Réponses au quizz d’hier

Vous avez reconnu dans les voitures :
Charle Vanel et Yves Montand dans Le salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot 1953
Geena Davis et Susan Sarandon dans Thelma & Louise de Ridley Scott 1991
Jing Dong Liang et Zhao Tao dans Au delà des montagnes de Jia Zhangke 2015

Et avec un bravo particulier à Chantal et Laurence les détectives du jour.

Maintenant, place à Pauline pour la suite !



Jean-Pierre Bacri 1951-2021

Casting La Vie Très Privée De Monsieur Sim - Film 2015


Jean-Pierre Bacri est mort hier.
Hier et pour toujours.

Mais comment peut-on dire des absurdités pareilles ?

Côté cour et côté jardin, le regard à fleur de peau toujours interroge et transperce, la voix, comme autant de trésors, transporte les mots, lourds, parfois si lourds qu’il faut les poser et les regarder d’abord passer dans ses yeux avant de les entendre.

Avec lui, tant de meilleurs moments, tant de films aimés.
Le goût des autres, Un air de famille, Le sens de la fête, On connait la chanson … vus, revus, à revoir et souvent conseillés, pour, par dessus le marché, savourer, par procuration, le plaisir de la première fois. Alors ? Oui ! et Bacri, formidable dans ce rôle ! Comme d’hab !!!
Voilà, ça va s’arrêter là …
Non mais franchement quel est l’abruti qui a décidé ça ?
Bonjour, l’angoisse.
On ne meurt que deux fois, tu parles !
Ben non ! Ben non, tu vois ! Au bout du conte, on meurt et qu’une fois et c’est tout.





En attendant l’Alticiné

Au revoir! Nous laisserons le dernier mot à Laurence, qui un peu avant Dominique a eu tôt fait de trouver ce film.

« Voilà qui s’appelle « finir en beauté »: Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan. Quelle merveille ce film! C’est Danièle qui nous l’avait présenté, encore un très beau moment avec les Cramés ».

Merci aux Cramés de la Bobine et à tous les autres qui ont participé à ce jeu. Dès le 26 nous commencerons la publication de 10 brefs articles sur des films présentés aux Cramés de la Bobine. Portez vous bien. Bonnes fêtes!

Aujourd’hui 23 Décembre, dernière image de la série. Il nous fallait un film remarquable, et c’est l’hiver alors voici :

Hier, vous avez reconnu ce film des frères Taviani, sorti en 2012, « Cesar doit mourir », un film de 1H16, je vous livre le synopsis de Wikipédia : Adaptation du Jules César de William Shakespeare, tournée avec des détenus d’un établissement de haute sécurité […], Cesare deve morire « offre la quintessence de leur talent dans l’expression de la liberté de l’esprit, même chez des hommes condamnés à de lourdes peines. »

Bravo à tous les participants, merci de votre fidélité, passez de bonnes fêtes. Le blog continuera sa programmation avec deux extraits du journal de Dominique et ensuite? … Je vous le dirai demain!

Mardi 22 Décembre, Ce matin, sur proposition de Marie-No, le blog s’ouvre sur un grand film, quoi que plutôt bref. Vous allez trouver c’est sûr!

Bravo à tous les participants, merci de votre participation, passez de bonnes fêtes. Le blog continuera sa programmation avec deux extraits du journal de Dominique et ensuite? … Je vous le dirai demain!

Bravo aux heureux gagnants, qui ont gagné quoi au fait ? Le plaisir d’avoir reconnu l’image ci-dessous. Il s’agit de Makala  un documentaire français réalisé par Emmanuel Gras et sorti en 2017 . Quel film!

Lundi 21 Décembre, aucune télé ne peut remplacer le cinéma, et c’est encore plus vrai pour certains films. Par exemple aujourd’hui on part en Afrique et que peut une télévision ? Vous allez trouver facilement celui-ci sans doute, mais un bon souvenir, ça ne se refuse pas.

Hier donc, un film trois fois rare : les bulgares ne produisent presque pas de films, (11 films entre 2011 et 2021), tous ne passent pas en France, et tous les français ne vont pas aux séances des Cramés de la Bobine. Cette fois-ci, Marie-No a été la première à reconnaître Glory un film de Kristina Grozeva et Petar Valchanov, deux talents qui viennent juste de sortir un autre film : »La saveur des coings » qui sera projeté en 2021. On croise les bras, et on croise les doigts!

Aujourd’hui Dimanche 20, voici un film d’un pays qui en produit peu, une quinzaine en 20 ans, peu de T(h)race donc. Bonne recherche et bon dimanche!

Hier vous avez reconnu Revenge un film de Coralie Fargeat, « un film d’horreur qui met la question du genre à l’honneur », dit le Monde. Ce genre de film était une première aux Cramés de la Bobine et un bon souvenir.

19.12, Bonne journée, et merci de votre instant de présence sur le blog des Cramés de la Bobine, aujourd’hui un film au suspens terrible, proposé par Marie-No, vu en 2018

Hier vous n’avez pas tardé à trouver Mustang ce Film turc (juin 2015, 1h37) de Deniz Gamze Ergüven.

18.12 Bonne Journée, aujourd’hui, un film du tonnerre! Il nous dit que liberté est un effort et la joie de vivre un moyen de cet effort…A vous de jouer!

Hier, Henri n’a pas choisi la facilité avec : « Une fille facile » le 4ème film de Rebecca Zlotowski, sorti en 2019. Un film dont on ne peut montrer la vedette principale sans qu’on devine immédiatement le nom du film : Zahia Dehar dans le rôle de Sofia.

17.12 Bonjour, Je vous avais prévenu, aujourd’hui, ça va être dur, ci dessous cette image envoyée par Henri, qui ce matin n’a pas peur de vous faire sécher. Mais, vous allez bien trouver!

Vous avez été deux à donner le nom du film du 16.12. et je reproduis ici le commentaire de Laurence :

Béliers de Grímur Hákonarson, un film islandais présenté par Maïté en février 2016. Je n’étais pas présente ce jour-là mais j’ai su qu’elle arborait un magnifique pull dans l’esprit du film, bien décidée à combattre le froid polaire.Nous avions vu « Béliers » aux journées de prévisionnement et, à notre grande surprise, ce fut le coup de coeur du Jury lycéen.Le cinéma nous réservera toujours des surprises.

16.12 Encore un film bien connu des Cramés de la Bobine, vous allez trouver facilement, mais je vous préviens, demain ce sera plus difficile! Disons qu’aujourd’hui, c’est une sorte de carte postale, qui évoque le souvenir d’un film que nous avons vu avec un étonnement particulier, et comme pour les précédents, avec bonheur.

PS: n’hésitez pas à envoyer vos images!

Hier vous avez reconnu Parasite de De Bong Joon Ho, Palme d’Or 2019

15.12. « Déjà » on peut sortir sans permission dans sa poche, et pour tous ceux qui ne l’oubliaient pas, c’est une charge de moins! Ce matin un film très connu :

A vous de jouer!

Hier c’était difficile, je n’ai eu aucune réponse, Daphné de Peter Makie Burns 2017, qui a été le « coup de coeur des exploitants » et depuis ce film, il en a réalisé un autre, qui n’est pas encore sorti, et le suivant est en cours. Nous reverrons P.M.B!

Aujourd’hui 14.12, Marie-No nous propose ce premier film dans une atmosphère londonienne, la nuit. Ci-dessous, une très belle image.

Hier, vous avez reconnu « Paris pieds nus », nous ne pouvions pas montrer les acteurs principaux, maintenant, on peut :

Laurence nous dit ; »Paris pieds nus du tandem Fiona Gordon et Dominique Abel: une fantaisie belge très réussie présentée par Françoise, la Franco-Belge de l’équipe.« 

13.12. Aujourd’hui, un film facile et les deux premiers rôles sont trop connus pour que nous les montrions, mais dans ce film il y a deux beaux rôles secondaires, ils sont ci-dessous. Pour répondre : georges. joniaux45@orange.fr

Hier, vous avez reconnu, » Dieu existe, il s’appelle Pretrunya » Film macédonien, (vo, mai 2019, 1h40) de Teona Strugar Mitevska. Avec notre meilleur souvenir!

12.12 . Voici un beau film original dès son sujet, et qui fut un grand moment de cinéma. Sauriez-vous le retouver?

Hier, vous avez peut-être reconnu « A perfect day « de Fernando Leon de Aranoa

J-?

Fidèles lectrices, fidèles lecteurs, ami(e)s cramés de la bobine, bonjour,

Le Premier Ministre a eu de l’audience hier, cette épidémie, nous le savions, n’est pas du cinéma, et ce report d’ouverture des salles, nous y avions été préparés depuis une semaine. Soit! Nous allons continuer ce jeu, et nous avons une autre proposition à formuler, laquelle ? Un indice ténu : diling, diling!

Le film d’aujourd’hui nous est envoyé par Marie-No, je ne doute pas que vous allez le trouver. Tout de même, c’est plus difficile qu’hier n’est-ce pas?

Hier justement, c’était ce superbe Film américain (vo, février 2017, 2h03) de Jeff Nichols avec Joel Edgerton, Ruth Negga et Marton Csokas : Loving, bravo à ceux qui l’ont trouvé.

J-5???

Hier vous avez trouvé « Un Homme Intègre, (Lerd) » réalisé par Mohammad Rasoulof sorti en 2017. Première réponse, Marie-No. Bravo!

J-6 ? ?

Cette fois si un film très difficile à trouver, et je pense qu’un indice vous sera utile : Ce film remarquable vient d’un pays où il y a beaucoup de grands cinéastes, et où filmer n’est pas si facile. A vous de jouer!

De quel film s’agit-il ?

Hier vous avez reconnu The Lunchbox, un film de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur et Laurence qui présentait ce film nous signale :  Irfan Kahn décédé au printemps de cette année. Quelle merveille ce film!

J-7 ?

L’image du jour est à la fois un film très estimé des cramés de la bobine et un clin d’oeil à sa présentatrice. Je suis sûr que vous allez trouver facilement :

De quel film s’agit-il ?

Pour le film d’hier, Dominique à trouvé :

L’Effet Aquatique, un Film français de De Solveig Anspach avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi et Didda Jonsdottir …Et Bravo!

J-8 ?

Hier, à J-9, Vous avez reconnu « l’Apollonide souvenirs de la maison Close » un film deBertrand Bonello sorti en 2011, et aujourd’hui de quel film s’agit-il ? Ceux d’entre nous qui le reconnaîtront auront certainement le sourire en y repensant.

PS: Vous pouvez m’envoyer vos réponses, et des images pour la suite.

J-9 ?

J-10 était difficile avec le seule première image, It Must Be Heaven ou « C’est ça le paradis au Québec », est un film franco-canadien réalisé par Elia Suleiman, après cette splendeur, une autre et non des moindres, l’image nous est envoyée par Marie-No, je vous souhaite bonne chance et bon Dimanche.

J-10 ?

Mais qui fera plus vite que Laurence qui a reconnu « Le Traitre de Marco Bellochio » ?(Martine, tu arrives juste après!) Il fallait ci-dessous reconnaître à J-11 Pierfrancesco Favino, qui pour ce chef-d’œuvre joue impeccablement, le plus beau rôle de sa vie … Mais d’un chef-d’œuvre, l’autre, voici l’image du jour, à vous de jouer!

De quel film s’agit-il ?
2ème indice!

J-11 ?

Laurence a été la première à reconnaitre la « pointe courte » d’Agnès Varda…Elle nous rappelle que c’est le premier film de la Nouvelle Vague. Cette fois-ci, c’est bien sûr autre chose, allez-vous trouver?

De quel Film s’agit-il ?

J-12 ?

Image d’hier, Marie-No et Laurence ont reconnu Citizen Kan et Orson Wells ! Et aujourd’hui, Marie-No propose cette image, à vous de jouer :

La Pointe-Courte
question du jour : de quel film s’agit-il ?

Nelly Kaplan (1931-2020)

NELLY KAPLAN [ca. 1970] French photo of film director ...

« j’ai toujours été libre »

Nelly Kaplan, écrivaine et cinéaste est morte hier.
Partie rejoindre Bernadette Laffont, et Abel Gance, Philippe Soupault, André Breton, André Pieyre de Mandiargues, Pablo Picasso, Jean Chapot …
Sa liberté nourrit sa vie de tant de belles rencontres !
La fiancée du pirate, refusé d’abord par 23 producteurs alors qu’il avait l’avance sur recettes, fut sélectionné à la Mostra de Venise et devint un film culte.
Nelly Kaplan continua sa route de cinéaste, d’écrivaine, de scénariste. Elle choqua. Elle choqua les féministes aussi .
Sa liberté et son goût pour le plaisir, l’argent et la provocation étaient (alors, toujours) insupportables.
Elle vécut comme elle voulut. Libre.

« …C’est moi qui invite,
C’est moi qui vous quitte,
Sortez de ma danse,
Moi, je m’balance,
Parmi tous vos désirs,
Vos médisances,
Moi, je m’balance,
Sans adieu ni merci,
Je vous laisserai ici,
Sans adieu ni merci,
Je vous laisserai ici,
Car j’m’en balance,
J’m’en balance,
J’m’en balance,
J’m’en balance… »

François Truffaut

Madeleine Morgenstern (1931 - d.) - Genealogy

Sans aucun doute, mon cinéaste préféré.
Ses films, l’homme, ses amours et toute sa vie me fascinent et me passionnent.
Voici in extenso un article paru dans Next de Libération en 2014 à l’occasion de l’exposition qui lui était consacrée.
Régalez-vous
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François Truffaut, du côté de chez Madeleine
Par Anne Diatkine — 10 octobre 2014 à 18:56
Alors que la Cinémathèque française consacre une exposition au cinéaste disparu il y a trente ans, celle qui fut son épouse et la PDG des Films du Carrosse évoque leur vie et ses films, bien souvent imbriqués.
Madeleine Morgenstern fait toujours très attention de n’usurper aucune place. Mariée une poignée d’années avec François Truffaut alors qu’il était un critique de cinéma influent, elle récuse le rôle de muse, et abhorre encore plus celui de veuve, même si le cinéaste était retourné vivre chez elle, à la toute fin. C’est elle qui est la garante des droits moraux et qui a géré le catalogue des films avant qu’il ne soit vendu à MK2. Mais évidemment, Madeleine Morgenstern est bien plus que cela dans la vie de François Truffaut. Un lien qui ne s’est jamais rompu. A l’occasion de la belle exposition de la Cinémathèque française, entretien avec une femme discrète et ferme.
La rencontre
«C’était fin août 1956 au festival de Venise. Je me mettais toujours au premier rang devant l’écran, et François aussi. Il écrivait comme on respire et je pensais qu’il publierait certainement des livres. Quand on s’est mariés, je n’avais pas conscience que j’épousais un cinéaste. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne l’ai pas encouragé. Je lui disais : « Tu n’as pas fait l’Idhec [ex-Fémis, ndlr], tu n’as jamais été assistant. Es-tu certain qu’il suffit de voir beaucoup de films pour savoir comment on fait ? » J’étais terrifiée pour lui. Il avait de quoi m’en vouloir !»
«Les Mistons»
«Il y a une originalité qu’on mesure mal aujourd’hui. François a fait ses premiers pas avec un film de fiction tourné avec de vrais acteurs – Gérard Blain et Bernadette Lafont pour la première fois à l’écran. Les futurs cinéastes débutaient plutôt par des documentaires, comme l’ont fait Alain Resnais, Jacques Demy, Agnès Varda. Avant les Mistons, un petit film est resté inédit car François ne voulait pas qu’on le voie. C’est Une visite, un court métrage sans le son.»
L’éclat Léaud
«Jean-Pierre était déjà apparu dans la Tour, prends garde ! de Georges Lampin. Mais son vrai premier rôle, c’est évidemment les Quatre Cents Coups. Il n’avait pas l’âge du rôle, il ne correspondait pas tout à fait au gamin, mais sa détermination reste tangible dans les essais filmés. A l’origine, le film devait être un triptyque sur les enfants composés de trois sketchs. Les Mistons aurait été l’un d’entre eux, les Quatre Cents Coups le deuxième, et François avait déjà écrit l’embryon de l’Argent de poche qui aurait été le dernier volet. Mais très vite, les Quatre Cents Coups ont naturellement pris toute la place.
«A travers sa propre histoire, François voulait atteindre une vérité. Il a donc coécrit le scénario avec Marcel Moussy qui avait un passé d’instituteur. Car aussi autobiographique soit-il, le film est décalé dans le temps. C’est pendant l’Occupation et tout de suite après la Libération que François a éprouvé ce que vit le petit Doinel. Le film documente, à l’insu de François, l’époque où il a été tourné : tout ce Paris disparu de la fin des années 50. Mais c’est un effet d’après coup lié à la justesse du film et aux conditions de tournage dans les rues de Paris.
«Jean-Pierre avait fini par habiter chez nous car François craignait qu’il n’arrive en retard. En temps normal, il était pensionnaire, et évidemment, très content de prendre le large. Par la suite, il y a eu une chambre à disposition pour Jean-Pierre dans les bureaux du Carrosse – la maison de production que François avait fondée pour tourner ses films. François se sentait responsable de lui. Responsable à cause du succès du film qui l’avait écarté de la scolarité. Il l’aimait comme acteur et comme jeune homme, sans cependant se retrouver en lui. Antoine Doinel ressemble à l’un et à l’autre, sans être ni l’un ni l’autre. C’est un condensé des deux. L’un des motifs de la saga Doinel était de continuer de voir Jean-Pierre évoluer sous sa caméra. Lorsqu’on parle de mimétisme, il y a des gestes que Léaud a copiés sur François. Mais c’était des indications de jeu ! Entre eux deux et Doinel, c’était un pur amour à trois ! André Bazin, le père spirituel de François, est mort le premier jour du tournage, et j’ai accouché de ma fille aînée, Laura, le dernier jour.»
Se reconnaître
«La Peau douce a été tourné chez nous, dans l’appartement où je vis encore aujourd’hui, et je ne peux pas dire qu’il fasse partie de mes films préférés ! François compartimentait sa vie, et même si l’appartement était un décor pratique, la décision de tourner à la maison m’a surprise. Peut-être devait-il sentir qu’il n’allait pas rester longtemps dans cet appartement. C’est en voyant le film que j’ai compris l’état de notre couple. Par la suite, j’ai rarement été fâchée contre les films, même lorsqu’ils se rapportaient à notre vie. En vérité, Baisers volés n’est pas une histoire qui me concerne beaucoup. Le modèle du personnage de Claude Jade est une autre jeune fille. Mais comme dans Domicile conjugal, j’ai vécu la situation absurde où François m’appelle d’un restaurant parce qu’il s’ennuie avec une femme. Et comme le personnage de Claude Jade, j’avais un souci des convenances : « Tu ne peux pas la laisser en plan. Reste au moins jusqu’au dessert. Sois poli ! » Les petits boulots incroyables d’Antoine Doinel sont décalqués de la vie de François. Entre autres, il avait été engagé à Ciné Revue pour rendre invisible des poils pubiens qui s’échappaient des bikinis.»
La famille
«Nous avons vécu l’un avec l’autre beaucoup plus longtemps séparés qu’ensemble. Nos relations ont duré toute la vie, elles sont devenues plus libres et plus fortes avec la séparation. Au début, François consacrait ses week-ends à nos deux filles, Laura et Eva. Puis, quand les filles sont parties, François a continué à destiner ses dimanches à sa famille, c’est-à-dire moi. Ces dimanches étaient jour de cinéma. François s’étant marié surtout pour avoir une famille, il a gardé la famille après le divorce.»
Au volant
«François aimait les femmes qui conduisaient, comme dans les films de Hitchcock. Quand il était au volant, il faisait tout le contraire des autres conducteurs. Si quelqu’un l’emboutissait, il sortait immédiatement de la voiture : « Je suis désolé, c’est de ma faute. » Au début, il a conduit une voiture de sport qui s’est cassée en deux lamentablement. Il a continué avec des voitures plus modestes. On ne peut pas dire que François mettait sa virilité dans l’accélérateur.»
Un film de vacances
«Même si le projet de l’Argent de poche est ancien, il a été conçu comme un film de vacances après Adèle H. Sauf que ça a été l’un des tournages les plus fatigants de François du fait de la centaine d’enfants présents. J’ai bien sûr accepté que Laura et Eva jouent et travaillent avec leur père. Eva a détesté l’expérience. Entre le scénario et le tournage, elle avait grandi et, adolescente, ça ne lui plaisait pas du tout d’embrasser un garçon devant la caméra de son père. Elle ne savait pas ce qu’il allait lui demander. J’ai été une mère indigne ! Comme souvent, la scène était tirée d’un souvenir d’enfance de François.»
La prégnance
«Comme les gens ont vu François interpréter certains rôles et qu’il aimait lire les textes en off de certains de ses films, son visage et sa voix étaient familiers. C’est paradoxalement dans ses films les moins autobiographiques qu’il était présent physiquement. Ils tissent une toile intime tout en étant toujours accessibles et fictionnels. Rohmer aussi a inventé un monde qui lui est propre, mais qui ne le découvre pas.»
Le malentendu
«François était considéré comme le gentil, à la limite de l’académisme, voire, insulte suprême, bourgeois. Dans l’opposition à Godard, c’est toujours Jean-Luc qui gagne. Je crois surtout que François a toujours refusé d’être le porte-drapeau de quoi que ce soit et n’a jamais transformé sa notoriété en pouvoir. Il se tenait loin des modes et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle l’Enfant sauvage, sorti en 1969, a été dénigré dans certains pays. Le film a été compris comme une défense de la figure autoritaire, alors que pour François, qui avait dû s’éduquer seul, il était un hommage à André Bazin. Et surtout, François n’a jamais voulu faire des films d’avant-garde. C’est bien sûr François qui a connu l’exclusion sociale, plus que tout autre. Par opposition à une jeunesse complètement fauchée, errante, allant de chambre en chambre, s’engageant comme soldat, puis désertant, François a toujours tenu à ne jamais être débraillé sur un plateau. Je ne crois pas l’avoir jamais vu en jean. La nourriture, la décoration de son appartement, tout ce qui ne concernait pas directement le cinéma n’avaient aucun intérêt pour lui. Il inventait, mais c’était sans emphase. Il innovait, quand ça lui traversait l’esprit et que c’était drôle, comme dans certaines scènes de Tirez sur le pianiste. Encore un accueil public désastreux ! On oublie souvent que beaucoup de films de François n’ont pas été appréciés à leur sortie, si l’on excepte les Quatre Cents Coups et le Dernier Métro. François disait souvent : « Un film sur quatre rencontre le public, et les trois autres, si on arrive à sauver les meubles, c’est déjà très bien. » Jules et Jim a rencontré la critique mais n’a pas du tout été triomphal au box-office !»
«Les Quatre Cents Coups» bis
«Assez tardivement dans sa vie, François m’a dit qu’il aimerait retourner une version des Quatre Cents Coups plus dure. Il attendait le décès de ses parents pour s’y mettre. Ça ne s’est pas fait car son père lui a survécu. J’étais très étonnée, car le film me semblait déjà suffisamment âpre.»
Etre juif
«On n’évoquait pas beaucoup de mon enfance juive pendant la guerre. Ce n’est pas qu’il ne voulait pas m’écouter, mais je n’en parlais pas, estimant avoir été une petite fille très aimée. François aussi, cependant, s’est découvert juif. Pendant le tournage de Baisers volés, le directeur de l’agence qui a servi de modèle à Antoine Doinel lui a demandé s’il n’y avait pas une enquête qu’il aimerait faire, en cadeau. On n’a pas toujours besoin d’un détective, mais François a saisi l’occasion : « Je serais content si vous pouviez retrouver la trace de mon père. » On savait peu de chose sur ce père biologique, à part qu’il était étudiant dentiste quand il a rencontré la mère de François. L’agence a rendu un rapport au conditionnel, sur un homme, Roland Lévy, dentiste, habitant Belfort, qui, chaque soir, promenait son chien à la même heure. Roland était aussi le second prénom de François. Quand, à la parution de la biographie, cette information a été rendue publique, j’ai reçu un coup de fil des enfants de cet homme. « On aimerait beaucoup être de la famille de François Truffaut. Mais, malheureusement, notre père n’a jamais eu de chien. » Ce qui laisse planer un doute sur la véracité du rapport.
«Ce qui me semble important, c’est la satisfaction de François vis-à-vis de cette enquête qui consolidait sa théorie sur sa naissance : à savoir que la famille de sa mère était antisémite et que c’était la raison pour laquelle son père en avait été écarté. Il pensait que ses grands-parents préféraient encore que leur fille élève un enfant toute seule qu’avec un juif. A-t-il d’ailleurs su la grossesse de la jeune fille ? Janine de Monferrand, la mère de François, avait tout juste 18 ans lorsqu’elle l’attendait. Ses parents l’ont fait accoucher en cachette. Le bébé a été mis en nourrice. François avait déjà 4 ou 5 ans lorsqu’il est revenu dans sa famille, après le mariage de sa mère avec Roland Truffaut. L’enfant avait été trimballé de nourrices en grands-mères – la mère de son père adoptif l’aimait beaucoup. Il était une marque d’infamie qui a obligé sa mère à se marier, pas forcément avec l’homme de son choix, mais avec celui qui acceptait de reconnaître l’enfant. François ne comprenait pas pourquoi socialement il était toujours présenté comme plus jeune que son âge. Quand il avait 8 ans, ses parents disaient qu’il en avait 6, pour que sa mère ait l’air majeur à a naissance. C’est vers 8 ans, en fouillant dans des papiers, qu’il a découvert la vérité sur son état civil.»
A la recherche d’un point de vue maternel
«Janine de Monferrand ressemble au personnage de la Petite Voleuse, le film que Claude Miller tournera après la mort de François, d’après un script qu’il avait écrit. Comme la petite voleuse, elle a été enfermée Au bon pasteur, une institution pour rééduquer les délinquantes, les marginales et autres filles-mères comme on disait. Le film se termine sur une échographie où l’on voit que la jeune fille attend « un petit agité ». On peut imaginer qu’il s’agit de François lui-même. Même si, par ailleurs, il était aussi parti d’un autre personnage : une jeune femme délurée rencontrée lors de ses quatre cents coups.»
L’héritage moral
«Par testament, François m’a désignée PDG des Films du Carrosse. J’ai compris sa décision comme une reconnaissance vis-à-vis de mon père. J’avais toujours eu des jobs subalternes dans le cinéma, mais il savait qu’être directrice ne me ferait pas perdre la tête et que j’obéirais à certains principes de rigueur et d’honnêteté. Cependant, j’ignorais les rouages de la société. Comme François compartimentait sa vie, je ne connaissais pas les techniciens ni les acteurs. J’ai connu plus tard Fanny Ardant, avec qui j’ai des liens d’amitié. Le catalogue des films était le capital qu’il laissait à ses trois filles, Laura, Eva, et Joséphine, la fille de Fanny [Ardant]. Il a été bien géré grâce aux collaborateurs de François. Je l’ai vendu à MK2 quand les canaux de diffusion se métamorphosaient et qu’il y avait un risque que les enjeux m’échappent.»
Lire des lettres
«Je me suis retrouvée après la mort de François face à une montagne de correspondance très bien classée, qui ne me concernait pas. Pendant longtemps, j’ai eu beaucoup de répugnance à lire des lettres qui ne m’étaient pas destinées, et je ne les ai d’ailleurs toujours pas toutes lues. La correspondance amoureuse a été remise au notaire de François. Chacune des femmes ou leurs ayants droit ont pu les récupérer vingt ans après la mort de François.»
Aujourd’hui
«Au début, je n’aimais pas l’idée de commémorer les 30 ans de la disparition de François. Il est présent dans ma vie, et même s’il ne l’était pas, je serais invariablement ramenée à lui, en dépit du peu d’années où l’on a formé un couple. On ne s’est disputés qu’une fois, et ça a été le divorce. Je n’ai formé aucune rancune contre lui, ma tranquillité n’est pas de complaisance. Mais la nuit, ma violence se réveille dans des cauchemars. « Et là encore, tu m’as menti. » Je serais prête à prendre un revolver pour le tuer ! Je le raterais, je ne sais pas tirer. A chaque cauchemar, je suis bouleversée d’être restée aussi jeune, à mon âge. Il me faut un instant pour me rendre compte qu’il ne s’agit plus de moi.»
Anne Diatkine

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L’Amore in città

Novembre 1953, 1h49
ressorti en salles le 22 juin 2020
(diffusé actuellement sur Ciné+classic)

Six histoires par six grands metteurs en scène italiens sur la misère de l’amour à Rome au début des années 50.

Amore che si paga de Carlo Lizzani
Tentato suicido, de Michelangelo Antonioni
Un’agenzia matrimoniale de Federico Fellini
Storia d Caterina de Francesco Maselli
Paradiso per 3 ore de Dino Risi
Gli italiani si voltano d’Alberto Lattuada

Ce film, vu hier soir sur Ciné+classic m’a fortement impressionnée et juste avant que notre WE du cinéma ne commence, aujourd’hui à 14h30 !
Ce sextuple portrait de la jeune fille italienne des années 1950 entre en résonance avec la société contemporaine.
En 1953, l’Italie se reconstruit. En 1953, à Rome, autour de Rome, c’est la misère noire, très très noire …
Le cinéma italien, lui, par les succès du courant néoréaliste, commence sa renaissance et Cesare Zavattini (scénariste avec Vittorio de Sica sur Ladri di biciclette, Miracolo a Milano …), initie ce film de six sketchs et autant de regards portés sur la condition féminine en 1953, à Rome et qui en 2020 nous étourdissent, certains plus que les autres, tant ils se catapultent avec la condition féminine d’aujourd’hui, cf le sketch final, Gli italiani si voltano d’Alberto Lattuada !
Ces courts métrages de 1953 sont à mille lieues des sketchs satiriques du cinéma italien des années 1960 et 1970 ! 
Dans L’Amore in citta, Federico Fellini, Dino Risi ou Michelangelo Antonioni racontent des « histoires vraies », caméra au poing, collée à la misère, dressant le portrait-type de la jeune fille pauvre italienne du début des années 50. Les cinéastes sont de reporters, leurs scénarios, des faits-divers.
Pour Un’agenzia matrimoniale, Fellini filme déjà un journaliste faussement désinvolte qui plus tard se perdra dans La dolce vita, tandis que dans Paradiso per 3 ore Dino Risi promène sa caméra sur ses congénères au dancing en un tableau où jeunesse, beauté, laideur, fraicheur et transpiration se mêlent devant son regard sarcastique. en un bouquet entêtant.

L’Amore in citta, est à voir assolutamente !

L’occasion de renouer avec un cinéma exigeant et hyper réaliste et le temps du pain noir où rien ne portait à sourire …
Mais le temps de la comédie italienne et son pain blanc allait arriver !

Un « Amore in citta » aujourd’hui serait noir
et sans gluten 

Marie-No

Michael Lonsdale (1931-2020)

Pour les scènes du couple Tabard, François Truffaut avait demandé à Michael Lonsdale la permission de tourner dans son grand appartement pour sa belle lumière et la vue sur la tour Eiffel.

On imagine Michael Lonsdale, alors, profondément heureux : il tournait avec Delphine Seyrig. Il s’appelait Georges Tabard, elle était Fabienne Tabard, et elle était là, chez lui, avec lui.

On sait qu’elle fut la seule femme de sa vie : “J’ai vécu un grand chagrin d’amour et ma vie s’en est trouvée très affectée. La personne que j’ai aimée n’était pas libre… je n’ai jamais pu aimer quelqu’un d’autre. C’était elle ou rien et voilà pourquoi, à 85 ans, je suis toujours célibataire ! Elle s’appelait Delphine Seyrig.”
Le dictionnaire de ma vie, 2016

Michael Lonsdale resta toute sa vie dans cet appartement. 
Et il vient d’y mourir. 

Conservant toujours sa grande classe naturelle et cette voix si profonde, blanche et gutturale modulée d’accents fragiles et haut perchés, sa barbe et ses longs cheveux blancs ont fini par adoucir son physique imposant qui servit si bien tous ses rôles souvent inquiétants de hauts fonctionnaires, de bourgeois et d’hommes d’église. 

Plus de 50 ans de cinéma et de théâtre ! 

Michael Lonsdale, s’il a joué dans de grosses productions et pour de grands auteurs internationaux comme Orson Welles, Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Luis Bunuel, n’a jamais cessé d’offrir son talent au cinéma d’auteur français : Marguerite Duras, Jacques Rivette, François Truffaut, Jean Eustache, Alain Resnais, Joseph Losey, Jean-Pierre Mocky, François Ozon, Sophie Fillières, Nicolas Klotz et Xavier Beauvois. C’est pour Des Hommes et des dieux qu’il reçut en 2011 son seul et unique César. 

Acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène de théâtre et d’opéra, récitant, peintre,  
adieu Michael Lonsdale

Marie-No