Les Matins merveilleux d’Avril Besson

Romance, feel-good movie ? Comment qualifier ce premier long-métrage d’Avril Besson sur le thème du deuil, des rencontres, de l’amour ?

La réalisatrice voulait un film sans conflit, un film doux autour d’un duo mélancolique traversé par le deuil. Elle a elle-même perdu son père à l’âge de 14 ans et trouvé sa grand-mère morte dans les mêmes circonstances que dans la première scène du film, en arrivant sur les lieux de leur rendez-vous. Le message téléphonique  est celui laissé par sa propre grand-mère, le dernier, reçu au cours de l’écriture du film.

Avril Besson souhaitait filmer une rencontre improbable entre deux personnages féminins, à l’instar des deux héroïnes de Bagdad Café. Et Titou représente une sorte de figure paternelle mais dans une famille choisie.

Quant à la transidentité de Marina, elle n’en fait pas un sujet. Elle a choisi de montrer  une trans d’une trentaine d’années, installée dans sa vie, loin des récits de transition ou de coming-out conflictuels, clichés habituels mis en scène au cinéma. Evidemment, elle l’aborde,  mais en finesse, en filigrane, notamment à travers la violence de l’homme qui vient récupérer  la pétition qu’elle a rédigée et nous savons aussi que sa mère l’a rejetée.

Ce film a sans-doute laissé quelques spectateurs perplexes, il ne se passe pas grand-chose. J’ai moi-même eu ce sentiment à la première vision, et même de l’agacement face au jeu d’India Hair. Mais la seconde fois, sachant sans doute à quoi m’attendre, je me suis laissée embarquer, plus rien ne m’a gênée, j’ai pu adhérer aux choix de la réalisatrice et trouver ses personnages attachants.

En fin de séance, j’ai donné quelques chiffres sur la situation de la population trans en France, leurs droits, les soins auxquels ils ont recours, leur discrimination. Vous trouverez le lien ci-dessous.

Laurence

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