. Et ce sera le seul combat de Rachel de faire en sorte que Philippe la reconnaisse. Et, il va la reconnaître pour mieux la connaître*(3).
Donc, il lui donnera son nom et la sodomisera. Ce qui fait dire à Chantal dans un dialogue avec sa mère quelque chose comme : « Ce qu’il voulait c’est nous humilier, humilier notre condition : Cet homme a voulu nous atteindre dans ce que nous sommes, (des gens modestes et dignes) et à travers moi c’est toi qu’il voulait atteindre dit Chantal à Rachel, sa mère.
Voilà l’essentiel, du coup, il y a aussi le récit de Philippe*(2) cet amant qui ne veut pas se marier, ce père qui refuse de l’être. Que sait-on de lui ? Il est riche, beau, intelligent, polyglote et cultivé. Son père est un homme de pouvoir antipathique. Il vit avec une femme qui finira par se défenestrer.
Cette scène de saut invite le spectateur à en faire un lui aussi, car le film suggère que cette suicidée est nécessairement la victime d’un époux sadique, et donc Tel père, Tel fils ! Et cette dame n’est plus là pour nous contredire.
Christine Angot n’aime rien de mieux qu’escamoter les femmes de même qu’elle suicide la mère de son amant, elle fait disparaître sa propre mère sous le poids des déterminismes sociaux. (fille de fille mère et fille mère à son tour, fille de pauvre et pauvre elle-même, fille d’un juif errant etc).
Or, ce système de « bonnes raisons » qui paraît peu crédible, ne l’est plus du tout lorsqu’un jour Chantal raconte à sa mère que son père l’abaisse et l’humilie gravement. Elle lui répond : « il peut être comme ça ! »
Alors, raisonnablement on en vient à reconsidérer « l’hagiographie » de Rachel. C’est une femme qui accepte tout, les petites et grandes humiliations, les longues absences, et plus encore les brefs retours, qui accepte de risquer d’être enceinte et de l’être, d’élever seule son enfant, de ne rien réclamer pour elle-même et seulement, longtemps après, la reconnaissance paternelle de sa fille etc.…
Mais ça, ça porte un nom : Le masochisme. Bref, elle a un rapport masochiste pathologique à cet homme. Elle privilégie tout au long de sa vie, ce mode de rapport avec Philippe.
Et donc Philippe et Chantal forment un couple sadomasochiste et Rachel est une victime pour une part d’elle même, consentante. (Ce qui n’exonère nullement Philippe, qui serait à lui seul un sujet)
Sans doute, le parler vrai et cru de Christine Angot (Chantal) comporte sa part d’omission et probablement de dissimulations diverses autour de cette question. Toujours est-il que les dangers que faisait courir Rachel à sa fille en la confiant à son géniteur, sont aussi le produit de son masochisme permanent. (Ce qui ne comporte ni condamnation, ni jugement moral d’aucune sorte).
…Bref, il y a quelque chose de passif-agressif dans ce récit de Christine Angot.
Pris par ce bavardage, j’allais oublier presque de dire que ce film ambiguë s’étire un peu, que sa musique emprunte beaucoup à Phil Glass, et que la narration par la petite fille est assommante.
P.S : Je me relis, bon, c’est écrit, cependant, j’aurais peut-être dû dire que l’auteur place ses projecteurs où il veut. Par exemple, il aurait été interessant de connaître la mère de Philippe. Et la mère de Rachel donc! Christine Angot me semble prise dans sa rationalité, dans son système explicatif.
*(1)Cette expression appliquée aux humains servait de métaphore au couple composé d’un noble et d’une roturière. Pour y pallier, le noble se voit dans l’obligation de donner la main gauche à l’épouse pendant la cérémonie, signifiant par ce geste qu’il ne transmettait son rang ni à sa femme ni à leur progéniture. Il est à signaler que si le noble donne sa main gauche, c’est parce que l’alliance normale entre deux personnes de même rang se mettait à la main droite. (Sur le site expressions française)
*(2) Philippe, sans doute comme Philippe Petain, car le père de Rachel est juif, et le Philippe du film manifeste un instant un antisémitisme bon teint.
*(3) Dans l’interprétation Chrétienne de la Genèse, Loth qui accueillait deux étrangers (en fait deux anges) vit sa maison entourée par les habitants de Sodome qui voulait …les « connaître ».
Prêcher le faux pour savoir le vrai, quelle folie ! Madame de la Pommeray, consciente de son échec à vouloir changer des Arcis, séducteur forcené, en fidèle compagnon, en fait le constat douloureux. Le film est délicat, délicieux dans sa façon de montrer l’évolution des sentiments de cette marquise étonnante.
Mais des Arcis a pour mission de séduire et la séduire aussi. Il s’y emploie, elle résiste, il la veut , elle baisse la garde et succombe. Son expression en est transformée. Le sourire de courtoisie est devenu sourire de contentement. Des Arcis fait connaître à cette jeune veuve sans expérience des sens, les plaisirs de la chair. Elle rayonne, illuminée de ses extases. La scène où le marquis lui prend son livre et le pose sur le sien à coté d’eux sur la banquette, la caméra restant sur ces deux livres se chevauchant en est l’illustration.
Du 29 novembre au 4 décembre2018
Mademoiselle de Joncquières, (la catin habillée en dévote ): Le marquis aime cette dévote parce qu’elle lui résiste. Et, elle lui résistera parcequ’elle ne veut pas le tromper sur ce qu’elle est !
Présenté par
Chers amis Cramés de la bobine et chers lecteurs, bonjour,
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Ours d’Argent au Festival de Berlin 1965 – Prix Louis Delluc 1965 – David O’ Selznick Award 1966 – Visa pour Varda à la Cinémathèque de Moscou 1995
Du 14 au 20 novembre 2018
Du 14 au 20 novembre 2018
Film français (octobre 2018, 1h31) de Philippe Faucon avec Moustapha Mbengue, Emmanuelle Devos, Marème N’Diaye