Le Journal de Dominique

(1979. « Sur la musique envoûtante de John Williams, Badham revisite le mythe de Dracula en troquant l’horreur brute contre une sensualité gothique assumée. À l’image de la mise en scène, élégante, Frank Langella incarne un vampire aristocratique plus séduisant que monstrueux. Une variation romantique et mélancolique sur la légende ») 

… présenté par son réalisateur, John Badham, invité d’honneur du festival de la Cinémathèque. 

Après le succès de La Fièvre du samedi soir qui a rapporté gros, carte blanche lui fut donnée pour faire le film de son choix. Ce fut Dracula, incarné par Frank Langella, loin de ceux de Belá Lugosi, Christopher Lee et la cinquantaine d’autres qui peuplent le cinéma sud-américain. Revenant au roman de Bram Stocker, John Badham fait de Dracula un être séduisant, nous mettant en garde contre les dangers qui peuvent se dissimuler derrière la beauté : celle-ci peut cacher le mal absolu (ce qui contredit un peu le résumé de la cinémathèque mais me semble plus approprié) → attention à ne pas se laisser envoûter.

Le film débute non par le voyage de Jonathan Harker en Roumanie mais directement par l’arrivée en Angleterre du bateau transportant Dracula, par une terrible tempête. Le vampire échoue sur une grève et la première chose qu’on voit de lui est une main fine qui sort de dessous la fourrure (semblable à celle du loup dont il prendra l’apparence) de son manteau.

Couleurs rares : camaïeu de gris pour la demeure de Dracula et…

(Mis à part un plan superbe dans lequel le vampire est couché sur Lucy, tous deux silhouettés de noir sur fond rouge -le sang- et mouvant -les flammes de l’enfer-)

… d’ocre pour le reste du film.

Avec Donald Pleasence (le directeur de l’asile qui, quoi qu’il arrive, ne perd jamais l’appétit) et Laurence Olivier (Van Helsing), vieilli, émacié, loin du fringant Andrew Wike qu’il incarnait six ans auparavant.

(1983. James L. Brooks. « Chronique familiale drôle, cruelle et bouleversante, Tendres Passions détricote le lien orageux mais indestructible entre une mère et sa fille -le duo Shirley MacLaine et Debra Winger- avec une écriture ciselée et des personnages désarmants d’humanité. Un classique hollywoodien sur les failles de l’intimité, récompensé par cinq Oscars, dont celui du meilleur film »)

… suivi d’un dialogue avec Debra Winger (belle et élégante femme aux cheveux blancs), autre invitée d’honneur.

     Debra Winger avant…           … et maintenant, toujours belle

Le film (le premier de son réalisateur) : destiné au public américain. Mélo…

(Trois mois de préparation et dix jours de répétition au cours desquels James Brooks matérialisait les décors en mettant du scotch par terre, ce qui déstabilisait l’actrice qui avait du mal à imaginer les lieux) 

… qui n’a pas marché en France…

(Ça ne m’étonne pas, c’est quand même très mélo, même si James Brooks disait que c’était une comédie : face au drame, on peut trouver à rire. Ah ! La fin, avec la mort de l’héroïne ! Manquait que ça !) 

… mais fut bien reçu au Japon.

Debra Winger a eu beaucoup à imaginer, à explorer : elle n’était pas mariée, n’avait jamais été enceinte.

C’est elle qui a eu l’idée de se mettre de la crème solaire sur le nez : la maquilleuse ne voulait pas sans l’accord de James Brooks mais elle l’a fait quand même, ce qui a déclenché le rire du réalisateur (elle imite le rire : des grands ah ah ah).

Dominique

Laisser un commentaire