
Ce film réalisé par Akinola Davies, qui a passé son enfance entre Londres et Lagos, dont le script a été écrit par Wale Davies, son frère, relate l’histoire d’une famille : Fola, le père, Bola, la mère, Olaremi, 11 ans et Akinola 8 ans qui s’est déroulée, en une seule journée, le 12 juin 1993 à Lagos. Il a été récompensé de la caméra d’or au festival de Cannes 2025 et par le Bafta du meilleur film.
Au début du film, les enfants, qui voient rarement leur père qui travaillent à Lagos, jouent seuls à la maison car leur mère est partie travailler au village.
Ce dimanche, leur père est venu leur rendre visite et décide de les emmener à Lagos car il doit récupérer des arriérés de salaire mais c’est aussi jour d’élection présidentielle dans un pays où règne, à cette époque, une instabilité politique chronique.
Leur parcours est semé d’embuches car le bus qui les emmène en ville tombe en panne d’essence. Ils doivent faire du stop pour se faire emmener et du moto-taxi dans la ville. Fola se présente à son travail mais le patron n’est pas là pour lui régler ses arriérés de salaire. A la suite des conseils du contremaître, ils partent visiter la ville : rencontrent leur tante, vont visiter le quartier où Fola et Bola vivaient lorsqu’ils étaient jeunes, profitent de la ville, vont à la plage et fêter la naissance des jumeaux du contremaître dans un bar où Fola est connu et où il retrouve des amis inconnus de ses enfants, particulièrement une femme qui permet à l’aîné de comprendre la situation ambiguë du père.
En fin de journée, les élections présidentielles sont annulées par le gouvernement. Les émeutes débutent et Fola doit repartir au village avec ses enfants sans avoir récupéré son salaire. Le retour est difficile, les policiers sont nerveux, un policier le reconnait et voudrait le tuer.
L’aventure se termine, malheureusement, par l’enterrement chrétien de Fola où les enfants et Bola sont penchés sur le cercueil qui est suivi pendant la cérémonie par toute la population du village. Le fils aîné à qui Fola a demandé de prendre soin de son petit frère, se souviendra longtemps de cette journée si particulière et son père dans ses rêves.
Un jour avec mon père est filmé à hauteur d’enfant, ce qui lui donne un charme indéniable, avec des plans courts qui permettent de changer fréquemment la focalisation du récit et ainsi la ville de Lagos devient un personnage à part entière. Ces plans courts permettent de mieux comprendre l’atmosphère, la situation des différents protagonistes ainsi que les sentiments des différents personnages.

Un film que je vous engage à aller voir.
Marie-Christine Diard