En attendant l’Alticiné

Au revoir! Nous laisserons le dernier mot à Laurence, qui un peu avant Dominique a eu tôt fait de trouver ce film.

« Voilà qui s’appelle « finir en beauté »: Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan. Quelle merveille ce film! C’est Danièle qui nous l’avait présenté, encore un très beau moment avec les Cramés ».

Merci aux Cramés de la Bobine et à tous les autres qui ont participé à ce jeu. Dès le 26 nous commencerons la publication de 10 brefs articles sur des films présentés aux Cramés de la Bobine. Portez vous bien. Bonnes fêtes!

Aujourd’hui 23 Décembre, dernière image de la série. Il nous fallait un film remarquable, et c’est l’hiver alors voici :

Hier, vous avez reconnu ce film des frères Taviani, sorti en 2012, « Cesar doit mourir », un film de 1H16, je vous livre le synopsis de Wikipédia : Adaptation du Jules César de William Shakespeare, tournée avec des détenus d’un établissement de haute sécurité […], Cesare deve morire « offre la quintessence de leur talent dans l’expression de la liberté de l’esprit, même chez des hommes condamnés à de lourdes peines. »

Bravo à tous les participants, merci de votre fidélité, passez de bonnes fêtes. Le blog continuera sa programmation avec deux extraits du journal de Dominique et ensuite? … Je vous le dirai demain!

Mardi 22 Décembre, Ce matin, sur proposition de Marie-No, le blog s’ouvre sur un grand film, quoi que plutôt bref. Vous allez trouver c’est sûr!

Bravo à tous les participants, merci de votre participation, passez de bonnes fêtes. Le blog continuera sa programmation avec deux extraits du journal de Dominique et ensuite? … Je vous le dirai demain!

Bravo aux heureux gagnants, qui ont gagné quoi au fait ? Le plaisir d’avoir reconnu l’image ci-dessous. Il s’agit de Makala  un documentaire français réalisé par Emmanuel Gras et sorti en 2017 . Quel film!

Lundi 21 Décembre, aucune télé ne peut remplacer le cinéma, et c’est encore plus vrai pour certains films. Par exemple aujourd’hui on part en Afrique et que peut une télévision ? Vous allez trouver facilement celui-ci sans doute, mais un bon souvenir, ça ne se refuse pas.

Hier donc, un film trois fois rare : les bulgares ne produisent presque pas de films, (11 films entre 2011 et 2021), tous ne passent pas en France, et tous les français ne vont pas aux séances des Cramés de la Bobine. Cette fois-ci, Marie-No a été la première à reconnaître Glory un film de Kristina Grozeva et Petar Valchanov, deux talents qui viennent juste de sortir un autre film : »La saveur des coings » qui sera projeté en 2021. On croise les bras, et on croise les doigts!

Aujourd’hui Dimanche 20, voici un film d’un pays qui en produit peu, une quinzaine en 20 ans, peu de T(h)race donc. Bonne recherche et bon dimanche!

Hier vous avez reconnu Revenge un film de Coralie Fargeat, « un film d’horreur qui met la question du genre à l’honneur », dit le Monde. Ce genre de film était une première aux Cramés de la Bobine et un bon souvenir.

19.12, Bonne journée, et merci de votre instant de présence sur le blog des Cramés de la Bobine, aujourd’hui un film au suspens terrible, proposé par Marie-No, vu en 2018

Hier vous n’avez pas tardé à trouver Mustang ce Film turc (juin 2015, 1h37) de Deniz Gamze Ergüven.

18.12 Bonne Journée, aujourd’hui, un film du tonnerre! Il nous dit que liberté est un effort et la joie de vivre un moyen de cet effort…A vous de jouer!

Hier, Henri n’a pas choisi la facilité avec : « Une fille facile » le 4ème film de Rebecca Zlotowski, sorti en 2019. Un film dont on ne peut montrer la vedette principale sans qu’on devine immédiatement le nom du film : Zahia Dehar dans le rôle de Sofia.

17.12 Bonjour, Je vous avais prévenu, aujourd’hui, ça va être dur, ci dessous cette image envoyée par Henri, qui ce matin n’a pas peur de vous faire sécher. Mais, vous allez bien trouver!

Vous avez été deux à donner le nom du film du 16.12. et je reproduis ici le commentaire de Laurence :

Béliers de Grímur Hákonarson, un film islandais présenté par Maïté en février 2016. Je n’étais pas présente ce jour-là mais j’ai su qu’elle arborait un magnifique pull dans l’esprit du film, bien décidée à combattre le froid polaire.Nous avions vu « Béliers » aux journées de prévisionnement et, à notre grande surprise, ce fut le coup de coeur du Jury lycéen.Le cinéma nous réservera toujours des surprises.

16.12 Encore un film bien connu des Cramés de la Bobine, vous allez trouver facilement, mais je vous préviens, demain ce sera plus difficile! Disons qu’aujourd’hui, c’est une sorte de carte postale, qui évoque le souvenir d’un film que nous avons vu avec un étonnement particulier, et comme pour les précédents, avec bonheur.

PS: n’hésitez pas à envoyer vos images!

Hier vous avez reconnu Parasite de De Bong Joon Ho, Palme d’Or 2019

15.12. « Déjà » on peut sortir sans permission dans sa poche, et pour tous ceux qui ne l’oubliaient pas, c’est une charge de moins! Ce matin un film très connu :

A vous de jouer!

Hier c’était difficile, je n’ai eu aucune réponse, Daphné de Peter Makie Burns 2017, qui a été le « coup de coeur des exploitants » et depuis ce film, il en a réalisé un autre, qui n’est pas encore sorti, et le suivant est en cours. Nous reverrons P.M.B!

Aujourd’hui 14.12, Marie-No nous propose ce premier film dans une atmosphère londonienne, la nuit. Ci-dessous, une très belle image.

Hier, vous avez reconnu « Paris pieds nus », nous ne pouvions pas montrer les acteurs principaux, maintenant, on peut :

Laurence nous dit ; »Paris pieds nus du tandem Fiona Gordon et Dominique Abel: une fantaisie belge très réussie présentée par Françoise, la Franco-Belge de l’équipe.« 

13.12. Aujourd’hui, un film facile et les deux premiers rôles sont trop connus pour que nous les montrions, mais dans ce film il y a deux beaux rôles secondaires, ils sont ci-dessous. Pour répondre : georges. joniaux45@orange.fr

Hier, vous avez reconnu, » Dieu existe, il s’appelle Pretrunya » Film macédonien, (vo, mai 2019, 1h40) de Teona Strugar Mitevska. Avec notre meilleur souvenir!

12.12 . Voici un beau film original dès son sujet, et qui fut un grand moment de cinéma. Sauriez-vous le retouver?

Hier, vous avez peut-être reconnu « A perfect day « de Fernando Leon de Aranoa

J-?

Fidèles lectrices, fidèles lecteurs, ami(e)s cramés de la bobine, bonjour,

Le Premier Ministre a eu de l’audience hier, cette épidémie, nous le savions, n’est pas du cinéma, et ce report d’ouverture des salles, nous y avions été préparés depuis une semaine. Soit! Nous allons continuer ce jeu, et nous avons une autre proposition à formuler, laquelle ? Un indice ténu : diling, diling!

Le film d’aujourd’hui nous est envoyé par Marie-No, je ne doute pas que vous allez le trouver. Tout de même, c’est plus difficile qu’hier n’est-ce pas?

Hier justement, c’était ce superbe Film américain (vo, février 2017, 2h03) de Jeff Nichols avec Joel Edgerton, Ruth Negga et Marton Csokas : Loving, bravo à ceux qui l’ont trouvé.

J-5???

Hier vous avez trouvé « Un Homme Intègre, (Lerd) » réalisé par Mohammad Rasoulof sorti en 2017. Première réponse, Marie-No. Bravo!

J-6 ? ?

Cette fois si un film très difficile à trouver, et je pense qu’un indice vous sera utile : Ce film remarquable vient d’un pays où il y a beaucoup de grands cinéastes, et où filmer n’est pas si facile. A vous de jouer!

De quel film s’agit-il ?

Hier vous avez reconnu The Lunchbox, un film de Ritesh Batra, avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur et Laurence qui présentait ce film nous signale :  Irfan Kahn décédé au printemps de cette année. Quelle merveille ce film!

J-7 ?

L’image du jour est à la fois un film très estimé des cramés de la bobine et un clin d’oeil à sa présentatrice. Je suis sûr que vous allez trouver facilement :

De quel film s’agit-il ?

Pour le film d’hier, Dominique à trouvé :

L’Effet Aquatique, un Film français de De Solveig Anspach avec Florence Loiret-Caille, Samir Guesmi et Didda Jonsdottir …Et Bravo!

J-8 ?

Hier, à J-9, Vous avez reconnu « l’Apollonide souvenirs de la maison Close » un film deBertrand Bonello sorti en 2011, et aujourd’hui de quel film s’agit-il ? Ceux d’entre nous qui le reconnaîtront auront certainement le sourire en y repensant.

PS: Vous pouvez m’envoyer vos réponses, et des images pour la suite.

J-9 ?

J-10 était difficile avec le seule première image, It Must Be Heaven ou « C’est ça le paradis au Québec », est un film franco-canadien réalisé par Elia Suleiman, après cette splendeur, une autre et non des moindres, l’image nous est envoyée par Marie-No, je vous souhaite bonne chance et bon Dimanche.

J-10 ?

Mais qui fera plus vite que Laurence qui a reconnu « Le Traitre de Marco Bellochio » ?(Martine, tu arrives juste après!) Il fallait ci-dessous reconnaître à J-11 Pierfrancesco Favino, qui pour ce chef-d’œuvre joue impeccablement, le plus beau rôle de sa vie … Mais d’un chef-d’œuvre, l’autre, voici l’image du jour, à vous de jouer!

De quel film s’agit-il ?
2ème indice!

J-11 ?

Laurence a été la première à reconnaitre la « pointe courte » d’Agnès Varda…Elle nous rappelle que c’est le premier film de la Nouvelle Vague. Cette fois-ci, c’est bien sûr autre chose, allez-vous trouver?

De quel Film s’agit-il ?

J-12 ?

Image d’hier, Marie-No et Laurence ont reconnu Citizen Kan et Orson Wells ! Et aujourd’hui, Marie-No propose cette image, à vous de jouer :

La Pointe-Courte
question du jour : de quel film s’agit-il ?

En attendant l’Alticiné

Amis Cramés de la Bobine, bonjour,

Nous avions prévu pendant ce second confinement (soyons optimistes) de continuer de parler cinéma. Tout d’abord, nous souhaitons vous remercier, car vous êtes encore nombreux à nous lire. Une centaine de lecteurs par semaine, nous avons eu davantage de fréquentation, mais en ces temps difficiles, c’est bien. Et, le saviez-vous, il y a un tiers de nouveaux lecteurs chaque mois et quelques lecteurs réguliers de divers pays du monde que nous saluons.

Cette période nous y oblige, le blog a modifié un peu son objectif, vous vous souvenez : « continuer ici même la discussion sur les films après les avoir vus et en avoir débattu ». Débattre un film, c’est passer d’un imaginaire à un autre. Notre imagination d’abord conduite par le réalisateur s’en libère et devient exploratrice. Et un film comme un rêve ne vaut que si on l’ explore. Écrire dessus, c’est tenter de l’explorer encore.

Actuellement, dans le blog, nous parlons d’autres choses : De notre mémoire de films, parfois de nouveautés, aux choix, avec pour seul désir de continuer à échanger, partager. Et nous remercions tous les auteurs qui pendant cette « Période Sans Alticiné », ont écrit. Eliane, Marie-No, Chantal, Dominique, Laurence, Pauline…

Pour l’instant, nous n’avons pas de nouveaux auteurs ou de nouveaux articles, alors, nous allons faire une pause quelques jours. Toutefois, chaque jour nous laisserons une image d’un film parfois célèbre, le plus souvent présenté aux Cramés de la bobine… A vous de jouer! (voir ci-dessous)

Avant qu’Alticiné rouvre ses portes et nous accueille, on s’en réjouit d’avance, regardons sur le Site des Cramés de la Bobine… UNE PROGRAMMATION DU TONNERRE !

À bientôt. Portons-nous bien.
Amicalement, L’équipe du blog

Question du jour : de quel film s’agit-il ? Ecrivez votre réponse à georges.joniaux45@orange.fr

Gourmandise- d’Eliane B

Chers amis cramés,

La cuisine a toujours inspiré le cinéma, de Fatih Akim pour Soul Kitchen, à La Grande Bouffe de M. Ferreri, en passant par G. Axel pour le Festin de Babette, elle nous a régalé l’œil et mis bien souvent l’eau à la bouche 

Pour tous, les crames de la bobine, la contribution à ce mariage savoureux fut nos nombreux buffets lors de nos événements dans des temps moins troublés.

En souvenir de ces beaux moments, en espérant très vite des jours meilleurs, je vous propose un petit clin d’œil culinaire : la recette du cheesecake.

Tout d’abord, un peu d’histoire :

Pierre Hermé dans son livre : « Rêves de pâtissier » (Ed La Martinière 2011, page 88) nous dit / » Les Grecs et les romains se régalaient déjà d’une sorte de gâteau du nom de « placenta « ou » libium, préparé à base de semoule et de farine de blé, garni avec de la crème de fromage de brebis et du miel.

Comment avec un tel passé, ce gâteau est-il devenu, au XX siècle, le symbole de la pâtisserie américaine et plus précisément new-yorkaise ? Le fromage en est la cause !

En 1872 William Lawrence, un crémier transforma le fromage frais en cream cheese qu’il commercialisa sous le nom de Philadelphia.Naturellement, il y a une vie pour le cheesecake en dehors de New-York.

En Italie, en France, en Europe de l Est, on le prépare avec du mascarpone, de la ricotta, ou du fromage blanc.

La recette du cheesecake est une sorte d’auberge espagnole ou chacun entre et sort à sa guise. Quoi de plus normal au pays du melting-pot !

Voici la recette :

Ingrédients

250gr de Spéculos

125gr de beurre

125gr de sucre

500gr de philadelphia

2 œufs

125 gr de crème fraiche

vanille

zeste de citron jaune

Hachez les biscuits à la machine, y ajouter le beurre fondu, mélangez pour faire une pate.

Etalez la dans un moule en remontant un peu sur les bords.Mettre au frais.

Mélanger la philadelphia avec la crème, le sucre, les œufs, la vanille et le zeste.

Etalez sur la pate froide.

Mettre au four à 170° pendant 30mn

Cette recette est pour un moule à manqué (moule à bords hauts) de 24 cm.Elle est pour 6 pers.

Bonne gourmandise !

Eliane B.

Le journal de Dominique (7)Pierre Etaix-Tant qu’on a la santé

Quand les lumières se rallument, la dame assise devant moi se retourne, et nous nous regardons et nous remettons à rire (autour de nous, rien que des visages hilares), elle dit, On a bien fait de les restaurer ces films.

Il est d’abord heureux que « l’imbroglio juridique qui bloquait depuis de nombreuses années la ressortie des films de Pierre Etaix » ait trouvé une « fin heureuse et définitive »[1], sans quoi il n’y aurait eu pas plus de restauration que de ressortie en salle et nous aurions loupé quelque chose ! 

Aujourd’hui, découverte de Tant qu’on a la santé, composé de quatre courts métrages. C’est tout particulièrement le quatrième et dernier intitulé Nous n’irons plus aux bois qui fait notre bonheur. Soit, lâchés dans des champs et bosquets, trois individus ou groupes d’individus :

A = un chasseur 

B = un paysan qui répare sa clôture

C = un couple de pique-niqueurs BCBG

Le comique réside dans des gags visuels ressortant de la plus pure tradition burlesque (la tentative de franchir un ruisseau sans se mouiller les pieds ; une chaussure qui flotte au fil de l’eau, son propriétaire cherchant à la récupérer sans poser par terre le pied déchaussé etc.) mais aussi (schéma utilisé à plusieurs reprises, sans qu’on s’en lasse) de l’absurde : une action de A (ou B, ou C) a des répercussions sur B (ou A, ou C) qui croit C (ou A, ou B) fautif parce que c’est lui qui apparaît alors dans son champ de vision. 

Il en résulte tout naturellement qu’au sortir de la salle, me semblent parfaitement comiques des situations qui communément m’agacent (la rébellion des objets, loin de m’amuser ou de titiller mon imagination, m’exaspère m’énerve m’horripile), à savoir :

aux toilettes, le papier WC dissimulé sous une coquille métallique et dont l’extrémité, au lieu de pendre à portée de main, est collée au rouleau

l’absence de distributeur de savon, que je ne remarque qu’après m’être mouillé les mains

dans le métro, la porte fermée du tourniquet à laquelle je me heurte parce que, plongée dans mes plaisantes pensées, j’ai oublié d’insérer le ticket (que par ailleurs j’ai pensé à sortir de mon sac et que je tiens à la main) dans la fente qui en déclenche l’ouverture.

Si la musique adoucit les mœurs, le cinéma peut, un moment, rendre la vie plus légère.

                                                                                                              

Jeudi 8 juillet 2010


[1] www.lesfilmsdetaix.fr

La communion-Jan Komasa

Film polonais : sortie prévue en mars 2020 puis reprise en juin. Réalisé par Jan Komasa, avec Bartosz BieleniaEliza RycembelAleksandra Konieczna.

Synopsis : Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu’il a commis l’empêche d’accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L’arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice.

La communion fait partie des victimes du premier confinement. Les Cramés auraient vraiment aimé le programmer. Il est passé à l’Alticiné, en VF et au cours des vacances d’été, quel dommage. Je viens de me rattraper en le visionnant en VO sur Canal+. Il a été nommé aux Oscars dans la catégorie Films étrangers mais le jury lui a préféré Parasite.

L’histoire qui a inspiré le film est vraie. Elle a fait la une des journaux en Pologne : un jeune homme s’est fait passer pour un prêtre pendant environ trois mois. Il s’appelait Patryk et il avait 19 ans à l’époque. Mateusz Pacewicz, le scénariste qui est aussi journaliste, avait écrit un article sur cette histoire et c’est de là que vient le film. Son nom a été changé en Daniel mais les personnages sont similaires, ainsi que son parcours dans une petite ville de province. Le jeune homme avait célébré des mariages, baptêmes et enterrements. Il était fasciné par tout ça et voulait réellement devenir prêtre.

A partir de ce fait divers le réalisateur et le scénariste ont ajouté le centre de détention pour mineurs et la tragédie qui a frappé ce village. Déjà, dans la réalité toute la polémique était née du fait qu’il était bien meilleur que le vrai prêtre et n’avait pas hésité à s’éloigner du dogme officiel mais les gens étaient satisfaits et il avait attiré de nouveaux fidèles. 

Bartosz Bielenia qui joue le personnage de Daniel est impressionnant : il joue aussi bien le jeune délinquant prisonnier de ses pulsions que l’être fragile et sensible saisi par la grâce. Une vraie prouesse. Finalement il sait parler à ces villageois endeuillés et en colère, les mettre en face de leur colère et tout ce qu’elle engendre, ainsi qu’à la jeunesse désœuvrée qui s’ennuie. 

Nulle moquerie de la religion dans ce film, au contraire même. Daniel aurait-il été attiré par cette voie s’il n’avait pas eu ce passé difficile ? Peut-être pas mais ce film a aussi le mérite de nous montrer une Pologne loin des villes aux prises avec ses contradictions. Le réalisateur précise : « Depuis que nous sommes rentrés dans l’Union européenne, les gens parlent à nouveau des valeurs fondamentales. Le conservatisme et le libéralisme s’affrontent. Notre pays a enduré beaucoup d’épreuves sur le plan historique. Mais aujourd’hui, nous sommes capables d’en parler et nous avons trouvé un équilibre. Nous débattons de ces valeurs comme nous débattons de la place de l’Eglise dans la société. Mon film reflète cet esprit très polonais. Parce que des gens se sentent exclus de la marche du monde, de la révolution numérique, ils se sentent abandonnés et se tournent vers une politique conservatrice. »

Même si ce prêtre new-look ressemble fort à un prédicateur et, bien qu’il conduise les paroissiens à une réflexion sur leur conduite, sur la durée il n’aurait sans doute rien eu à envier à un autre personnage, Elmer Gantry, le charlatan, incarné par Burt Lancaster dans le film éponyme sorti en 1961, réalisé par Richard Brooks. 

Deux très beaux films. 

Laurence

Les Yeux Noirs-Nikita Mikhalkov

Voici un film de 1987 loué par les journalistes et qui reçu une standing-ovation du Public au Festival de Cannes, promis à la plus grande récompense du Festival , il n’y a rien obtenu, excepté le Prix d’Interprétation pour Marcello Mastroianni…

Après le superbe Michel-Ange ce film italien réalisé par le russe Andreï Konchalovsky, j’ai repensé que son frère Nikita Mikhalkov lui aussi en 1986 avait réalisé un film Italien-Russe, ou l’inverse : Les Yeux Noirs.

Les deux frères sont deux grands cinéastes. De Mikhalkov, rappelons-nous le souffle de ses films : Urga,  Soleil Trompeur, Le barbier de Sibérie… Dans les « Yeux Noirs », qui leur est postérieur, tout est remarquable, le scénario, il s’inspire de trois nouvelles d’Anton Tchekhov : « La dame au petit chien » « Ma femme », et « Anne au cou ». Les prises de vues sont belles, particulièrement les plans larges. Quant au  Casting, Mikhalkov a confié le rôle principal à Marcello Mastroianni (Romano), avec lui la touche Tchekhov se conjugue à la touche italienne. Marcello c’est l’Italie, avec le grain de folie, l’élégance, l’humour. Ajoutons trois actrices de premier plan, le premier rôle féminin est tenu par Elena Sofanova (Anna), il y a aussi, Silvana Mangano (Elisa), Marthe Keller (Tina). Le début du film est simple :

Lors d’une traversée sur un paquebot  de touriste, un Italien marié raconte à un homme de rencontre ses déboires sentimentaux avec une Russe également mariée.

Imaginez,  nous sommes au début du siècle dernier, l’histoire commence par une rencontre de hazard entre deux hommes, l’un, Romano est Italien, la fatigue se lit sur son visage, il porte une veste blanche, d’un chic décontracté dont l’histoire nous révélera l’usage. Il est atablé devant un verre.  Le second est russe inconnu parlant italien, c’est un élégant septuagénaire, en costume blanc et canotier, il a soif, le bar est fermé. Romano d’un coup joyeux,  lui propose de partager une fraîche carafe de rosé, ils lient conversation.

Et le récit de Romano nous projette dans le somptueux palace italien de sa richissime épouse. Lui, de son côté, n’a jamais rien fait de sa vie, depuis ses études d’architecture. Il est puéril, espiègle, indifférent à la marche des choses, il somnole volontiers. Bref, il s’ennuie et se laisse vivre, entre deux facéties, sous le regard protecteur et bienveillant d’Élisa son épouse. Représentons-nous Mastroianni avec sa belle soixantaine, son humour, son charme naturel, lointain reflet de la Dolce Vita. Son seul projet, c’est de se rendre comme chaque année en cure, pour y soigner… quoi au fait ?

La maison de cure a pour décor Les Thermes de Montecalcino. Et là commence l’aventure. Disons que ce séjour où habituellement il se défoule,  le conduit à une bouleversante apparition, celle d’Anna, une femme au petit chien : « Sabatchka ».

En jouant Romano, Marcello Mastroianni y insuffle l’esprit, l’humour, le naturel de ses films avec Felini, et d’un seul coup, par la grâce du scénario, Romano devient fantasque, pour retrouver Anna, il part en Russie, et là, il y a du mouvement dans les grands espaces de la Grande Russie ; là s’exprime tout l’art du plan large de Mikalkov. Et puis, il y a les rencontres, la loufoquerie des personnages.

Voici un film classique et beau, bien écrit où se mêlent romantisme, humour, et une douce nostalgie. Mais comment se le procurer ? Certes le DVD mais le seul moyen d’échapper à son prix exorbitant, c’est de le trouver d’occasion, et je peux vous le prêter si vous voulez. Mais disons le tout net, le petit ecran n’est déjà pas la panacée pour le cinéma encore moins pour ce genre de film. Vraiment, l’idéal  serait qu’on puisse le projeter à l’Alticiné  un providentiel Ciné Culte !  

PS : 30/11/2020, je tombe sur un article de Jacques Siclier du Monde de 2003, il qualifie le personnage de Marcello Mastroianni (Romano) de paresseux et lâche. Je ne le trouve pas lâche… bien au contraire : Il veut rompre avec sa femme, mais cette rupture coïnciderait avec un ennui majeur dont elle est victime. Alors, il y renonce et c’est un douloureux dilemme que Marcello joue merveilleusement.

Rebecca-Ben Wheatley

J’ai vu le remake de Rebecca

Rebecca réalisé par Ben Wheatley avec Lily James, Armie Hammer et Kristin Scott Thomas sorti le 21octobre sur Netflix.

Synopsis : Une jeune femme plutôt naïve épouse un riche veuf et part s’installer avec lui dans son manoir gigantesque. Mais elle constate que le souvenir de la première épouse maintient une emprise sur son mari et les domestiques.

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley… » On rêve déjà, nous aussi en entendant cette phrase. Le magnifique manoir anglais perdu dans les Cornouailles, l’innocente nouvelle Mrs de Winter dont nous ne connaîtrons jamais le prénom, la présence du fantôme de Rebecca, la précédente épouse mystérieusement noyée en mer alors qu’elle faisait du bateau au large de Manderley. Autant le dire tout de suite, Hitchcock peut dormir tranquille, cette nouvelle version ne nous fait pas trembler une seconde. Les personnages principaux sont trop lisses, il y a des longueurs (cette nouvelle manie de faire des films de plus de deux heures) mais c’est beau à regarder et, comme nous connaissons l’intrigue, nous nous laissons faire. Seule Kristin Scott Thomas incarne à merveille la terrible gouvernante Mrs Denver et la scène mythique du bal est très réussie.

Mais si l’on y réfléchit bien, cette Rebecca qui nous est montrée sous un jour si sombre n’avait qu’un défaut, vouloir s’émanciper et vivre à sa guise dans ce manoir figé dans le passé et les convenances. Et nous appelons happy end un féminicide non puni et admis par la nouvelle épouse. Aïe, je me fais du mal, j’ai tellement aimé ce roman lu à l’adolescence et le film de Hitchcock. Au cinéma et en littérature, tout est permis… Non ?

Laurence

Le Journal de Dominique (6) Cecil B.DeMille à la Cinémathèque

Les Conquérants du Nouveau Monde

The Squaw man

Rétrospective Cecil B. DeMille à la cinémathèque. L’idéologie que trimballe Les Conquérants du Nouveau Mondeest fort déplaisante : Indiens menteurs, traîtres à la parole donnée, et gloire aux Blancs défenseurs de libertés ne valant que pour eux, celle de piquer la terre des autres par exemple, et qui ne se laissent jamais abattre malgré les revers.

            A part ça, il y a quelques beaux moments de cinoche, comme celui où Gary Cooper faisant brûler de la poudre, sort d’un nuage de fumée comme une apparition surnaturelle dans le camp des Indiens qui s’apprêtent à faire passer un sale quart d’heure à Paulette Goddard attachée entre deux poteaux les bras en diagonale, elle est très sexy Paulette avec ses cheveux épars et dans ses jupons blancs que déchirent des Indiennes vindicatives sans doute jalouses de sa beauté de Blanche, tandis que Gary abuse momentanément le chef (qui est Boris Karloff déguisé) et son grand sorcier (sont-i bêtes ces sauvages) à l’aide de la magie d’une boussole, ce qui lui permet de délivrer Paulette et de prendre la fuite  avec elle jusqu’à ce que les Indiens dessillés les poursuivent sur une rivière avec des rapides et une chute mais Gary et Paulette s’attachent ensemble avec une ceinture et Gary attrape une branche d’arbre qui dépassait par là et tous deux atterrissent sur un rocher et les indiens qui voient leur canoë retourné en bas les croient noyés et abandonnent la chasse, et on voit un gros plan des pieds de Paulette chaussés d’escarpins qu’elle n’a pas perdus dans la furie des eaux, et dans le plan suivant elle a des mocassins que lui a confectionnés Gary c’est quand même plus pratique pour marcher dans la nature sauvage.

            Mépris déjà pour les Indiens en 1931. The Squaw man est un lord anglais qui s’est exilé dans les plaines du Far West, est sauvé par une squaw qu’il épouse et dont il a un fils, et quand ses amis du Vieux Monde débarquent pour le faire rentrer chez lui, il dit non, je ne peux pas abandonner ma femme je lui dois la vie et que deviendrait-elle, mais il se laisse convaincre de laisser partir son fils afin qu’il reçoive une éducation digne de ce nom à Oxford ou Cambridge sinon il deviendra comme son grand-père indien un pas grand-chose alcoolique. 

C’est pas joli joli tout ça.

   Samedi 4 avril 2009

Les Dix Commandements

            Ma déception est à la mesure de mon attente.

            Déjà indisposée avant le générique : une scène de théâtre aux rideaux fermés, un homme les écarte, apparaît, se plante devant le spectateur, ce doit être Cecil B. De Mille himself. Et là, il nous inflige un sermon sur Dieu. L’esclavage d’un peuple par un autre c’est pas bien, je suis d’accord, mais si la solution c’est seulement Dieu (God, God, God, il en a plein la bouche), là je dis non. Dieu aussi rend esclave. Y’en a marre de Dieu.

            En plus, c’est boursouflé, son film, c’est ridicule ! La moumoute de Moïse quand il a rencontré Dieu ! Avant, il avait le poil normal, Charlton Heston, des petits cheveux courts et châtains (il y a bien cette natte, sur le côté, un chouïa ridicule, moins ridicule cependant que lorsqu’elle pendouille du crâne lisse de Yul Brynner qui a l’avantage, sur Charlton, de bien porter la jupette). Après, un brin ébouriffé il est, surtout la deuxième fois, super brushing en arrière, ah ! ça décoiffe de voir Dieu. Ça fait pousser les cheveux aussi, il en a bien plus épais qu’avant, un vrai miracle, et c’est ce qu’il me faudrait à moi aussi, marre de perdre les miens rien n’y fait. Dieu comme lotion anti-chute, voilà qui le rendrait un peu utile.

  Jeudi 31 octobre 2013

Nelly Kaplan (1931-2020)

NELLY KAPLAN [ca. 1970] French photo of film director ...

« j’ai toujours été libre »

Nelly Kaplan, écrivaine et cinéaste est morte hier.
Partie rejoindre Bernadette Laffont, et Abel Gance, Philippe Soupault, André Breton, André Pieyre de Mandiargues, Pablo Picasso, Jean Chapot …
Sa liberté nourrit sa vie de tant de belles rencontres !
La fiancée du pirate, refusé d’abord par 23 producteurs alors qu’il avait l’avance sur recettes, fut sélectionné à la Mostra de Venise et devint un film culte.
Nelly Kaplan continua sa route de cinéaste, d’écrivaine, de scénariste. Elle choqua. Elle choqua les féministes aussi .
Sa liberté et son goût pour le plaisir, l’argent et la provocation étaient (alors, toujours) insupportables.
Elle vécut comme elle voulut. Libre.

« …C’est moi qui invite,
C’est moi qui vous quitte,
Sortez de ma danse,
Moi, je m’balance,
Parmi tous vos désirs,
Vos médisances,
Moi, je m’balance,
Sans adieu ni merci,
Je vous laisserai ici,
Sans adieu ni merci,
Je vous laisserai ici,
Car j’m’en balance,
J’m’en balance,
J’m’en balance,
J’m’en balance… »

Michel-Ange (Il Peccato)Andreï Konchalovsky-Portrait de l’artiste en enragé

En souvenir de notre W.E Italien voici, avec l’aimable autorisation d’Herodote.net, cette belle revue d’histoire, un article d’Isabelle Gregor.

21 octobre 2020. Andreï Konchalovsky a relevé le défi de porter Michel-Ange au cinéma, avec Alberto Testone dans le rôle-titre. Le réalisateur russe s’était déjà illustré en cosignant le scénario d’Andreï Roublev (1966, Andreï Tarkovsky). Il s’attache à montrer cette fois-ci l’artiste confronté à ses mécènes et à ses propres tourments…

Disons-le tout net : si vous souhaitez découvrir Michel-Ange et son œuvre, n’allez pas voir ce film. On sent bien que le réalisateur russe Andrey Konchalovsky, lauréat de deux Lions d’argent à Venise, n’est pas là pour pallier aux cours d’histoire de l’Art du collège.  

Vous ne saurez donc rien de l’origine du talent de cet artiste et de son parcours jusqu’à la réalisation de la Chapelle Sixtine. Vous ne pourrez en sortant d’une séance vous targuer de détenir enfin la clé de son génie de peintre, de sculpteur et d’architecte. Enfin n’espérez pas mieux comprendre ses difficultés d’homme de la Renaissance perdu au milieu d’une époque aussi brillante que dangereuse.

Tout cela, il faudra le chercher ailleurs, même si le film tente d’expliciter les querelles de clocher qui l’ont amené à se mettre successivement au service de deux puissantes familles, les Della Rovere et les Médicis.

Ambition, cupidité, trahison… Les « péchés » qu’évoque le titre du film sont ceux d’un être pathétique, mangé par le doute et la paranoïa mais prêt à tout pour assouvir sa quête d’absolu.

Trop orgueilleux, Michel-Ange ?

Certainement : il n’y a qu’à compter les projets démesurés qu’il n’a pu faire aboutir, à commencer par le tombeau du pape Jules II autour duquel tourne une bonne partie de l’intrigue.

Nous sommes bien face à une « canaille divine » que le réalisateur ne cherche nullement à rendre sympathique mais dont il tient à dévoiler les déchirures.

Pour cela, il s’appuie sur la beauté des décors de la Toscane, bien sûr, mais aussi sur une reconstitution poussée de l’époque, allant jusqu’à recréer une Chapelle Sixtine en travaux plus vraie que nature. Mais ce souci de reconstitution est tellement poussé qu’il en devient parfois pesant. On peut en effet trouver quelque peu artificiel que marmots, poules et contenus de pots de chambre traversent l’écran toujours au bon moment…

On peut reprocher un montage trop haché, notamment au début qui nous promène d’un bout à l’autre de l’Italie sans ménagement et au risque de nous perdre. Heureusement le film prend plus d’ampleur dès lors que la caméra s’arrête dans les montagnes de Carrare pour quelques scènes qui, enfin, créent chez le spectateur un léger frisson d’inquiétude. Un peu de suspense, enfin ?

Finalement, on ne peut tenir rigueur à ce Michel-Ange de ne pas être un film hollywoodien trépidant où l’on aurait convoqué tous les génies de la Renaissance avec reproduction bien visible de leurs œuvres les plus connues. Ce n’est pas son but. Il s’agit avant tout du portrait d’un homme habité par son Art au point de se perdre dans ses propres rêves. Tant pis pour les personnages secondaires qui apparaissent du coup bien pâlots. Mais les quelques images de détails de ses œuvres, lors des dernières secondes, suffisent à elles seules à témoigner de la force de ce génie, finalement si fragile.

Isabelle Grégor