« Harmonium » de Koji Fukada

 

Prix du jury Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016Du 9 au 14 mars 2017Soirée-débat mardi 14 à 20h30
Présenté par Marie-Annick Laperle

Film Japonais (vo, janvier 2017, 1h58) de Kôji Fukada avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui et Kanji Furutachi.

Synopsis : Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié.

 

Titre original « Fuchi ni tatsu » : Au bord du gouffre

L’harmonium est un instrument à vent et à clavier qui, je trouve, a cette particularité de ne jamais être harmonieux tant le mécanisme rend le son laborieux, poussif, rauque, grinçant. Sans âme.
Dans une famille, une maison et un environnement « copiés collés », on verra que le même air joué sur un piano est tout autre. C’est l’harmonie, la sérénité. L’affiche du film.

Juste avant cette scène du piano, ils partent tous les quatre : le père, Toshio, la mère Akie, la fille Hotaru et Takashi, le fils de Yasaka, à la recherche du responsable de leur malheur. Il cherche la rue de la photo. Et soudain ils entendent et reconnaissent « l’air de Yasaka » et se mettent à courir vers la musique. A courir à toute allure vers leur « salut ». Puis c’est la scène du piano : ils sont devant ce tableau de paix familiale, un mirage, et s’excusent vite d’être là. Ils ne peuvent tout simplement pas entrer dans cette harmonie, dans leur vie rêvée d’avant. D’avant le malheur.
Ce malheur qui a frappé Hotaru et sa mère.
Je ne pense pas que Yasaka soit coupable de ce malheur là. Je crois qu’Hotaru est tombée. Yasaka l’avait déjà surprise en acrobatie, entortillée dans les barres métalliques de la structure de l’aire de jeux. Là elle sera probablement tombée et la chute est pire que fatale.
Avant ce malheur, LE malheur c’est la rencontre d’Akie et de Toshio. Se conformer aux règles, avoir un mari, 1 enfant et des repas a préparer pour le reste de sa vie, avoir des bols à laver tout le temps … Un calvaire déjà en soi et en plus avec cet homme fermé, mutique. Et faux. Double peine.
C’est intéressant dans ce film de voir les personnages se nourrir. Ils sont d’abord trois. La mère dit le bénédicité, qu’elle inculque à sa fille. Le mari est ailleurs, perdu pour Dieu. Ils sont ensuite quatre avec Yasaka qui s’invite à leur table. Là Y.Kukada force un peu le trait sur le côté yakusa (pas le pire) du personnage et on voit bien le rapport de Yasaka à la nourriture : il l’engloutit ! et bruyamment ! Il en a sans doute manqué dans sa vie, ne serait-ce qu’en prison où il vient de passer 10 ans. Une chose est sûre : on n’a pas envie de manger en face de lui. (mais il lave ses bols !)
Takashi est différent. Il ne s’impose pas mais accepte avec plaisir l’invitation du père avec un « j’ai faim » presque enfantin.

Takashi est très étrange. Il perce des trous G1, G5 etc … avec l’application de l’employé modèle. Et, avec les mêmes mains, fait le portrait délicat, à l’aquarelle, d’Hotaru. Sa face cachée à lui. Il est comme fasciné par Hotaru. Jusqu’à l’embrasser fougueusement, en cachette (croit-il). Syndrome « Parle avec elle » ? Qu’est-ce qu’il sait, au juste, lui qui détient LA photo. Que lui ont révélé les lettres que son père a toujours continué à écrire à sa mère ?
A Akie le questionnant sur le destinataire de cette correspondance, Yasaka mentira et dira les envoyer à la mère du jeune homme qu’il a assassiné.
Comme Akie lui annonce dans la voiture, Takashi  veut bien qu’elle le tue devant son père retrouvé, comme si voir son père, qu’il ne connaît pas, idéalisé par l’image de sa mère amoureuse de lui toute sa vie, était l’aboutissement de sa vie, à lui, Takashi.
Le personnage d’Akie m’a, bien sûr, touchée. Voir son enfant dans cet état, c’est absolument insupportable.
Pendant la première partie du film, elle est dans le déni, dans l’oubli d’elle-même. Elle est conforme à l’image de l’épouse et mère stéréotypée : attentionnée, nourricière, ménagère, couturière, lavandière, charitable. Et transparente. Et dans la deuxième partie du film, en bonne mère chrétienne, elle est coupable, se sentant entièrement responsable du malheur de son enfant. A cause de deux trois « bécots » donnés à cet homme qui, lui au moins, lui parle ! Ça serait cher payer  …
Yasaka raconte que la mère du jeune homme qu’il a assassiné, lors du procès, se frappe elle-même, se gifle avec force. Elle se sent, elle aussi, coupable et responsable. Coupable et responsable de ne pas avoir su protéger son enfant.
Akie aura le même geste juste après les aveux de son mari. Elle se châtie en plus de porter sa croix sans faiblir .

On notera le changement du décor dans la deuxième partie du film : la partie habitat est la même mais sale. Akie a arrêté de frotter les parties communes. Elle réserve ses soins et toute son énergie exclusivement à Hotaru , à la bulle dans laquelle elle l’a placée et où elle seule a le droit de pénétrer.

Et il y a le blanc immaculé de la chemise de Yasaka, de sa combinaison de travail immaculée, elle aussi. Il est en blanc en toute circonstance (même à la pêche).
Sauf en haut du pont. On voit enfin que sa chemise est rouge. Rouge comme la jolie robe du drame, rouge comme le sac à dos de Takashi qui contient ses couleurs et les photos. Rouge comme les toits vernissés du village où se trouve l’explication.

Le blanc, le rouge, les ronds métalliques découpés à longueur de temps et on mélange ! Mais là ça coupe.

Le vieillissement des acteurs est bien réalisé . Ils ont manifestement, un grand malheur et  huit ans de plus pour la mère, huit ans de plus pour le père.

Les japonais protestants ne sont pas de tout repos !
Idem pour d’autres combinaisons, au choix.

Bien plombant « Harmonium » mais très intéressant.
Et chapeau aux acteurs qui font passer toutes ces émotions à travers le masque japonais. C’est très fort !

Marie-Noël

STALAG17 Billy Wilder

CINÉCULTE
Cycle Billy Wilde

Oscar du Meilleur acteur pour William Holden en 1954

Soirée-débat dimanche 12 à 20h30
Présenté par Henri Fabre
américain (vo, 1953, 2h) de De Billy Wilder avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger et Robert Strauss

Synopsis : Durant la Deuxième Guerre mondiale dans le Stalag 17, deux prisonniers tentent de s’évader mais sont abattus. De plus, les Allemands découvrent l’existence du tunnel où tous les prisonniers devaient s’évader. Il y a donc un traître parmi les détenus… Sefton, un officier magouilleur et adepte du marché noir, est soupçonné.
Quel beau film!  quel dommage que son synopsis le cache. Bravo pour  cette présentation et cette projection. Un bon moment de cinéma. A vos plumes chers cramés, vos commentaires sont bienvenus.

« Ouvert la nuit » de Edouard Baer

Nominé au Festival du film francophone d’AngoulèmeDu 2 au 7 mars 2017Soirée-débat mardi 7 à 20h30
Présenté par Marie-Noël Barnier-Vilain

Film français (janvier 2017, 1h37) de Edouard Baer avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani, Audrey Tautou, Grégory Gadebois et …. Michel Galabru

Synopsis : Luigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l’estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie – qui est aussi sa plus proche collaboratrice… et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu’il existe aussi d’autres façons dans la vie d’appréhender les obstacles…

 

A Paris aussi tout est plus beau la nuit.

C’est une nuit où Luigi se retrouve tout près du gouffre. Échecs humains, professionnels, la mort soudaine de Dazaï, le metteur en scène japonais …
Il semble arrivé au point de non retour et, pourtant, commence alors une «Traversée de Paris », une visite d’un Paris nocturne , de « son » Paris, ni branché ni nostalgique, réel et multiculturel.
Magnifiquement mis en image par Yves Angelo.
Paris est magnifique. C’est du haut d’un parking que Luigi aime regarder le soleil se coucher.
Edouard Baer dit qu’«il s’agissait de filmer une déambulation. Il ne fallait pas s’arrêter, il fallait filmer Paris sans que ça fasse documentaire, filmer les monuments sans appuyer, aller dans des endroits singuliers sans les rendre pittoresques, filmer cette traversée avec un effet de direct, privilégiant les plans séquences».
C’est très réussi.

Luigi a un style de vie singulier, adepte de «la vie de hasard». Il y a des gens comme ça qui ont ce don de transformer chaque instant de la vie en aventure. Il balade une énergie particulière, un univers avec lui où on s’intéresse plus aux gens qu’aux lieux. Il a constamment besoin de créer le contact, éphémère, superficiel, souvent. Mais il crée le contact. Puis advienne que pourra . Luigi est menteur, lâche, flambeur. Et violent car décréter la joie et l’action permanente, le culte du superficiel et de la légèreté dans les rapports humains, c’est violent. Luigi est un sale type, oui,  sûrement, un peu.  Mais il est aussi généreux et ensorcelant. Son sourire carnassier et son regard pétillant, son énergie subjuguent, le rendent terriblement attachant. On le suit. Ou pas.

« Ouvert la nuit » nous fait passer derrière le rideau (de velours ou de fer) du théâtre. On approche les métiers de coulisses, directrice de production, régisseur, éclairagiste, costumière, de ce monde en perpétuelle effervescence.  Luigi est directeur de théâtre et son énergie, son enthousiasme ne peuvent jamais fléchir. Il faut être de sa trempe, ne pas avoir peur du risque, pour faire ce métier et ce n’est donc pas donné à tout le monde. C’est comme un sacerdoce, il ne vit que pour son théâtre : la pièce doit marcher à tout prix. Faire fonctionner un théâtre c’est quelque chose de très particulier, de difficile au jour le jour, l’avenir n’est jamais assuré. C’est une entreprise différente d’une entreprise ordinaire. Luigi est aussi un patron à l’ancienne, tendance paternaliste, certes …
Il refuse de considérer l’argent comme un problème. Pourtant il passe la majeure partie de son temps à résoudre, avec l’aide précieuse de Nawel, des problèmes d’argent.
Le film traite aussi de la vie amoureuse et familiale dans le monde de la création artistique. Luigi vit au théâtre, nuit et jour. C’est un séducteur invétéré donc toute relation de couple est pour lui impossible. Et non souhaitée ! Sa famille ce sont les acteurs, les techniciens, sa plus proche collaboratrice qui le surprend dans un placard. Il lache son « ce n’est pas ce que tu crois » de rigueur comme celui qu’il lui avait servi à elle, quelques années plus tôt … Il sait qu’il a raté quelque chose d’où sa déclaration quand il est chez elle . Elle prend ça comme une tirade de théâtre et lui-même redescend aussitôt, reconduit gentiment à la porte par le mari qu’ il venait de tenter de faire changer de rôle ! Faire durer une relation, créer une famille c’est peut-être encore plus difficile dans le milieu artistique. Luigi est très entouré mais seul. Il a mis ses enfants entre parenthèses. Il passe les voir par hasard, au petit matin. Il vient surtout se reposer mais le lit conjugal est occupé maintenant par Jacques. Tant pis. Il repart.
Luigi est égoïste, ne se préoccupe pas de la vie privée de son équipe. Vie privée ? c’est un terme qui ne lui parle pas beaucoup.
Le bébé c’est le concret, la vie ménagère qu’il a passé et passe sa vie à fuir. Un bébé il faut s’en occuper, le nourrir,  il prend naturellement le devant de la scène, il rythme la vie des autres. Insupportable ! Alors on est enfermé comme ça dans une cage ? Plus de bruit, de musique, de mouvement, de lumières ? Pour Luigi c’est un cauchemar !
Il passe le relai.

Luigi aime la nuit et tout ce qu’elle promet. C’est pour lui le moment où tout se passe, où les codes sociaux habituels sont oubliés.
Les deux personnages principaux sont en smocking, tenue à la fois de service et de soirée : Faeza est en smocking chemise blanche : elle avait été « mise au bar » du théâtre car on ne savait pas trop quoi en faire de cette stagiaire et Luigi est en smocking chemise rouge car en tant que directeur du théâtre et d’après son code vestimentaire c’est sûrement la tenue adaptée pour aller chercher 500 000 euros la nuit.
Luigi s’appelle en fait Louis. Un clin d’œil aux personnages fantasques des comédies italiennes. Luigi est un fanfaron.
Le singe résume bien le personnage de Luigi, le décalage des préoccupations qu’on peut avoir dans ces métiers de spectacle. Et c’est grâce à toutes ces préoccupations permanentes qu’il peut échapper à ses angoisses, comme celle que lui renvoie son vieux père, égaré, et réduit à la « mendicité » version caviar auprès de la toute puissante Ingrid Pelissier. C’est un monde cruel où on peut tomber très bas.

Luigi aime être sollicité en permanence. Le laisser tranquille c’est à peu près le pire qu’on puisse lui infliger.
Faeza lui plait car elle lui tient tête, elle est volontaire. C’est une fille d’aujourd’hui, qui fait Sciences Po et qui est issue « des quartiers ». Elle n’est pas née avec « une cuillère en argent dans la bouche » ou à portée immédiate des « cuillères en argent » des autres comme Luigi (comme E.Baer).

Luigi est aimable et détestable.
Comme tout le monde, plus ou moins. Et sa vie à lui, au moins, est trépidante.

« Ouvert la nuit » n’est pas un « grand » film, sans doute.
Edouard Baer fait peut-être, un peu trop son Edouard Baer . Mais pas tant que ça, le type a un bel ego …
J’ai aimé cet univers, sa folie acide et douce, le rythme, les images d’Yves Angelo, Paris comme ça la nuit et tous les acteurs.

Et c’est déjà pas mal

Marie-Noel

 

 

Tout est plus beau la nuit à « Diamond Island « (3)

Présenté par Françoise Fouillé
Film cambodgien (vo, décembre 2016, 1h43) de Davy Chou avec Sobon Nuon, Cheanick Nov et Madeza Chhem

Selon le réalisateur Davy Chou, le sujet du film réside dans le rapport passionnel et cruel entre la jeunesse et le mythe de la modernité en marche au Cambodge. il explique : « Il y a une sorte de surgissement brutal de la modernité dans un pays qui n’est pas du tout habitué à ça. Le pays est comme précipité dans le futur et la jeunesse qui née pendant une période de privation conséquente à une Histoire excessivement tragique y perd ses repères. Le film s’articule autour du désir, à la fois naïf, violent et sans recul qu’engendre ce surgissement, à tous les niveaux de la société ».

Donc si Davy Chou part bien du réel qu’il a observé longuement sur les vrais jeunes, les vrais chantiers de Diamond Island, travaille ensuite sur la déréalisation et le superficiel, dans sa mise en scène.
C’est un monde complètement faux et artificiel qui se dévoile, sur les chantiers le jour comme dans les fêtes la nuit, D.C. n’ a jamais eu l’intention de faire un reportage sur les conditions de travail de ces ouvriers, même si des éléments ( les immeubles en cours de construction, les baraquements où vivent les jeunes, l’accident de Dy qui fait des heures sup… ) ouvrent sur la réalité.
En fait il veut attirer notre attention sur l’attractivité que ce lieu exerce sur les jeunes, ce miroir aux alouettes, qui les fait attendre la nuit magique malgré la fatigue, tels des papillons attirés par la lumière.
Tout est dans le style, déroutant peut- être mais adapté à son propos.
Si l’on veut revenir sur ces éléments stylistiques ( qui font toute la qualité et l’originalité du film ) on peut évoquer; l’utilisation de plans larges dont certains tournés avec des drones, par exemple pour les ballets des motos.
Les gros plans fixes sur les visages, sur les corps, les gestes très précis, qui s’éternisent ( d’où l’impression de lenteur du film ) et cherchent à capter les émotions, voir tous les plans avec Bora, Bora et Aza, ou le groupe de jeunes.( il ne fait jamais de plan/contre- champ ).
Le choix des couleurs volontairement saturées, qui opposent le jour et la nuit. Le jour, une lumière blanchâtre qui tombe, mais aussi les couleurs vives des vêtements et baraquements. Et surtout la nuit genre  » nuit américaine » où toutes les couleurs sont outrées, par les néons, le fluo des manèges, les portables éclairant les visages, le frisbee, les motos tachetées de blanc et bleu, la neige qui tombe, et même l’insertion d’une vidéo promotionnelle trouvée sur Youtube.
La bande-son participe aussi de ce côté artificiel, avec la musique, les bruits ambiants ( chants d’oiseaux..) les paroles en langue khmer. Là aussi D. Chou a renforcé le côté artificiel en post-synchronisation, en poussant les voix et ambiances. Voir la scène en boîte de nuit où Bora discute avec Solei et par magie le fond sonore s’estompe pour accéder à leur échange.
Outre le style il y a bien sûr les belles histoires d’amour ( entre les frères, avec la mère pour Bora ) entre les filles et les garçons et leur apprentissage du flirt et leur approche du corps ( jolie scène de Bora plein de tendresse et de timidité avec Aza) et aussi les amitiés dans les différents groupes de jeunes.
Ces personnages ont un visage, un corps, un regard dont on se souvient et qui nous touche et c’est là la réussite du jeune réalisateur, qui tout en travaillant la surface , l’aspect poétique, nous achemine vers le drame et le cauchemar.

« Diamond Island » (2)

 

Soirée-débat mardi 28 à 20h30
Présenté par Françoise Fouillé
Film cambodgien (vo, décembre 2016, 1h43) de Davy Chou avec Sobon Nuon, Cheanick Nov et Madeza Chhem

« Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné »

La montagne, Jean Ferrat.

Chère Françoise,

Il faut bien l’admettre au plan formel, ce film est beau, toi et des spectateurs ont parfaitement évoqué les qualités de l’image, le travail sur le son, ses usages et ses significations.

Maintenant, il y a le récit, ce que nous raconte le film. C’est l’histoire d’un lieu et des jeunes gens qui travaillent à en faire un autre lieu. Et en même temps, une histoire de leurs vies. C’est à dire de  : comment ils vont se construire eux mêmes.

Le lieu est d’abord une sorte de « non lieu » à la périphérie de  Phnom Penh. Un îlot, un espace de sable et d’herbes sur lesquels il n’y a rien. Le rien c’est l’endroit où nous ne sommes pas, que nous n’avons pas encore marqué de notre (heureuse ?) présence. Ce rien va devenir Diamond Island, c’est à dire un espace kitch conçu par des investisseurs qui font commerce de kitch et s’en gavent jusqu’au paroxysme. (à l’image d’un président milliardaire contemporain, lequel ?).

Pour réaliser ce monument de grossièreté et de bêtise, il faut des travailleurs, pas n’importe lesquels, « ceux qui travaillent pour gagner leur vie, pour eux le travail est une contrainte relevant de la discipline de la faim, rien de plus* »… Pour ceux là,  le travail n’est que « domination, soumission, souffrance et aliénation* ».

Cette histoire ne se déroule pas n’importe où. Il y a tout ce que le film ne dit pas mais auquel nous pensons. Où vivaient ces gens ? Quelle est leur histoire dans la grande histoire cambodgienne, faite de colonisation, de guerre écocidaire, de révolution génocidaire… d’anomie.

 Le décor est campé, demeure ces jeunes, ils sont sympathiques, ils sont l’avenir du pays. Alors quels sont leurs espérances, leurs aspirations, leurs vies, leurs amours, de quelle manière cheminent-ils ? Et c’est l’objet même du film.

Et bien, ils sont comme nous, ce n’est qu’une question de degrés. Les filles veulent de beaux et gentils maris, et les garçons de belles filles et… des mobylettes. Pour la distraction, ils veulent accéder à leur juste part de kitch. Pourtant, il semble que le film contient autre chose, il faudrait le relire d’autres manières.

Et c’est pour ça que je compte sur toi, Françoise pour en faire un autre récit, dans ce même blog, car je suis bien conscient que ce film vaut mieux que mes commentaires. Au plaisir de te lire.

Georges

* *Christophe Dejour, la Croix du 27.02.2017

PS : Nous lirons Françoise, bien sûr, mais on peut déjà se reporter au bel article de Marie-No.

« Diamond Island » de Davy Chou (1)

Prix SACD à la Semaine Internationale de la Critique 2016 et Grand Prix au Festival du Film de Cabourg 2016Soirée-débat mardi 28 à 20h30

 

Présenté par Françoise Fouillé
Film cambodgien (vo, décembre 2016, 1h43) de Davy Chou avec Sobon Nuon, Cheanick Nov et Madeza Chhem

Synopsis : Diamond Island est une île sur les rives de Phnom Penh transformée par des promoteurs immobiliers pour en faire le symbole du Cambodge du futur, un paradis ultra-moderne pour les riches.

Bora a 18 ans et, comme de nombreux jeunes originaires des campagnes, il quitte son village natal pour travailler sur ce vaste chantier. C’est là qu’il se lie d’amitié avec d’autres ouvriers de son âge, jusqu’à ce qu’il retrouve son frère aîné, le charismatique Solei, disparu cinq ans plus tôt. Solei lui ouvre alors les portes d’un monde excitant, celui d’une jeunesse urbaine et favorisée, ses filles, ses nuits et ses illusions.

 

Je suis un peu restée sur ma faim.
A la fin du film, j’avais vraiment envie qu’il finisse, ce qui n’est pas super.
Pourtant, en y repensant …

Davy Chou a un style c’est indéniable, ses images et l’atmosphère qu’elles créent sont vraiment signées.
Mais ça ne fait pas un film (encore que quand on pense à « the Assassin »de Hou Hsiao-hsien …)

En plus des images en plans larges, ce qui m’a plu c’est de découvrir cette île et d’entendre le cambodgien, cette langue étrange : monocorde, faite de sons brefs qui collent évidemment aux attitudes, aux postures des personnages. Les visages aux traits immobiles filmés en longs plans fixes sont magnifiques. Dans ces yeux sombres qui nous regardent, en regardant bien on perçoit les émotions. Mais il faut bien regarder .

Le film commence par le départ de Bora de sa campagne si verte mais si pauvre. Les adieux à sa mère sont « en mode cambodgien » et même si on sait bien qu’en Asie, les effusions de peine ou de joie sont indécentes, ça fait quand même un drôle d’effet …
Il arrive avec son ami Dy à Diamond Island et, ce qui est pour ces travailleurs de chantier un enfer, commence.
Mais on ne voit pas cet enfer. Il n’est que vaguement évoqué et ça m’a gênée. La rudesse des conditions de travail des personnes arrachées à leur campagne, muées par leur pauvreté, pour construire des « fucking » palaces et autres gratte-ciels, est connue et il ne faudrait manquer aucune occasion de la montrer, sans forcément la souligner en gras, de la reconnaître. Ces jeunes sont pleins de vie et d’énergie mais tellement exploités, pressés comme des citrons, à Diamond Island ou à Palm Islands, qu’aucun d’entre eux ne se préoccupe longtemps d’être stylé ou pas stylé.
Ce n’est pas le sujet du film, soit.

Bora arrive à Diamond Island et son chemin croise celui de son frère Solei parti cinq ans plus tôt du village, sans laisser d’adresse, sans donner de nouvelles depuis et pour cause : il ne soutiendrait pas le regard de sa mère ni celui de son frère aîné sur ce qu’il est devenu. Bora croise donc par hasard le chemin de Solei, enfin, son chemin, non, pas son chemin car les personnages ne cheminent pas : pour simplement bouger il faut avoir une moto. Le chemin de Solei passe par la position de Bora. Pour bouger, il faut une moto, pour séduire une fille il faut une moto, pour chanter il faut un karaoké (les paroles des chansons populaires, c’est quelque chose !). Ils s’engluent dans « le progrès ». Solei a basculé de l’autre côté du pont. Bora choisira d’y basculer aussi après la mort de sa mère qui était sa référente. Pour se sortir de sa misère, il suivra Solei, il sacrifiera son amour pour Aza. Il roulera sans fin sur une moto phosphorescente avec une fille stylée derrière lui. A quoi bon ? Ca le mènera où ?  Bora, comme Solei, a choisi et entérine, comme Solei avant lui, le fait que ceux des campements de Diamond Island, sauf rare exception dont Aza ne fera pas partie, sont condamnés à y rester.
Aza, qui n’a jamais, de sa vie, passé le pont, l’accepte. A-t-elle jamais vraiment cru à l’Amérique ? Elle reste à la place qui semble lui avoir été attribuée à vie et joue le jeu de l’épanouissement. En chantant avec Virak, son sourire très large est démoralisant.

Reste cet environnement monstrueux bâti au prix de tant de misère, de malheur, de déracinements, de solitudes.
Désespérant. Autant qu’ailleurs.

Marie-Noel

 

OSCARS 2017

Vu en direct la remise de l’Oscar du meilleur film

Qu’on se le dise :
« Moonlight » de Barry Jenkins a remporté l’Oscar du meilleur film
« Moonlight » de Barry Jenkins a remporté l’Oscar du meilleur film
« Moonlight » de Barry Jenkins a remporté l’Oscar du meilleur film
« Moonlight » de Barry Jenkins a remporté l’Oscar du meilleur film
« Moonlight » de Barry Jenkins a remporté l’Oscar du meilleur film 

Comment réparer la bourde de Warren Beatty et Faye Dunaway (tous les deux sans lunettes) ???
Malheureusement, on ne peut pas rembobiner et le fait est que l’instant magique de l’ouverture de « son » enveloppe, de l’annonce dans le silence total de l’immense théâtre Dolby de la victoire de son film Moonlight a été volé à Barry Jenkins et à son équipe !!!
C’est irréparable, révoltant !

Warren Beatty aurait eu en main l’enveloppe du prix de la meilleure actrice décerné juste avant à Emma Stone …
A cette cérémonie où tout semble tellement huilé, organisé, orchestré, minuté, convenu.
Incroyable ! Impossible !
Et pourtant …

Décidément, quel bazar aux States

Minable

Marie-Noel

 

« L’effet aquatique » César 2017

L’Académie des César a décerné hier le Prix du meilleur scénario original à Solveig Anspach et Jean-Luc Gaget pour « L’effet aquatique ».
Nous avions rencontré Solveig Anspach aux Cramés, accompagnée de son actrice Florence Loiret-Caille, lors de la sortie de son film précédent « Queen of Montreuil ».
À Prades, l’été dernier, nous avons vu « L’effet aquatique » une première fois, présenté par Patrick Sobelman, son producteur.
Il nous avait raconté le lien fort qui unissait Solveig Anspach et Jean-Luc Gaget, comme ils travaillaient bien ensemble, comment ils s’étaient trouvés ces deux-là  pour tricoter leurs beaux scénarios !
Il s’inquiétait de la suite pour Jean-Luc Gaget tant il lui savait Solveig essentielle, irremplaçable .

Hier, lors de la cérémonie, Jean-Luc Gaget a reçu le prix seul.
Il a rendu à Solveig, bien au chaud dans son coeur, un très bel hommage venu des étoiles.
Le bruit de ses aiguilles à tricoter lui manque, nous manque aussi.
Leur tricot à quatre mains manquera au cinéma.

Merci pour ces beaux films

Marie-Noel

La chanson de Solveig
(Peer Gynt, Edvard Grieg)

 

« Corniche Kennedy » de Dominique Cabrera

Prix Claude Chabrol au Festival du film du Croisic 2016Du 16 au 21 février 2017Soirée-débat mardi 21 à 20h30
Présenté par Laurence Guyon

Film français (janvier 2017, 1h34) de Dominique Cabrera avec Lola Creton, Aïssa Maïga et Moussa Maaskri.
d’après le roman de Maylis de Kerangal

 

Alors, après avoir dormi dessus, j’ai quand même envie de mettre quelques mots dans le blog sur ce film, somme toute, assez déconcertant, car les personnages/acteurs m’ont intéressée.

En tout premier, Medhi/Alain Demaria (un Alain de 16 ans) m’a touchée avec son coeur gros comme ça et sa bouille de poupon. Il va évidemment s’endurcir. ll va bien falloir qu’il mette ses pas dans les pas de son frère dont il garde déjà le temple. C’est révoltant mais comment faire autrement. Il le dit : pour eux, ceux de la corniche, il n’y a pas d’autre choix : sauter, dealer. C’est un monde effrayant et on a mal de savoir que, malgré tout l’amour qu’il porte à son petit frère, à sa mère, si petite elle aussi, il va probablement rencontrer tant d’embûches qu’il basculera, lui aussi. Personne pour l’aider ? Le père s’est tiré depuis belle lurette ! c’est lui, le minot, qui est devenu l’homme de la famille. Sans avoir eu le temps de grandir. Abandonné par son père.
C’est un énorme problème de société ça : courage, fuyons ! les pères s’en vont.
Alors Medhi, il brave sa peur, il rassemble son courage et il saute du haut de la corniche. Il s’entraîne à sauter toujours de plus haut, en prenant toujours plus de risques.
J’ai aimé son regard . Un Medhi amoureux c’est très touchant. Quand il respire les cheveux de Suzanne, on sait leur parfum.

En écrivant, je m’aperçois, qu’en fait, seul Medhi m’a vraiment intéressée … et aussi le trio Medhi/Suzanne/Marco parce que les dés sont jetés depuis la naissance. Marco c’est le charme à l’état pur. Ce qu’il dégage est inné et Suzanne est prise dans ses filets. Medhi ne pourra pas lutter. Il le sait et on le sait aussi depuis le début. Les images de Suzanne avec Marco sont magnifiques. Ils sont très beaux et leurs beautés s’accordent parfaitement.

Suzanne/Lola Creton et son intégration dans la bande semble vraiment super easy. Trop. A part la première rencontre où elle est un peu malmenée sinon, après, elle « pique » les deux beaux gosses et les filles laissent faire ! L’une lui dit qu’il va falloir qu’elle choisisse, une autre que tout ça va mal finir. C’est presque une conversation de salon. Mais dans l’eau . C’est vrai que c’est un film et on n’a pas le temps de dessiner un mouton mais justement c’est un film alors à la réalisatrice de nous faire percevoir le rapprochement forcément lent de ces deux mondes. Ici on ne le perçoit pas.

Marco/Kamel Kadri patauge avec les requins. Il est magnifique mais pas très convaincant. Cette histoire policière n’a pas beaucoup d’intérêt et le pire c’est que Awa/Aïssa Maïga ne semble pas s’y intéresser non plus !
Au tout début du film elle est déjà là ! Elle passe, ni vue ni connue, en jogging, dit aux plongeurs que c’est dangereux;  fait des photos ! Par hasard, elle est tombée sur eux. Son collègue lui dit d’ailleurs qu’elle a eu du nez car il a une photo du chauffeur d’Abdel le terrible et justement c’est un des plongeurs de la corniche ! Tu parles !

On aurait bien voulu faire connaissance avec les plongeurs avant, tranquillement, entre nous. La place donnée à cette histoire policière est disproportionnée. On aurait aimé que les personnages secondaires soient plus travaillés. Ils sont sûrement très intéressants. On passe à côté.

C’est pour moi, comment dire, un film inabouti, un film de débutant.

Que tous ces jeunes s’éloignent de la corniche et du reste.
Avant d’y laisser leur peau

Marie-Noel

 

« Fais de beaux rêves » de Marco Bellochio (2)

 


Film italien (vo, décembre 2016, 2h10) de Marco Bellocchio avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino et Emmanuelle Devos
Titre original Fai Bei Sogni

Belphégor est, je pense, ma plus grande peur « en images ». En 65, j’avais à peu près l’âge de Massimo au début du film et j’ai pris de plein fouet cette série qui m’a marquée durablement. Je confirme que c’était absolument terrifiant pour un enfant d’une dizaine d’années ! Je me cachais les yeux de ma main . Il fallait se cacher les yeux et c’est ce que la mère de Massimo fait. Elle lui cache les yeux de sa main dans un geste tendre mais ferme et il n’a sans doute pas vu Juliette Gréco sauter dans le vide …  Mais il a vu cette femme double : une douce jeune femme toute de clair vêtue qui se transforme en Belphégor fantôme du Louvre, visage recouvert d’un masque de cuir noir, regard fixe, tout de noir vêtu.

Sa mère aussi semble avoir eu deux visages. Elle riait puis aussitôt pleurait puis aussitôt riait. Elle le « mangeait des yeux » et l’instant d’après le fixait sans le voir. Elle oubliait momentanément sa présence, son existence. Comme lorsque, cachée dans un carton,  il la cherche « pour rire » et qu’il ne la trouve pas et ne la trouve toujours pas et la cherche alors « pour de vrai »au bord de la panique, zigzaguant dans l’appartement de part et d’autre de ce couloir, lieu central de sa vie. Elle se montre enfin et alors il peut se blottir contre elle dans le carton refermé sur eux deux. C’est comme ça qu’il est bien. Mais pas rassuré. Sa mère n’est pas rassurante.
On ne voit pas son père dans cette période de fusion mère/fils . Sauf juste avant et juste après le drame.
Juste avant le drame,  il observe sa femme par la porte entrouverte de la chambre de leur enfant : elle se penche sur lui et lui murmure « fais de beaux rêves », elle enlève sa robe de chambre et la laisse sur le lit de son fils. (pour laisser son odeur ? ) .
Juste après le drame, au milieu du chaos il est emmené entre deux carabinieri. Il sort de l’appartement en jetant un regard à son fils terrorisé, sans un mot. On ne reviendra pas là-dessus. Mais on peut se demander s’il n’a pas poussé sa femme du 5ème étage.
On ne voit jamais ses deux parents ensemble à part sur les photos dans le salon. Quand Massimo voit deux amoureux s’embrasser dans un bus, il s’en inquiète auprès de sa mère : « ils sont fiancés ? » fiancés ! Sa mère ne lui cache pas les yeux mais  lui dit de ne pas regarder .
Elle ne semble pas pressée de rentrer à la maison préférant refaire un tour « un giro »,  le circuit complet de la ligne de bus.
A qui pense-t-elle quand elle jette le bouquet dans le fleuve ?
Sa mère est mystérieuse, inquiétante mais elle est surtout irremplaçable et immortelle comme toutes les mères de tous les petits garçons du monde.
Quand elle disparaît, sa peine normale sera immense mais le problème est qu’il restera inconsolable car sa mort restera résolument inexpliquée. Cette absence transformée par les adultes en amputation sera le début de son calvaire.
Pourtant ce n’est pas tant de savoir comment elle est morte qui l’aurait libéré, c’est de la voir morte. C’est ce qu’il réclame : qu’on ouvre le cercueil. Avec tout son bon sens d’enfant il sait déjà que son deuil ne peut se faire que comme ça.
Toutes les femmes ne sont pas maternelles le pire exemple étant sa nounou qui ne veut pas remplacer sa maman. Pourquoi son père a-t-il choisi cette personne glaciale pour s’occuper de son fils orphelin ??? Quelle cruauté !
Comment sont les mères dans ce film ?
Celle de Simone. Il écrit son désarroi et sa crainte de devoir supprimer sa mère tant elle est exécrable . Et le fait est que sa mère l’est (devenue), exécrable !
Celle d’Enrico particulièrement envahissante (on frôle le comportement incestueux) et que son fils repousse « hors des murs » mais qui revient, s’immisce et se vautre sur le lit attirant tout contre elle son adolescent .Et qui reprend l’instant d’après une attitude de normalité maternelle chantant « Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent » !  Les enfants sont enfermés, bloqués, dans ses bras, de chaque côté. Immobilisés.
Celle de Sarajevo qui est assassinée et laisse son petit garçon plongé dans le déni, qui continue son jeu comme si de rien n’était, limitant son champ de vision au petit écran de sa game boy, faisant momentanément abstraction de tout ce qui l’entoure.
A la piscine, celles alignées au balcon surplombant le bassin où les élèves et Massimo s’entraînent et qu’on voit défiler une par une devant nos yeux. Quelles sortes de mères sont-elles, toutes ces femmes penchées sur eux ? Sur nous ? Au moins, elles, sont là, vivantes.

Puisse Elisa être celle qui le fera passer à autre chose après qu’il a eu LA réponse qu’il semblait chercher depuis si longtemps.
Puisse Elisa être aussi celle qui lui indiquera l’adresse d’un bon psy pour qu’il puisse poser LES questions qui continueront inévitablement à le hanter .

Très beau film, dérangeant. Mise en scène magistrale. Un puzzle dont chaque pièce se transforme en « poupées russes ».

Marie-Noël