Les Filles de Joie-Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne.

Synopsis : Axelle, Dominique et Conso partagent un secret. Elles mènent une double vie. Elles se retrouvent tous les matins sur le parking de la cité pour prendre la route et aller travailler de l’autre côté de la frontière. Là, elles deviennent Athéna, Circé et Héra dans une maison close. Filles de joie, héroïnes du quotidien, chacune se bat pour sa famille, pour garder sa dignité. Mais quand la vie de l’une est en danger, elles s’unissent pour faire face à l’adversité.

Mardi 20 heures, jour de cinéday, pour nous, premier retour à l’Alticiné, nous sommes 3 dans la salle 8 pour voir Filles de joie un film réalisé par Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne. C’est un couple, elle est actrice et scénariste, lui est réalisateur. Les filles de joies sont interprétées par Sara Forestier (Axelle), Noémie Lvovsky (Dominique), Annabelle Lengronne (Conso).

Curieux film,  trois femmes qui ont en commun que d’habiter la même cité vont se prostituer de l’autre côté de la frontière. Et, le film balance lieu ouvert, lieu clos, lieu ouvert… Deux de ces femmes sont chargées de Famille, Axelle a trois jeunes enfants, qu’elle élève seule, apparemment son ex-mari Yann (Nicolas Cazalé) est interdit d’approche. Dominique est infirmière, elle nourrit un fils et une fille adolescents qui ont bien des besoins, et un compagnon Boris (Sergi Lopez). Quant à Conso, la troisième, elle est seule, elle peut espérer devenir technicienne de surface, ce qui ne correspond pas exactement à ses aspirations (épouser un prince charmant). Le film n’abuse pas de la situation professionnelle de ces dames et ne fait pas de nous des voyeurs. Il lui faut tout de même montrer le cadre d’exercice, la prostitution en maison close :  Champagne, talons (très) hauts, ambiance Toulouse Lautrec au 21esiècle et quelques pudiques situations de travail.

Ces femmes sont davantage montrées dans leur vie ouverte, avec leurs progénitures  avides, près d’hommes  de différentes qualités : compagnon désœuvré, ex-mari persécuteur,  prince perfide, petits machos débiles de quartier. Bref les « clients » ne sont pas tant dans la maison close qu’à l’extérieur, dans leur vie quotidienne. Une vie  ouverte à double tour en somme. 

La manière dont ces trois mousquetaires du sexe sont « une pour toutes et toutes pour une », dans leurs difficultés de vie quotidienne est parfois un peu expéditive et radicale mais, somme toute,  nous ne leur en tiendrons pas une rigueur excessive.

Georges

Et maintenant, on va où ?

Danièle, en me proposant avec Henri il y a quelques années de rejoindre la commission, tu as d’un coup embelli ma vie !  Je me souviens m’être sentie très honorée. Moi, à la commission des Cramés !
Tu ne doutais pas et ta confiance m’a donné confiance.
Ton regard était puissant, Danièle, il portait haut et dans tes yeux, on se voyait intéressant. Tu as aussi réussi à me convaincre de me lancer à présenter des films ! Une vie de Stéphane Brizé a été le premier. « Tu verras, ça sera de plus en plus facile » Tu m’encourageais et j’ai persévéré, guettant ton regard, moi aussi, toujours. « Ça allait ? »
Le temps avec toi a été trop court, tant de jours et tant de soirées manquent. Tant de déjeuners du mardi. Je voulais De toutes mes forces que ça dure toujours, Demain et tous les autres jours. Je me retiens de hurler
Ne croyez surtout pas que je hurle. En matière de films, on n’était pas toujours d’accord, on en discutait et on en riait bien ! Mes propositions en commissions te faisaient parfois sourire et je souriais aussi. Mais on se retrouvait sur beaucoup d’autres.
Danièle, tu avais la classe, la très grande classe, tu étais belle, rayonnante, comme éclairée de l’intérieur.
Nous étions amies. Quelle chance j’ai eue !
« Et souvent, quand un jour se lève, triste et gris
Quand on ne voit partout que de sombres images,
Un rayon de ciel bleu glisse entre deux nuages
Qui nous montre là-bas un petit coin d’azur » (Maupassant lu par Judith Chemla dans Une Vie)
Même César doit mourir.
Danièle, je te garde dans mon coin de ciel bleu et je vais t’envoyer désormais plein de dialogues et d’images que tu partageras avec tous Les Biens aimés qui sont à tes côtés, Derrière la colline, dans La Chambre bleue, où un jour, passant alors D’une Vie à l’autre,  je te rejoindrai pour L’Echappée belle. Voilà ce que je souhaite. I wish !
Pour l’heure, je vais goûter encore un peu le sel de la vie, Le Sel de la Terre, je vais garder encore un peu … comment ça s’appelle déjà ? tu sais cette pierre qu’on pose devant soi… à qui on confie tout ce qu’on a sur le cœur … On lui parle, on lui parle … Et la pierre écoute, éponge tous les mots, nos secrets, Les secrets des autres, jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate. Et ce jour-là, on est délivré de toutes ses souffrances, de toutes ses peines… versant alors des Larmes de joie … Comment appelle-t-on cette pierre, déjà ? »
Ah, oui ! Syngué Sabour

Marie-No

RENDEZ-VOUS À KIRUNA, DANIÈLE

                 Danièle, en me proposant avec Henri, en février 2009, ainsi qu’à quelques copains– Françoise, Bruno, Dominique, Érick, Jean-Loup, futurs membres actifs − de créer l’association des « Cramés de la bobine », ce nom improbable et pourtant si porteur, en hommage au livre de Roland Duval, tu as enchanté et réenchanté ma vie qui tanguait un peu en ce temps-là : c’était à Courtepaille, qui allait devenir, avant la salle de réunion d’Alticiné, notre quartier général, le restaurant rapide et pratique, en face du cinéma, et instaurer le rituel familier du mardi soir où l’on se mettait en appétit, disponibles et fiévreux, pour les saveurs épicées, les ragoûts si variés et plantureux que tu avais testés, que nous allions avec toi mijoter avec amour. Le service n’était pas toujours rapide et tu manifestais parfois quelque impatience auprès du serveur : tu ne voulais pas faire attendre les invités de la grand-messe culturelle que tu présidais, de ta voix nette, de ton élocution posée, impeccable − articulation parfaite, texte rédigé, tiré au cordeau, que tu disais avec une simplicité impérieuse, sans effet de manche ni expressivité surjouée (comme dans un film, l’émotion vient après, pas Avant l’aube et sans Coup d’éclat ; elle n’a pas à être prise par la main ni même suggérée !) ; élégance morale et vestimentaire – veste noire, foulard joliment noué – discipline pour soi-même et suprême politesse pour les autres − tu lisais avec ton autorité tranquille, ta passion maîtrisée et minutieuse, un long discours : tout y était prévu, encadré, du rappel des missions et activités de notre association à la présentation organisée du film, du réalisateur, des acteurs principaux, du contexte historique ou de thématiques éclairant la compréhension du film, pour entrer en douceur, sans effraction, dans la salle obscure. Oh que j’aimais, que j’appelle encore de mes vœux ces minutes d’attente, de palpitation bavarde entre habitués, d’agitation pourtant déjà concentrée sur le spectacle, le lever de rideau qu’Henri et toi avez su rendre à la fois un peu magique et faussement désinvolte ! Ce rituel aussi, après la présentation, du silence, de l’attente, quelques minutes avant de lancer le film, Henri se levant, silhouette féline et souriante, pour prévenir l’opérateur que la séance peut vraiment commencer – va-et-vient furtif mais discret, entre l’art, déjà souverain, et la vie, la réalité à nouveau entrevue mais vite congédiée pour 2 ou 3 heures. Et, attention, tu veillais au grain, pas plus de 10 mn de présentation, pour aller à l’essentiel, ne pas ennuyer le spectateur, ne pas déflorer surtout son plaisir, ne pas lui raconter la fin – Henri le rappelle souvent. Règle dure pour les exaltés que nous sommes parfois, l’exubérance généreuse de Françoise, ou mon souci maladif, encore scolaire, d’une impossible exhaustivité. Ça nous a parfois agacés, en commission de programmation, enfin quoi, la littérature triomphante, la passion débridée contre le respect du public, les règles de la communication qu’en professeur d’économie-gestion, tant aimés de vos BTS Force de Vente (à l’époque), vous connaissiez pourtant et gériez au mieux. Nous étions déjà depuis longtemps collègues au lycée en forêt où nous partagions des BTS ; nous nous voyions et nous discutions assez souvent mais je te connaissais encore assez peu. Je te trouvais déjà à la fois impériale et familière au milieu de tes étudiants, qui vous appelaient, je crois, par vos prénoms, et passaient chez vous aussi parfois : ayant toujours rêvé une alliance funambulesque d’autorité et de proximité avec les élèves, je fantasmais un peu, dans ma matière générale mais pas…principale, le français, sur la relation que vous aviez su instaurer avec vos élèves ; vous passiez beaucoup d’heures avec eux, alliez les voir en stage…Déjà, sans le savoir peut-être, tu te préparais d’autres disciples et amitiés : vous filmiez les actions de vente et en débattiez  avec Jean-Mi, je crois…

Quelques années après, ces soirées-débats, prévues dans le moindre détail, comme tu sauras les présenter, cultiver l’écoute dans un exercice difficile où l’animateur doit ménager un équilibre subtil entre sa parole avisée, plus ou moins érudite et les questions ou interventions spontanées des spectateurs ! Apprendre à écouter, il me semble que c’est aussi cette faculté rare, à travailler sans cesse, que tu nous as léguée, en intervenant toi-même assez peu, ou en fin de débat, pour recadrer, compléter, ouvrir une perspective… J’imagine que Delphine, Laurence, Maïté, Marie-No, Pauline, Sylvie, Arthur, Georges ou Jean-Loup me rejoindront mais je n’ai jamais animé une soirée-débat sans éprouver un… petit pincement au cœur à la fin du film, au moment où les lumières se rallument, instant de flottement, rêverie du spectateur comme à la fin d’une nouvelle fantastique de Barbey d’Aurevilly ou silence respectueux de la parole à venir qui attend parfois pour se décanter (timidité ou travail de l’autre en soi ?) l’entrée de la salle, le hall, voire la sortie d’Alticiné. Comment faire émerger cette parole sans la parasiter par un discours univoque ou la poursuite inavouée d’une présentation qu’on estime à tort ou à raison incomplète ? Comment ne pas trop prolonger pourtant ce silence si personne ne se décide à intervenir ? Plus d’une fois, j’ai regardé vers toi et Henri, à vos places habituelles, à droite aux premiers rangs mais pas tout à fait devant : se mettre de côté en apparence pour mieux être avec nous, mais avec le recul, voire l’effacement nécessaires. Plus d’une fois, j’ai quêté ton regard, ton assentiment pour savoir si ça allait, si ma parole était à la fois assez ferme, présente et discrète, même s’il est vrai, Henri, que je ne parle pas assez fort ni vraiment dans le micro…Eloigné de Montargis par mon nouveau poste et en retrait des Cramés ces dernières années, je craignais un peu d’avoir perdu la main : mais à chaque fois, je rencontrais ton sourire radieux et apaisant. 

            Que de rendez-vous amicaux et culturels cette année fondatrice de 2009 n’avait-elle pas inaugurés ! Il Divo, glacé et majestueux chassé-croisé politique – reflets infinis, longs couloirs − sur le trouble Andreotti, ex-président du Conseil italien, Jaffa, bouleversant « Roméo et Juliette » entre une jeune femme israélienne et un mécanicien palestinien, The Square, thriller australien que Martine Nicolas avait projeté, en séance spéciale… pour nous deux, que je devais présenter et auquel je…n’ai jamais rien compris ! Bonjour l’angoisse…Oh, le choc de Doute de John Patrick Shanley, de La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld, parmi nos premières programmations de mars, une vérité prétendument pédophile qui se dérobe, une violence folle qui éclate, l’école pateline ou explosive ! Une directrice d’institution religieuse mielleuse et perverse, un proviseur dépassé dans un collège sensible : un enseignant traîné dans la boue, un autre prenant ses élèves en otage. Le doute persistant pourtant sur le père Flynn, la certitude terrible de l’irréparable pour Sonia : deux destins brisés incarnés par Philip Seymour Hoffman et Isabelle Adjani ! J’étais rivé à mon fauteuil : j’en prenais plein les yeux, plein l’esprit, plein le cœur. 

Avec l’émotion d’une jeune épousée, j’attendais le film du mardi soir, les rétrospectives de novembre, hommage à un réalisateur encore vivant, le week-end printanier des jeunes réalisateurs, promesse bénie par l’ami critique, le facétieux Alain Riou, et bientôt le film du patrimoine du dimanche soir qui accueillerait les rares fidèles d’entre les fidèles (dur de sortir une veille de reprise mais c’est quand même mieux qu’Arte, non ?), le documentaire du lundi soir, attirant un large public…Des rendez-vous multiples et réguliers, bien plus variés qu’il n’y paraît, avec leur lots de surprises et leurs valeurs sûres, estampillées « Ciné-Culte » comme un cinéma de minuit. Georges allait ajouter le week-end de cinéma italien avec le critique et universitaire Jean-Claude Mirabella rencontré à Prades, qui deviendrait aussi un ami. Dans cette soif insatiable de culture, d’émotions, de rencontres amicales que tu nous as insufflée, tu as été à la fois d’une profonde modestie, invitant critiques, acteurs et réalisateurs à venir à notre rencontre, comme un insigne honneur que tu nous faisais, pour délivrer une parole de spécialiste mais aussi et surtout d’une ambition dévorante : car, outre la régularité métronomique des séances, la multiplication des événements, soigneusement répartis en films français, étrangers, primés et « coup de cœur », tu as apposé, sinon imposé, le label « Cramés » sur toute la culture montargoise, prêtant ainsi notre voix à maintes associations, telles Femmes solidaires ou l’Association Agir pour la Palestine , pour présenter un film et animer un débat. 

Mais l’aventure des Cramés s’est aussi déplacée, enrichie, et comme recréée en migration saisonnière, en transhumance étonnée dans les Pyrénées-Orientales, non plus en animateurs avertis, mais en spectateurs étonnés et privilégiés du festival international de Prades, 10 jours de rêve fin juillet pour les Ciné-rencontres. La première année, on avait loué tous les 5 une maison avec Françoise, Jean-Loup, Henri et toi, La Belle équipe en somme pour Quatre nuits avec Anna et tant de promesses de Nuit américaine (le baquet d’eau froide sur tes reins, Françoise, par-dessus la porte de la douche, c’était pas Jean-Loup, c’était…moi !) : on logea ensuite à la pension Hostalrich où Annie, Éliane, Marie-No, Martine, Marie-Annick et Georges nous rejoignirent par la suite ; avec le déjeuner rapide dans le jardin et le dîner à la pizzeria, on retrouvait, mais en plus détendu, en plus classe (attention !), les émotions, attente et impatience mêlées, de Courtepaille : arriver assez tôt pour avoir une bonne place, ne pas rater la présentation du film. Entrés au Lido, les irréductibles Cramés, avec leur présidente et leur secrétaire quasiment officiels et salués par les organisateurs, s’y muaient en aficionados d’une culture plus populaire, moins guindée qu’à Cannes sans doute, des admirateurs… en résidence, en somme, qui avalaient, un peu groggy parfois en sortant de la salle, leurs 4 films quotidiens, sans oublier les courts métrages (avec le choix final du public, il ne fallait pas les prendre à la légère !), les présentations et débats, souvent animés, ponctués de brillantes interventions. On se régalait aussi de l’affichage critique abondant du hall, de la salle au dernier étage, où se désaltérer et contempler des expositions, du frôlement subit et inopiné d’une silhouette connue et pourtant irréelle (Jean-Pierre Darroussin, Lucas Belvaux) dans le jardin de l’Hostalrich où Nanou attendait ses fidèles pour un repas associatif : on y mangeait, faussement naturels, franchement émus, sur un coin de table, pas trop loin du cubi de rouge ou de rosé tout de même, en lorgnant avec une admiration gênée ou une timidité farouche sur la table centrale où Robert Guédiguian plaisantait avec Dominique Blanc. On rêvait d’échanger avec eux quelques mots, mais comme par inadvertance, en interlocuteur avisé, voire détaché bien sûr près de la fontaine ou du laurier-rose, pas en groupie transie ou confite en émotion cinéphilique. Quand on avait obtenu, n’est-ce pas Françoise ?, griffonnée au coin d’une carte postale, une petite dédicace, mazette !, de l’invité d’honneur du festival, Atom Egoyan, on n’était pas peu fier ! Au milieu des bénévoles qui travaillaient avec les viticulteurs et maraîchers du coin, il paraissait bien difficile de trouver le circuit court pour aborder  − affronter ? – une légende vivante du cinéma – et pourtant, après tout, on était aussi un peu venus pour faire incidemment notre marché d’invités montargois à la saison prochaine, pas vrai ? N’avait-on pas pris langue gâtinaise avec le truculent Jean-Pierre Darroussin, avec la lumineuse Solveig Anspach ? Tu y vas ? Ou on attend la séance de 14 h 00 ? On peut aussi profiter de la cohue et de la fébrilité du hall à la sortie du film, entre la caisse et la table des dédicaces attendues. Une rencontre, ça se provoque, non ? On attend, nous disais-tu fermement, Danièle ; et effectivement, plus tard, dans l’impromptu d’une conversation, dans l’échange spontané sur la séance, de l’air de rien, contact était pris, adresses ou numéros notés, par toi ou Henri.

Être Cramé, et surtout responsable des Cramés, ce n’est pas un hobby, ni même une passion de retraité, c’est un métier à plein temps, même en vacances, où l’on anticipe et prépare commissions de programmation, week-ends-événements ou assemblée générale : cette vigilance culturelle, cette acuité intellectuelle se doublait chez toi d’une autorité tranquille qui aurait pu passer pour cassante, d’un calme souverain qui pouvait sembler un peu hautain à qui n’eût pas connu ta sensibilité à fleur de peau, ton exigence morale, ta haine de la tiédeur et de la médiocrité. Les scenarii cousus de fil blanc, le rire gras des comédies un peu beaufs, les stars fourvoyées dans des nanars qui attirent tant de spectateurs au détriment du cinéma d’art et d’essai ? Pas son genre à notre Danièle ! Une programmation élitiste, dans le cadre grand public mais financièrement sécurisant d’Alticiné que nous a offert Martine Nicolas ? Que ou presque que des sujets graves ? Sans doute mais tu assumais parfaitement : c’était le prix d’une émotion vraie et subtile, un Beau soleil intérieur qui nous éclairait, des Gouttes d’eau sur pierres brûlantes du quotidien, pour parodier deux de tes cinéastes-fétiches : Claire Denis et François Ozon. Féminisme et intimisme qui te seyaient si bien, complexité d’une double culture ou des relations familiales…      

            Tout récemment, j’ai fait un étrange rêve, que je ne vous raconterai pas – ni n’interpréterai. (J’ai déjà du mal à comprendre comment je fonctionne en mode veille !). Un film, en fait, est revenu à ma mémoire : des images douces et amères de Quelques heures de printemps, de Stéphane Brizé, ont ressurgi, avec Vincent Lindon, ce garçon si maladroit, si taiseux, ex-routier et taulard qui retrouve sa mère – leur relation est si conflictuelle ! – et qu’il accompagne sur son dernier chemin de vie en Suisse, dans un établissement spécialisé. Quitter la vie avant qu’elle ne se dérobe lentement et lâchement…Vincent Lindon, cet acteur immense, farouche et instinctif, que nous avions programmé, si je puis dire, dans Mademoiselle Chambon, du même grand cinéaste, et que nous allions retrouver dans ces chroniques sociales, d’une grande force,  chères aux Cramés : La Loi du marché et En guerre. Aujourd’hui, nous sommes un peu cet enfant qui n’a pu t’accompagner, que tu as dû quitter si vite, trop vite : tu lui as laissé moins une culture, un héritage impressionnants (on approchera fin 2020 les 1000 films en 11 ans de Cramés), que des milliers d’étincelles qui crépitent en nous, des images qui se bousculent ou papillonnent, de la perfection glacée de Kubrick à la folle exubérance d’Almodovar en passant par l’âpreté sociale de Ken Loach ou les tourments familiaux de Kore-Eda.  

            Rendez-vous à Kiruna, Danièle, toi qui es partie, la même semaine que Michel Piccoli et Jean-Loup Dabadie – on rediffusait dimanche soir Les Choses de la vie de Claude Sautet et je n’ai pu m’empêcher de penser à toi, à la classe toute de mélancolie de ces monstres sacrés du cinéma, chacun dans son domaine. Oui, tu nous quittes pour une étrange Rumba ou une Échappée belle à l’ombre des Acacias. Veillée par les Trois singes tutélaires de Nuri Bilge Ceylan que tu aimais tant, avec cette distinction, ce sourire de sphinx, ce port de tête altier digne du Guépard, tu sais, avec Visconti, que, si tout a changé, en fait, rien n’a changé. Tu es toujours là auprès de nous.  

Claude

Pour Danièle Sainturel

Amis Cramés de la Bobine,

Nous sommes tristes. Vous qui lisez ces lignes vous le savez sans doute. Danièle nous a quittés. Chère Danièle, notre amie, notre Présidente. Nous partageons tous en ce moment la même peine. Tant de beaux souvenirs nous lient ! Nous avons, chacun, de tendres pensées pour elle, nous aimions sa hauteur de vue, son élégance en tout. Nous pensons également à Henri qui partageait sa vie, Nous ressentons sa tristesse et celle de tous leurs proches et nous sommes avec eux.

Ensemble ils ont vu des milliers de films et nous en ont fait connaître des centaines. Avec les Cramés de la Bobine, à  l’Alticiné, Danièle  avait créé un lieu de partage, d’amitié, de convivialité. Avec sa disparition,  c’est une partie de la culture  du Montargois et bien au delà qui s’en va. 

Sans doute souhaiterez-vous témoigner. Le blog vous est ouvert. Vous pouvez envoyer vos messages à georges.joniaux45@orange.fr qui les mettra en ligne.  Par ailleurs et vous le comprendrez, nous reportons toute autre publication

Avec nos amitiés

L’Administration du Blog

Vu en prévisionnement : A perfectly normal Family-Malou Leth Reymann

A perfectly normal Family est un premier film (1h33) de la Danoise Malou Leth Reymann.

« Emma, une adolescente, grandit au sein d’une famille tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son père décide de devenir une femme.
Ce bouleversement au sein de cette famille aimante conduit chacun à se questionner et à se réinventer ».

Il y a nombre films sur les changements de sexe, du travestissement au transsexualisme. Nous en avons vu certains aux cramés de la bobine ou ailleurs. Cette histoire là est bien différente, c’est d’abord une histoire de famille.

Nous sommes avec des jeunes gens, elle, bonne maman, lui, bon papa, bons époux dans une famille moyenne, sympathique et tranquille. Un jour, au début d’un repas, la mère jette : « Nous allons divorcer! ». Le père est gêné, ne tient pas à en discuter. Et la mère ajoute : « Votre père veut devenir une femme ! » -Regard interrogatif et inquiet des enfants devant cette incongruité !-

Tout est là, dans cette vérité explosive. C’est un film qui n’esquive pas le problème, ne s’en tire ni par l’humour, ni par l’érotisme, ni n’importe quel autre artifice, mais prend le sujet tel qu’il se pose d’une manière radicale, celui de l’identité. On devine la souffrance morale pour cet homme, on imagine sa vie et ce que représente concrètement ce point de passage où il a prononcé la chose et où il va assumer de devenir irreversiblement femme… Mais le film ne s’en tient pas là, « Lui » qui est devenu Femme a deux filles. Qu’est-ce que ça signifie pour elles, et plus particulièrement pour Emma, adolescente en devenir ?

Le film avance par touches légères. Dans cette histoire, les malentendus ne sont pas toujours où on les attend. C’est un film juste et concret sur la vie quotidienne d’après. Comment et à quel prix l’aménager ? Est-il possible pour cette famille de retrouver une distance acceptable pour préserver ce qui les lie et continuer de s’aimer ?

Soulignons un jeu d’acteurs très maîtrisé, parfaitement dirigé. Un très beau film!

Vu en prévisionnement : Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux

Vers La Bataille : PhotoFilm français/colombien, 1h30
avec Malik Zidi, Leynar Gomez
sortie nationale prévue le 22 juillet 2020

Synopsis :Vers 1860, Louis, un photographe, réussit à convaincre un général de l’armée française de l’envoyer au Mexique pour prendre des clichés de la guerre coloniale qui y fait rage. Sur place, perdu entre les lignes, toujours à contretemps, Louis est incapable de trouver les combats et de prendre le moindre cliché. Sa rencontre avec Pinto un paysan mexicain auquel il va lier son destin, va le conduire à découvrir, non la gloire et l’argent, mais un moyen d’affronter les fantômes de son passé.

Vu même deux fois en prévisionnement.
La première fois, pas préparée, comme débarquée, le contexte, cette guerre menée par la France contre le Mexique à la fin du XIXème m’a désorientée.
Il faut pouvoir écarter l’époque pour voir le film.
Alors, la deuxième fois, j’ai vu la recherche par un père, précurseur du métier de photographe de guerre, d’un fils disparu. La recherche du cliché inexistant, inaccessible et impossible, L’obsession de la mort de son enfant, l’encombrement illustré par ces kilos de matériel dont il se charge et qu’il porte vers la bataille, l’ultime bataille, sur son lent chemin de croix, vers sa délivrance. Vu comme il lui faut souffrir et persévérer pour atteindre ses fantômes.
Pas convaincue la première fois par le choix de l’acteur principal, Malik Zidi trop jeune pour le rôle bien qu’il en ait l’âge. Vue, la deuxième fois, la pertinence de ce choix qui tend à se faire confondre le père et le fils dans une même chair.
Les deux fois j’ai été happée par les images magnifiques, signées David Chambille (Jeanne, En attendant les hirondelles) et la musique contemporaine de Stuart A. Staples qui colle si bien aux émotions, aux sentiments de Louis dans sa bataille intérieure.
Film très intéressant. A découvrir en salle.

Marie-No

ADAM- Maryam Touzani

J’ai testé la bibliothèque numérique que nous propose Agorame en allant voir sur la Boutique  UniversCiné comment ça se passait. Nous avons droit à 5 ou 6 films par mois, gratuitement, en streaming ou téléchargement. Mais je ne sais pas jusqu’à quand. (tant que les médiathèques sont fermées ?…)

Adam, fut mon « coup de coeur » donc je me permets de vous en dire quelques mots. Ce n’est pas une critique de film.

  • Réalisation :  Maryam Touzani
  • Scénario : Maryam Touzani et  Nabil Ayouch
  • Récompenses : prix Agnès au FIFF de Namur 2019 et prix le Valois des Étudiants Francophones au  (FFA), Festival du Film Francophone à Angoulème
  • Maroc France Belgique

Présenté dans la sélection Un certain regard à Cannes, en 2019 et sorti en février 2020, je ne suis pas sûre que nous ayons eu le temps de le voir à Montargis.

Samia, une jeune femme enceinte, a quitté son village marocain afin de ne pas porter  honte à  sa famille. Presque à terme, elle erre dans la médina de Casablanca en quête d’un travail et surtout d’un toit. Elle offre donc des services de « bonne à tout faire » moyennant gîte et couvert, elle n’en demanderait pas plus.

Mais les portes ne s’ouvrent pas facilement, et découvrant son état, les personnes sollicitées sont réticentes à employer une fille de mauvaise vie.

Un soir Samia (Nisrin Erradi) frappe chez Abla (Lubna Azabal) ; à l’étage la jolie frimousse rieuse d’une petite fille de 8 ans, Warda, nous laisse espérer…Las, la maman dit qu’elle n’a besoin de personne.

Abla est veuve, encore jeune, mais murée dans une austérité qui lui sert de carapace, lui permet entre autres, de repousser sèchement les avances du charmant Slimani.

Samia s’apprête à passer la nuit dehors dans une encoignure de porte, juste en face de chez Abla.

Cette dernière a du mal à trouver le sommeil et finit par aller chercher Samia, non sans dédain et brusquerie, afin qu’elle dorme à l’intérieur.

L’ambiance rigide et monotone de la maison va s’en trouver perturbée. Le film avance tout doucement sur la relation des deux femmes, qui tentent de s’apprivoiser.

Les plans sur les visages comme des tableaux de Georges de la Tour, clair obscur dans une lumière dorée : de très belles photographies.

Je ne vais pas raconter le film, ce serait un frein à le découvrir.

J’ai apprécié la sobriété, la justesse des propos, la sensualité qui se dégage d’un simple éclairage sur la peau huilée du ventre de Samia, l’intelligence de coeur de la petite Warda.

J’ai admiré le jeu des deux actrices  dans le rôle de deux femmes blessées et courageuses.

Oui, sobre et juste.

Annick

Michel Piccoli 1925-2020

Michel Piccoli, né un 27 décembre, est mort ce 12 mai, à l’âge de 94 ans.

En 1943, à 18 ans, il décide que sa vie sera vouée au jeu et il peut commencer son itinéraire en 1945, la guerre finie, sur les planches avec Vitaly, Michel de Ré, Douking, J.M. Serreau, Sundström, Vitold, Jean Vilar, Barsacq, J.L. Barrault, Peter Brook, Boulez, Bob Wilson … et sur les plateaux avec Christian Jaque, Louis Daquin,GettyImages 607404800 Le Chanois, Delannoy, Renoir, Astruc, René Clair, Buñuel, Chenal, Lorenzi, Melville, René Clément, Godard,
Michel Piccoli : 90 ans d'une légende - Le PointAgnès Varda, Costa-Gavras, Alain Resnais, Peter Ustinov, René Clément, Jacques Demy, Nadine Trintignant, Michel Deville, Marco Ferreri, Cavalier, Clouzot, Hitchcock, Allégret, Claude Sautet, de Broca, Faraldo, Girod, Rouffio, Tavernier, Bertuccelli, Bellocchio,
Avec Michel Piccoli dans Mauvais Sang, un film de Leos ... Granier Deferre, Ettore Scola, Lelouch, Youssef Chahine, Claude Chabrol,
Doillon, Leos Carax,
Louis Malle, Jacques Rivette, Manoel de Oliveira, Ruiz, Bonitzer, Marcel Bluwal, Bertrand Blier, Elia Suleiman, les frères Larrieu, Bonello, Angelopoulos, Nanni Moretti, Thomas de Thier, Bertrand Mandico …
Vertigineux

Michel Piccoli a mené sa barque au fil des temps de sa belle vie de comédien, nous a accompagnés, plaçant des marques et des repères, des histoires et des images qui se proposent chacune leur tour, selon les jours, à nos mémoires.
Merci d’avoir existé, merci pour tout ce que vous nous avez donné, merci pour tout ce que vous nous laissez.

Marie-No

Le ciné de Dominique : Mission top Secret-Alberto Lattuada (3)

Mission top secret

            Le film d’Alberto Lattuada intitulé Mission top secret et dont la projection est prévue à 19h, est ainsi résumé dans la brochure de la Cinémathèque : « Un agent secret, qui possède un anneau d’invisibilité, part à la poursuite d’un génie du crime ».

            18h 45 : les portes de la salle Henri Langlois sont toujours fermées.

18h 50 : grand bruit dans la queue devant nous, un jeune homme est tombé, on l’allonge sur le dos, des membres de la sécurité arrivent, on fait le vide autour de lui, le jeune homme est immobile, il va très mal, une vieille bonne femme morbide remonte la queue pour voir, elle parle de pistolet électrique, elle non plus ne va pas bien mais elle c’est dans sa tête.

18h 55 : les portes s’ouvrent, c’est pas trop tôt.

19h 05 : ça commence.

Prisonnier de Chinois qui le prennent pour un espion, un journaliste américain est attaché à un truc qui tourne à toute allure. Les Chinois parlent couramment italien entre eux ce qui, on l’avouera, n’est pas banal. Le journaliste, qui répond au nom de Perry Liston, résiste à la torture et est jeté dans une geôle où se trouvent déjà un véritable espion (joué par Henry Silva) vicieux et un vieux chinois qui, avant de mourir, lui remet une bague qui peut le rendre invisible pendant 20 minutes toutes les 10 heures, grâce à quoi il échappe au peloton d’exécution, tout d’un coup on ne voit plus qu’un tas de vêtements sur le sol, car bien sûr chemise et pantalon ne bénéficient pas du même traitement… 

(d’ailleurs plus tard dans un taxi new-yorkais Perry apparaît dans un imper remonté jusqu’au cou, avec gants, lunettes de soleil et chapeau, tel Claude Rains dans le film de James Whale, mais comme il n’a pas bandé son visage il y a des vides entre le col, les lunettes et le chapeau, et le chauffeur lui jette des coups d’œil effarés)

… et il se réfugie chez une nana, il prend une douche, les robinets tournent tout seuls, et la nana est une espionne pour le compte des Américains (qui parlent italien entre eux tout comme les Chinois) et c’est comme ça qu’il se retrouve à New York où il est engagé pour retrouver un truc très dangereux (ce que c’est au juste je ne saurais le dire, une arme ? de vilaines bactéries ? en tous cas, c’est un liquide rouge contenu dans des fioles) détenu par un vilain très méchant, et comme par hasard c’est Donald Pleasance qui l’incarne. 

Et voilà Perry parti pour Londres où une espionne brune l’attend à l’aéroport  (Henry Silva, qui veut s’emparer de l’anneau d’invisibilité, lui a téléphoné -depuis la Chine ?-) pour le suivre en catimini, et où il reçoit l’aide d’Ira de Furstenberg qui marche avec les Américains et a réussi à faire partie du lot de belles filles dont aime à s’entourer Donald, lequel organise le soir même un combat de boxe, occasion pour Perry de le rencontrer.

Mais soudain voilà l’espionne brune qui atterrit dans la cour d’un château (d’où il sort, ce château ?) en deltaplane. Elle se coule dans la chambre de Perry qu’elle entreprend de séduire et qui se laisse faire sans trop rechigner (il enlève ses chaussettes). Pendant ce temps-là, Ira se glisse jusque dans la pièce où se trouvent un très très (nous sommes en 1967) gros ordinateur qu’elle veut faire disjoncter, un informaticien chargé de le faire fonctionner et un écran de surveillance de la chambre de Perry où il apparaît allongé sur son lit avec la brune. 

Arrivés là, ça fait déjà quelques minutes que les sous-titres ont disparu de la bande électrique sous l’écran (bon, ça n’est pas trop dur à comprendre mais quand même) et alors la lumière se rallume dans la salle, c’est la deuxième coupure depuis le début (il y en aura encore une autre, ce qui fera trois au total) et je me tourne vers JC que ce changement n’a pas réveillé, il dort comme un nouveau-né, et au bout d’une ou deux minutes l’obscurité revient.

Les préparatifs du combat de boxe annoncé battent leur plein, les paris vont bon train et Perry mise 1000 livres contre le champion de Donald, lequel se marre parce que le combat est truqué bien sûr, un de ses complices hypnotise le challenger, le rendant tout mollasson et incapable de rendre les coups qu’il encaisse. Mais Perry a l’œil ! Se rendant invisible, il subtilise la grosse épingle qui retient fermé le kilt d’un spectateur écossais et en pique les mollets et les fesses du champion, permettant à l’autre boxeur de reprendre ses esprits et le dessus et à Perry de gagner 10 000 livres. Donald fulmine. Comme il n’a pas une aussi grosse somme sur lui, il invite son créditeur à l’accompagner en hélicoptère dans son château en Ecosse.

Sur ce, l’espionne brune atterrit dans la cour du château en deltaplane et là, les bobines ayant été remises dans le bon ordre, tout redevient (si on peut dire) logique. Elle se coule dans la chambre de Perry etc. et Ira qui a tout vu sur l’écran se précipite à sa rescousse, on croit que c’est par jalousie mais non, elle a deviné que la brune prépare un mauvais coup, elle sauve Perry et tous deux vont ouvrir le coffre de Donald qui ne contient que de l’argent, pas trace des fioles rouges mais celle d’un coffre-fort dans une banque allemande. Par là-dessus arrive Henry Silva qui, on ne sait pas comment, a réussi à se libérer des geôles chinoises. Il sème la pagaille parmi les sbires de Donald qui le prennent pour Perry, lequel s’enfuit avec Ira en hélico.

En Allemagne, tous les indigènes parlent italien (sauf deux conducteurs de locomotives, on se demande bien pourquoi), celui de l’employé de banque mâtiné cependant d’un fort accent allemand, sans doute pour faire réaliste. Les talents conjugués de Perry et d’Ira leur permettent de voler la mallette aux fioles rouges et, après s’être donné rendez-vous dans le port de Hambourg, chacun essaie d’échapper aux tueurs de Donald qui ont retrouvé leur trace (c’est ainsi que Perry et ses poursuivants se retrouvent avec leurs voitures respectives sur les wagons d’un train de marchandise dont les conducteurs parlent allemand, voir en début de paragraphe).

Perry et Ira se retrouvent au point de rendez-vous avec les Américains qui arrivent sur une vedette rapide, mais qu’est-ce que cela ? les Chinois et les Russes apparaissent aussi. Il ne reste plus à nos deux héros qu’à jeter la mallette au fond du port afin qu’elle ne tombe pas dans de mauvaises mains, ce que voyant Donald, entrant dans l’eau tel James Mason dans Une Etoile est née, se suicide avec beaucoup de dignité et Perry jette aussi sa bague, laquelle est récupérée par un individu dont nous ne connaîtrons pas l’identité (Donald ?), on ne voit que ses mains et le doigt sur lequel il l’enfile (prémices d’un deuxième opus ?).

                                                                                             Jeudi 14 février 2019