Samedi 18 juillet
Fini les repas pris en commun : dans le catalogue du festival se trouve un plan de Prades avec les restaurants partenaires. Mais les Cramés qui ont testé regrettent de ne pas avoir pu finir leur repas (pas assez de temps entre midi et 14h + il y a d’autres clients à servir) et que les prix de certains d’entre eux soient trop élevés.
De plus (last but not least), comment dans ces conditions partager sa table avec Michel Leclerc ou Stephen Frears ?
Je commence ma journée cinématographique à 17h…
(Auparavant, projection de Butch Cassidy et le kid -zappé pour l’avoir revu il y a quelque temps- dans le cadre d’un hommage à ″Robert Redford le magnifique″)
… avec Joachim Trier…
(Il n’a pas pu venir, dommage -même si je ne suis pas très fan- ; nous a juste enregistré une petite vidéo)
… dont les Ciné-Rencontres ont programmé une rétrospective présentée par N. T. Binh qui commence par nous dire quelques mots sur le réalisateur norvégien. Son grand-père maternel était un cinéaste expérimental…
(Qui, si sa renommée n’a pas dépassé les frontières de son pays, est assez connu dans son pays)
… et son père chef opérateur : il a donc connu les plateaux de cinéma dès son plus jeune âge. Il a fait ses études de cinéma à Londres, raison pour laquelle son premier court métrage, Pietà …
(2000. « Julian, narrateur de Pietà, raconte l’histoire de la perte de son meilleur ami Jacob. Il ne revoit Rebecca, mère de Jacob, que des années après la mort de son ami[1] »)
Film de fin d’études)
… projeté en début de séance, est en anglais.
A remarquer : depuis ce tout premier film, Joachim Trier n’a eu qu’un seul (co)scénariste, Eskil Vogt, et un seul monteur, le danois Olivier Bugge-Coutté qui a fait un travail remarquable dans le premier long métrage du cinéaste, Nouvelle donne…
(2008. « Depuis l’enfance, Erik et Phillip, unis par une profonde amitié, ont pour ambition de devenir écrivains. Alors que le manuscrit d’Erik est rejeté, celui de Phillip est publié et le jeune homme devient du jour au lendemain une figure de la scène culturelle norvégienne. Cependant, six mois plus tard, Erik et ses amis vont chercher Phillip à l’hôpital psychiatrique[2] »)
… film hommage à la Nouvelle Vague (va-et-vient entre présent et passé), sorte de Jules et Jim qui ne sont pas amoureux de la même femme mais ont en commun l’ambition de devenir écrivains.
N. T. Binh définit Joachim Trier comme un cinéaste du 21è siècle nostalgique du 20è.
21h. La Vie rêvée des anges…
(1998. « Isa a vingt ans, son sac à dos pour tout bagage et une « philosophie de la galère » plutôt souriante. Elle débarque à Lille, après d’autres villes de passage, à la recherche de petits boulots. Jamais les mêmes et jamais très longtemps. Son chemin croise celui de Marie, 20 ans, elle aussi. Fille du Nord, solitaire, comme Isa, mais pour d’autres raisons. Marie est sauvage, écorchée, révoltée contre sa condition sociale[3] »)
… avec Natacha Régnier, actrice belge invitée des Ciné-Rencontres, à qui avait été attribué (ex-æquo avec Elodie Bouchez qui lui donne la réplique) pour son rôle dans le film le prix d’interprétation féminine à Cannes, avant qu’elle ne reçoive le César du meilleur espoir féminin l’année suivante. Film déterminant pour la comédienne…
(Merci Erick Zonca pour l’avoir choisie. A un critique qui lui dit, Vous avez fait Natacha Régnier, le cinéaste a eu l’élégance de répondre, Elle s’est faite à travers mon film.)
… dont la carrière ensuite décolle.
Elle doit y faire preuve de douceur et de violence. Au milieu du tournage, elle téléphone à son agent, C’est trop dur. Elle veut arrêter. Il ne lui demande pas de continuer, C’est ton choix. Elle n’abandonne pas et reprend le travail.
Film vu à sa sortie et jamais revu depuis, je l’avais totalement oublié et le redécouvre avec intérêt. Grégoire Colin : joue un sale type friqué, patron de bars et de boîtes de nuit, qui s’impose, fascine Natacha/Marie et la fait craquer pour mieux la jeter ensuite (elle ne s’en remettra pas) comme une vieille chaussette.


Natacha Régnier
La Vie rêvée des anges est précédé de Jean qui sème…
(2026. « Deux demi-sœurs aux approches opposées s’introduisent par effraction dans la maison de leur père décédé pour récupérer ce qu’elles estiment leur revenir, mais découvrent que sa véritable volonté est de réparer les liens qu’il a contribué à briser[4] »)
… premier court métrage, présenté à Cannes cette année, de Natacha Régnier en tant que réalisatrice.
C’est la soirée d’ouverture et, avant la projection des films, nous avons droit à différents discours, dont celui de la nouvelle maire de Prades qui rend hommage à la culture, ce qui est réconfortant quand on sait que notre maire nouveau à nous veut, à terme, supprimer le Conservatoire Patricia Petibon, trois pétitions circulent, parmi elles une émane de la chanteuse lyrique elle-même…
(Une amie me dira, Le maire est si con qu’il ne sait peut-être même pas qu’elle est née à Montargis. Et moi j’ajouterai qu’il ne sait peut-être tout simplement pas qui elle est)…
… « J’apprends, le cœur serré, que des mesures budgétaires soudaines, prises par le nouveau maire RN, mettent en péril, de façon imminente, l’avenir de ce conservatoire prestigieux dont je suis la marraine.
Native de Montargis, dès l’âge de cinq ans, j’y ai fait mes études jusqu’à ma majorité. Sans cette chance de côtoyer de près l’apprentissage de la musique, je ne vous parlerais pas aujourd’hui à cœur ouvert en tant qu’artiste lyrique internationale et marraine de ce conservatoire.
Des générations d’élèves y ont été formées dans une diversité culturelle de qualité, mettant en lumière le plaisir de jouer, de jouer ensemble. C’est toute l’histoire de ce lieu, de renommée régionale et internationale, qui est en voie d’être effacée par ces coupes sombres touchant le recrutement des professeurs et l’offre des disciplines.
La culture n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.
Je lance ce cri d’alarme en vous invitant à vous questionner et à entrer en résistance pour sauver notre conservatoire.
La culture, c’est le poumon de notre humanité. Dans un monde en constante transformation, et dans un contexte de guerre, n’oublions jamais que la culture est ce qui nous reste quand on n’a plus rien. Ce n’est pas une valeur marchande : c’est celle qui crée le lien. C’est celle qui prend soin de ce qu’il y a de plus précieux en nous.
Dans une forêt, les grands arbres font de l’ombre aux plus petits afin de les laisser grandir. Laissons nos enfants errer, se nourrir du beau, rêver leur vie ! Ne les privons pas de l’essentiel, ce qui ne s’achètera jamais et fera toujours notre grandeur !
La musique est la plus belle des politiques parce qu’elle est poétique et qu’elle rassemble les cultures. »
Patricia Petibon, artiste lyrique, soprano colorature[5].
Et une autre de Bruno Nottin[6]…
(« Sauvons le conservatoire et la culture à Montargis !
Après des paroles faussement rassurantes pour ne pas inquiéter, le couperet est tombé en plein cœur de l’été. Le nouveau maire d’extrême droite a décidé de faire 200 000€ d’économies sur les emplois communaux dont 120 000€ de coupes budgétaires sur le conservatoire : suppression de six professeurs, annulation d’une grande partie de la saison musicale portée par un concert des professeurs ainsi que le non renouvellement du poste du pianiste qui part en retraite.
Et ce n’est que provisoire car entre coupes budgétaires et tarifs d’inscriptions exorbitants pour les usagers extérieurs à la commune, le conservatoire ne s’en relèverait pas. Le scénario du maire annonce un nombre d’élèves en chute libre en passant de 473 élèves aujourd’hui à 132 dans deux ans ! Cela mettrait fin à ce fleuron de la ville qui faisait rayonner Montargis au-delà de l’agglomération.
Pourtant, grâce à l’énergie déployée, à la qualité du travail accompli au sein du Conservatoire, les résultats sont impressionnants : déjà 370 enfants et adultes ont rempli un dossier de préinscription pour la rentrée, et plus d’une centaine sont encore attendus. Avec ces coupes budgétaires décidées par le maire, tous les élèves ne pourront pas s’inscrire et un tri devra être fait !
Terriblement injuste pour ceux et celles en cours de cycle qui devaient accéder à des diplômes et qui seront sans solution pour poursuivre leur engagement. De nombreux parents vont avoir la surprise de cette nouvelle dans les médias puisque rien n’a été mis en place actuellement pour les prévenir. Ils vont se retrouver sans solution pour leurs enfants ! C’est parfaitement scandaleux !
Jamais une majorité municipale n’avait osé remettre en cause les crédits alloués au conservatoire. Et bien évidemment, le maire s’était bien gardé de mettre dans son programme municipal cette orientation.
En s’attaquant ainsi frontalement à un établissement culturel qui participe largement au rayonnement de la ville de Montargis, le maire d’extrême droite continue sa politique d’hyper austérité sur les dépenses de santé, formation et culture.
Alors que les dépenses de la ville vont augmenter pour acheter des armes et des munitions (+ 78 000 euros), ainsi que pour le marché de Noël (+57 000 euros), le chantier de la nouvelle école aux Closiers ainsi que le projet de médecine intégrative pour les malades du cancer sont à l’arrêt, et les crédits de fonctionnement des écoles sont réduits de 50 000 euros.
Et c’est maintenant le conservatoire qui est attaqué frontalement et à terme menacé de disparition. Ces choix financiers se font au détriment de l’humain et traduisent bien une orientation anti solidaire, anti éducation, anti formation, anti sociale, anti santé, anti culture, anti avenir.
Décidément, l’extrême droite n’aime pas la culture. Lors du dernier conseil municipal, le maire avait fait voter une explosion des tarifs de la saison théâtrale. À l’opposé de cette vision d’un autre âge, nous pensons que la culture devrait être un point important de la gestion municipale, pour l’émancipation individuelle et collective, l’enrichissement intellectuel, l’éveil à la création. C’est tout l’intérêt de mettre les moyens suffisants pour faire fonctionner le conservatoire Patricia Petibon.
Quel est l’avenir d’une ville qui ne veut plus investir pour les écoles, la formation, la santé ? Quel est l’avenir d’une ville qui détruit la culture ?
Signez cette pétition pour que le maire RN, Côme Dunis revienne en arrière et redonne les moyens supprimés au conservatoire !
Les élus du groupe « Montargis pour tou-te-s » »)
…à signer d’urgence.
Dimanche 19 juillet
Comme tous les films de Robert Redford, déjà vus et revus, je zappe Des gens comme les autres, de même que Le fils de Joseph d’Eugène Green (celui-ci, je l’aurais bien revu mais il reste deux séances en ce jour et je vais encore me coucher tard) dans lequel les personnages font les liaisons (depuis, j’appelle ma banque Le Crédit Tagricole) pour commencer ma journée cinématographique à
17h. Iván & Hadoun
(2026. « Dans une serre du sud de l’Espagne, Iván tombe amoureux de Hadoum, une collègue nouvellement embauchée. Mais sa promotion tant attendue vient perturber leur relation, le forçant à décider quel genre de personne il veut devenir[7] »)
… de l’Espagnol Ian de la Rosa.
Histoire d’amour contrarié entre un Espagnol et une Marocaine.
Note : 3/5
21h. Avant première de Notre salut…
(2026. « Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur[8] »)
… du Français Emmanuel Marre qui a remporté le prix du scénario à Cannes.
Film franco-belge, raison pour laquelle un Louis Héliot enthousiaste est chargé de sa présentation.
Emmanuel Marre a fait ses études de cinéma en Belgique à Louvain-la-Neuve. Jusqu’alors, il tournait sans scénario, celui-ci s’écrivant au fur et à mesure des répétitions avec ses acteurs. Pour Notre salut, il a été obligé d’en présenter un mais n’a pas pour autant changé ses habitudes.
Swann Arlaud, pressenti pour le rôle principal dès le début, a commencé par le refuser (personnage négatif) avant de revenir sur sa décision après des essais.
Le protagoniste : inspiré par un arrière grand-père du cinéaste, Henri Marre, auteur d’un livre intitulé Notre salut, traité politique pétainiste. Est allé à Vichy afin de le proposer au gouvernement avec l’espoir de se faire embaucher. Le film le montre finissant par vivre, à Limoges, dans un appartement ayant appartenu à des Juifs et prenant part aux rafles en fournissant de l’essence et des camions à la Préfecture. Cependant, dit Emmanuel Marre, « dans ma famille on n’a jamais parlé de lui comme une personne ayant participé à des choses horribles, mais plutôt comme un individu à côté de la plaque ».
Les lettres (retrouvées dans un carton par une tante du réalisateur) échangées par Henri Marre et sa femme avant qu’elle ne vienne le retrouver à Limoges avec leurs enfants (et plus tard) ont constitué la base sur laquelle s’est construit le scénario. Des extraits en sont lus en voix off.
Musique employée de façon originale : pas d’époque. L’un d’eux (Popcorn, Hot Butter, 1972) sert à animer la soirée du préfet (extraordinaire séquence où la femme d’Henri Marre, interprétée par la comédienne belge Sandrine Blancke, mène la danse et entraîne les autres invités en sautillant et en simplement montant alternativement ses épaules).
Humour : interrogé par un de ses fonctionnaires sur des problèmes qu’il rencontre dans son service, le maréchal Pétain (filmé de dos de très près, on ne voit que son képi), de passage à Limoges, est davantage intéressé par le gueuleton qui va suivre, Quand est-ce qu’on mange ?
Je ne serais pas étonnée si Swann Arlaud remportait un César l’année prochaine.
Lundi 20 juillet
Je zappe La Raison du plus faible (vu en novembre dernier à Arras) et Oslo, 31 août également déjà vu, même si c’était il y a plus longtemps.
16h 45. Mambo maternica…
(2026. « Trois femmes dans trois villes européennes (Budapest, Berlin, Paris) ont 24 heures pour prendre l’une des décisions les plus difficiles de leur vie. Une adoption, une insémination, un avortement. Trois portraits de femmes iconoclastes »
… de la Hongroise Borbála Nagy. En compétition pour le prix Solveig Anspach.
Est-ce les sujets du film ? Je ne rentre pas dedans.
Note : 2.
20h 30. Lecture par Natacha Régnier de Le Frigidaire est vide. On peut le remplir, réplique du film Demain on déménage et texte autobiographique de Chantal Akerman écrit à la demande du Centre Pompidou à l’occasion d’une rétrospective qui lui était consacrée. Louis Héliot et Natacha Régnier en ont extrait ce qui a trait au cinéma.
Où Chantal Akerman (entre autres choses) dit qu’elle est une ressasseuse. « Et parfois à force de ressasser, je m’ennuie moi-même. Ma vie est longue, un long ressassement ».
Parle de son amitié pour Delphine Seyrig, Aurore Clément…
(Qu’elle rencontra, je crois, pour la première fois à Rome. Elle avait en tête une brune et se retrouva face à une blonde magnifique et pleine de grâce et oublia instantanément son idée initiale)
… et quelques autres.
Où elle dit son malaise quand, ayant voulu être dans la salle lors de la première d’un de ses films (peut-être Jeanne Dielman), elle entendit claquer les fauteuils des spectateurs qui quittaient la salle en cours de route. Jamais elle ne recommença et elle essaya de faire revenir (en vain) Aurore Clément sur sa décision de tenter elle aussi l’expérience qui s’avéra également malheureuse.



Natacha Régnier lit Chantal Akerman
Où elle révèle avoir aimé passionnément Pierrot le fou, avec Anna K et Jean-Paul Belmondo.
Lecture suivie, à
21h 45, par la projection de Demain on déménage…
(2004. « Une mère revient vivre chez sa fille après la mort de son mari avec piano, bagages et meubles. La fille n’arrive pas à écrire son livre érotique malgré les conseils judicieux de sa mère qui, contrairement à elle, en connaît un rayon dans son domaine. C’est bientôt trop encombré pour elles. Il faut déménager et vendre. C’est alors que la ronde des visiteurs commence et que l’histoire bascule[9] »)
… de Chantal Akerman, ave Aurore Clément, Sylvie Testud et Jean-Pierre Marielle.
Ayant déjà refusé le rôle de La Captive (ne s’est pas sentie capable de le jouer ; beaucoup trop noir) que la cinéaste lui avait proposé, Natacha Régnier n’a pas voulu rater cette deuxième chance. Mais le rôle est aux antipodes de ce qu’elle est dans la vie. Elle venait d’être mère…
(Aurait pu avoir une demi-douzaine d’enfants ; n’en a que deux -des filles- mais désormais elle prend du temps pour les élever)
… et le personnage…
(Enceinte jusqu’aux yeux, à une semaine d’accoucher, ne veut pas l’enfant qu’elle attend)
… est à l’’inverse de ce qu’elle est dans la vie. Comment faire ? Elle se met alors à faire des va-et-vient sur la plage du Portugal où elle est en vacances. Jusqu’à ce qu’elle trouve. Mais elle ne nous dit pas quoi. Secret d’artiste.
J’avais oublié ce film, vu lors de sa sortie. Je ne sais plus ce que j’en avais pensé mais aujourd’hui je ne l’aime guère. Trop loufoque. Farfelu. Exagéré. Je ne rentre pas dedans.
Mardi 21 juillet
9h. Les amants criminels…
(1999. « Alice et Luc, deux adolescents, décident de commettre un meurtre et assassinent Saïd, un camarade de classe. Aussitôt fait, ils s’enfuient dans une forêt enterrer le cadavre. Là, ils font la rencontre de l’homme des bois[10])
… deuxième film de François Ozon, cinéaste très prolifique : il fait un film par an grâce, entre autres, au CNC. Ce qui n’est pas possible en Belgique, dit Louis Héliot, où il faut trois ans (c’est le cas pour les Dardenne) entre l’écriture du scénario, la production et le tournage.
Dans Les amants criminels, Ozon réunit deux pépites du cinéma belge, Jérémie Rénier…
(A qui on ne proposait que des rôles semblables à celui qu’il tenait dans La Promesse et qu’il avait tous refusés)
… et Natacha Régnier, sortes de Hansel et Gretel qui, dans la forêt où ils enterrent le cadavre de leur camarade, rencontrent un ogre incarné par Miki Manojlovic, acteur découvert chez Emir Kusturica.
11 h. Rencontre avec Natacha Régnier animée par Louis Héliot.
Natacha Régnier. A reçu une éducation stricte.
Enregistrait sur K7 les films qui passaient tard à la télévision. Aimait Jacques Demy et Peau d’âne et Le Passe-muraille avec Bourvil, que rien n’arrête mais qui perd son don par amour. Découvre le cinéma d’auteur avec La Belle noiseuse, Paris Texas et Le Maître de musique.
Ado, se demandait quelles études entreprendre.
A commencé par faire un conservatoire de quartier.
Malgré le désaccord de ses parents, s’inscrit à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle dont elle sort cassée par le directeur (n’ai pas noté les termes employés mais c’était très violent) devant les autres élèves. N’a plus confiance en elle pour faire du théâtre.
Suite à un appel de production, Pascal Bonitzer l’engage pour son film Encore.
Jean-François Gabard, qui est devenu son agent (ne savait pas ce que c’était : il n’y a pas d’agents en Belgique) lui fait tourner des téléfilms.
Puis c’est La Vie rêvée des anges.
Suit un film d’action : Les amants criminels. On a beaucoup ri en faisant le film, dit Natacha Régnier. Complicité. Bulle de joie.
Fait la connaissance de Michel Piccoli sur le tournage de Tout va bien, on s’en va (2000. Claude Mouriéras). Afin de ne pas être trop impressionnée, elle le tutoie d’emblée. Quand les autres comédiens vont dans leur loge lorsqu’ils ne tournent pas, il reste sur le plateau. S’intéresse aux techniciens. Natacha Régnier l’accompagne. Respect et dignité. Michel Piccoli : un modèle.
Quant à Michel Bouquet, il avait « toujours l’impression d’être un jeune homme de 17 ans ».
Natacha Régnier a aussi tourné en 2012 dans Le Capital de Costa-Gavras. Afin que son personnage, assis à une table, fasse montre de malaise, il lui fait porter un kilt qu’on ne voit pas à l’écran. C’est ça la direction d’acteur. Tournage délicieux. Pour les Gavras aussi la famille est ce qu’il y a de plus important.
Elle vit à Paris depuis trente ans. N’a pas pris pour autant la nationalité française pour se rappeler d’où elle vient. Tient à sa belgitude, au surréalisme.
Petite expo de photos de fenêtres qu’elle aime pour la lumière qu’elles laissent entrer.
Natacha Régnier : une belle personne.
Nous partons avant la fin des échanges pour aller au restaurant L’Orri à 12h 15 et ainsi, pour ceux qui vont (re)voir Les Hommes du président, avoir fini de déjeuner pour 14h. En ce qui me concerne, je ne retourne au Lido qu’à
17h. Soft leaves…
(2025. « À 11 ans, Yuna vit avec son père Julien, un ancien athlète de haut niveau. Le père et la fille forment un duo complice et mènent une vie paisible dans la banlieue flamande. Il y a aussi Kai, le grand frère qui poursuit ses études en Allemagne. Yuna se réjouit de voir les grandes vacances approcher car elle part camper avec son papa. Mais le premier jour de l’été, Julien a un accident. La mère de Yuna revient alors en urgence du Japon, où elle a refait sa vie 7 ans plus tôt[11] »)
… de Miwako Van Weyenberg, en compétition pour le prix Solveig Anspach. A pour sujet la communauté japonaise en Belgique (ici, en Flandres). Est-ce parce que le film traite du Japon qu’il me plaît ? En partie mais pas que. Les réactions de Yuna face aux changements qui s’annoncent sont finement observées. Elle est souvent filmée en train de manger (entre autres, des corn flakes secs qu’elle pioche à même la boîte) à grands mouvements de mâchoires : trait caractéristique de l’adolescence ou effet de son malaise ? Sûrement un peu des deux.
Note (peut-être excessive ? mais non) : 5
21h. Les Amitiés maléfiques…
(2006. « Au moment de choisir leur vie, Eloi et Alexandre tombent sous l’influence d’André. Celui-ci devient, tout à la fois, leur ami, leur directeur de conscience, leur imprésario, leur maître à penser. Un jour, André disparaît…[12] »)
… troisième film que Natacha Régnier a tourné avec Emmanuel Bourdieu qui, depuis a délaissé le cinéma pour se consacrer à sa famille (il a cinq enfants).
Film intello (on n’est pas le fils de Pierre pour rien) mais néanmoins accessible. Milieu universitaire (il est question de DEA) et littéraire (la mère d’un des étudiants est écrivaine). André pense qu’on n’a pas le droit d’écrire si ce n’est par nécessité vitale et décourage ses camarades dans leurs velléités d’écriture, trouvant mauvais tout ce qu’ils produisent et le leur faisant savoir sans ménagements. Il va même jusqu’à supprimer de son ordinateur une nouvelle…
(Heureusement, Malek Zidi, qui s’y connaît en informatique, la récupère en fouillant dans le disque dur)
… écrite par Natacha Régnier.
André est un personnage déplaisant, pas plus doué que ses camarades excepté pour la tchatche. Incapable de mener à bien son DEA, il gifle son prof et disparait, faisant croire à ses camarades qu’il part poursuivre ses études aux Etats-Unis. Lorsqu’il réapparaît brièvement dans leur vie, c’est pour leur avouer qu’il n’est jamais allé aux USA, qu’il est devenu prof de culture générale dans l’armée et leur dire (il veut s’en persuader) que, s’ils sont devenus comédien et auteur à succès, c’est grâce à ses critiques. Après quoi il disparaît dans la nuit.
C’est la fête nationale de Belgique. Ce matin Louis Héliot nous a siffloté La Brabançonne en guise d’introduction à la présentation du film et ce soir on la lui sert sur un plateau, musique et paroles qui s’affichent sur l’écran et qu’il chante à pleine voix.
[1] https://www.premiersplans.org/fr/film/pieta
[2] https://www.google.com/search?q=nouvelle+donne+joachim+trier&sca_esv=83b90f24a9a15629&biw=1600&
[3] https://www.festival-cannes.com/f/la-vie-revee-des-anges/
[4] https://www.notrecinema.com/communaute/v1_detail_film.php3?lefilm=805645
[5] https://www.change.org/p/patricia-petibon-sauvons-notre-conservatoire-de-montargis-en-grand-danger?signed
[6] https://www.change.org/p/sauvons-le-conservatoire-et-la-culture-%C3%A0-montargis?recruited_
[7] https://www.festival-cabourg.com/editions/2026/films/ivan-et-hadoum
[8] https://www.festival-cannes.com/f/notre-salut/
[9] Catalogue des Ciné-Rencontres
[10] https://www.legrandaction.com/films/les-amants-criminels/
[11] https://grignoux.be/fr/film/2627/soft-leaves
[12] https://www.legrandaction.com/films/les-amities-malefiques/