« Le Redoutable » de Michel Hazanavicius

Mai 68. Godard est à une période charnière de sa vie d’homme, de sa vie de réalisateur. Il a déjà tourné ses films majeurs dont le dernier en date « La chinoise ». Il cherche autre chose. Il est « en révolution » contre tout et surtout contre lui-même. Et il est amoureux d’Anne La Chinoise qu’il épouse. Godard est un monument et Anne l’admire et en est très amoureuse. Elle écrira cette époque et ce chapitre de sa vie  dans son livre « Un an après » qui aurait servi de trame au film d’Hazanavicius.
Ca donne « Le Redoutable » … une parodie de Godard, de son univers, de ses idées, de ses aspirations. C’est un film qui ne dégage  aucune énergie. On est la plupart du temps dans des appartements, dans la villa de Pierre Lazareff sur la Côte d’Azur au moment de « Cannes 68 n’aura pas lieu » semi traité. On se traîne … Même les scènes dans les amphis sont plombées ! Hazanavicius a choisi de faire une comédie, de tourner Godard en dérision. Pourquoi ? C’est quoi l’idée ? Un règlement de compte ? C’est insupportable, en fait. Un exemple : il était sûrement un peu « encombré » dans la vie pratique. Est-ce qu’il fallait lui faire casser ses lunettes 4 fois pour qu’on comprenne ? Il tombe, ses lunettes sont cassées, il se relève, myope, plissant les yeux, démuni (et là, Michel Hazanavicius, pour continuer sur la lancée, pourquoi pas tant qu’on y est,quelques pas de claquettes  ? ) Ou bien les scènes de dialogue JPG-AW au moment où le torchon commence à brûler, les sous titres pour nous dire ce qu’ils pensent vraiment en réalité !

Louis Garrel a bien travaillé le zozotement chuinté et le restitue parfaitement. Il semble ne penser qu’à ça. C’est un peu le problème : le film repose sur le défaut de prononciation et les blagues de Godard, la BA, quoi (Mr et Mme Nous ont une fille …). Encore un film qui se résume ou presque à sa BA ! Et ce qui est rageant c’est le portait d’Anne Wiazemsky par Hazavanicius. Ou est-il allé chercher cette évaporée si jeune et déjà éteinte. Il donne à  Stacy Martin un rôle sans consistance, sans aspérité, lisse, insipide qui ne correspond absolument pas à  Anne Wiazemsky ni à cette époque ni jamais.

Ce film est insignifiant, décevant. Mais je m’attendais à quoi au juste ?

Pourtant rIen n’aurait pu m’empêcher d’aller le voir. Très bonne promo.

« Bonne Pomme » de Florence Quentin

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Eh oui, j’y suis allée !
Je vais voir tous les films avec Gérard Depardieu. Je l’aime.

J’aime l’acteur et j’aime l’homme qui tend le bâton pour se faire battre, qui se suicide à petit feu en se jouant  » la grande bouffe » non stop, devenu quasi impotent, prenant des positions politiques plus que contestables, nouant des amitiés impossibles, provoquant le rejet.  Autant de signaux de détresse. Pas des appels au secours. Je pense qu’il ne veut pas être secouru. Il s’est lesté et a commencé sa descente depuis quelques temps …
En « Bonne Pomme », sur un scénario improbable, voire misérable, il est magistral dans le sens où il EST le garagiste … Et là, c’est très très fort !
Florence Quentin a eu pour ce film le (seul) talent de la distribution des rôles !  Le grand talent de choisir Gérard Depardieu pour le rôle principal et la chance qu’il l’ait accepté ! Pourquoi ? Qu’est-ce-qui fait que Gérard Depardieu accepte un tel rôle ? Il savait bien, au vu du scénario, que l’histoire n’allait pas loin, que tout ça était cousu de fil blanc … Florence Quentin le lui a sans doute vendu grace à sa une belle carte de visite de scénariste mais quand même … Ce qui l’a décidé, c’est peut-être  la perspective de retrouver Catherine Deneuve ?
Catherine Deneuve … Elle est presque Barbara, la restauratrice malheureuse mais comme, hélas, le temps fait son œuvre et  qu’elle a écouté le chant des sirènes (personne ne songera à lui jeter la pierre : vieillir pour une actrice qui incarnait la beauté à l’état pur doit être un calvaire), elle porte, désormais, un masque inamovible, son visage est figé. Ca nous fait mal quand elle sourit … Alors, dans le rôle de la toujours virevoltante Barbara, imprévisible, souvent saoûle, spontanée …
Tous les seconds rôles sont bien tenus. En tête Chantal Ladesou que j’ai trouvée très bien en Mémé Morillon.
Les décors : c’est tourné à Flagy, Seine et Marne (sud de Fontainebleau) et que dire ? Rien. Ca ressemble à des villages qu’on connaît par ici. C’est moche.
Pour rester dans le Gâtinais, on note que la vaisselle du restaurant de Barbara, c’est du Gien, décor Oiseau de Paradis.

Marie-Noël

L’amant d’un Jour de Philippe Garrel (2)

Ariane, ce lumineux « objet » du désir. 

Commençons par Gilles, brillant professeur de philosophie qui enseigne à l’université, il se distingue par une mise un peu austère, dépourvue de fantaisie, sauf peut-être lorsque dans sa chambre, il porte un pyjama vintage qui, Ariane ne dira pas le contraire, serait assez sexy. Son appartement désuet, pauvre, surchargé contraste avec son statut. Sa conversation, rigoureusement sobre ne valorise pas sa culture. Il partage avec Philippe Garrel cette aversion de l’esprit bourgeois. (Ces gens qui arrosent sans vergogne, tout à la fois, leurs géraniums et les passants).

Depuis peu, il a fait la connaissance d’Ariane. Ariane, dans la mythologie, c’est le fil mais c’est aussi l’abandonnée. Pour l’heure, c’est une belle jeune femme de 23 ans, au visage grêlé de taches de rousseur, aussi libre que l’air. C’est une séductrice, c’est elle qui l’a dragué à la faculté…Un peu plus que ça d’ailleurs, puisqu’ils ont passionnément, si l’on en croit les soupirs et râles d’Ariane, fait l’amour debouts dans les W.C réservés au personnel. Ce n’est pas d’un romantisme fou mais ça crée des liens. Ils vont décider de vivre ensemble.

Impromptue, arrive Jeanne chez son père. Elle rentre chez papa Gilles car son fiancé l’a quittée. Elle pleure et ses râles rappellent un peu ceux d’Ariane. Jouissance et douleur que deux plans rapprochent.

Lorsque Jeanne rencontre Ariane pour la première fois, au petit matin, dans la cuisine, elle lui dit : « tu es moins belle que ma mère » puis elle s’excuse. L’une et l’autre ont le même âge, elles vont devenir amies. C’est une amitié où l’une est rivale à son  insu comme à l’insu de l’autre. Bref, Ariane est entière, Jeanne est ambivalente.

Ariane est joyeuse, Jeanne est triste. Ariane aime, cependant, elle ne se pose pas de questions sur l’amour et de la durée de sa grâce, elle aime ; de même elle n’assortit pas son désir sexuel du besoin d’aimer ou d’être aimée. Quant à Jeanne abandonnée et absolue, elle veut un homme et un seul pour la vie, pas n’importe lequel Matéo, celui qu’elle a perdu.

Tout est en place, il n’y plus qu’à laisser les choses aller… et les choses vont. Gilles produit une théorie soixanthuitarde sur la liberté sexuelle et la pérennité de l’amour. Ariane comprend alors qu’elle ne pourra pas rester avec lui. (Je me rends compte que pour ce film, il aurait fallu noter la voix off). Elle se lance dans les rencontres, les flirts et les amours d’un jour. Et alors ce sont les gémissements, les râles d’Ariane sans Gilles. Là encore des plans qui se répondent (aux deux sens du terme). Mais alors quel est le plan de Gilles ? Réussir à échouer. Parce que ce qui le marque, c’est l’abandon,  quelque chose comme passer de 1 à 2 puis de 2 à 1 avec toute la souffrance qui va avec, jouissance et douleur. Mais pourquoi peut-on s’autoriser à dire cela ? C’est un peu sauvage non ? Pour deux raisons, la première est l’écart d’âge entre ces deux-là 23/50. La seconde, lorsqu’on a vu la trilogie, on observe qu’elle est entièrement traversée par cette question de l’abandon. Le sentiment d’abandon ce sentiment qui consiste parfois à anticiper, à voir dans autrui le lâcheur potentiel, celui qui va vous laisser seul… Et à tout faire pour rendre la situation conforme à la prédiction.

Mais revenons à Jeanne toute à son chagrin dans sa pureté amoureuse quoi qu’entachée de calculs. Par rivalité, elle met en place une stratégie d’élimination d’Ariane et en même temps de reconquête de Matéo. En fait, on découvre que Matéo ne l’a pas quittée, tout simplement, il n’a pas de projet avec elle, il ne se sent pas mur. D’où Jeanne déduit « il va me quitter, » donc « il m’a quittée »– Là encore abandon par anticipation — Avec un peu de manipulations d’Ariane, (photo d’une revue porno, faux appels téléphoniques, faux suicide, entremise) elle va obtenir de faire entrer Matéo et papa dans le droit fil de ses projets. Jeanne a aussi des désirs moins clairs, ellle aurait par exemple aimé faire des choses un peu moins sérieuses avec un jeune Don Juan de ses amis. (La voix off nous dit qu’elle décide de faire l’amour par procuration). Et c’est Ariane qui va s’y coller, si l’on peut dire.

Comme dans une sonate, réexposition du thème de la jouissance, Ariane et Don Juan, devant les WC. Je ne sais pas pourquoi les WC, mais chacun est libre. Gilles la voit. Ce sera la rupture pour Gilles qui se rend compte qu’il ne pourra pas vieillir avec Ariane… mais pourra compter sur sa fille et Matéo pour le consoler.

Alors Ariane abandonnée ? Ariane un nom, un destin et ce n’est pas forcément triste…Ariane, ce lumineux « objet » du désir, lire Marie-No.

« L’Amant d’un jour » de Philippe Garrel

primé en 2017 à la Quinzaine des Réalisateurs
Du 31 août au 5 septembre 2017
Soirée débat mardi 5 à 20h30

Présenté par Georges Joniaux
Film français (mai 2017, 1h16) de Philippe Garrel avec Eric Caravaca, Esther Garrel et Louise Chevillotte
Distributeur : SBS Distribution

Synopsis : C’est l’histoire d’un père et de sa fille de 23 ans qui rentre un jour à la maison parce qu’elle vient d’être quittée, et de la nouvelle femme de ce père qui a elle aussi 23 ans et vit avec lui.

C’est un vrai bonheur ce film ! Un régal pour les yeux et une mélodie de chaque instant. J’aime le cinéma de Philippe Garrel et j’aime cet homme qui aime les femmes et les comprend bien, finalement. Ca a dû être un long chemin et rien n’est gagné, mais il les comprend, et son coeur transparent …
Et ses acteurs ! Eric Caravaca (Waouh!), Ester Garrel, Louise Chevillote. Le charme incarné. Trois fois. Sans oublier, Felix Kysyl … Petit rôle mais une vraie présence !
Au contraire du spectateur qui disait à Georges à propos du personnage d’Ariane que les femmes n’étaient pas comme ça, je pense, moi, que les femmes sont comme ça.
Comme Ariane
Comme Jeanne aussi
Ariane (Louise Chevillotte) le dit très clairement quand elle parle avec Jeanne, de la fidélité. Les hommes sont naturellement infidèles et naturellement ne supportent pas que les femmes le soient. Alors la clé c’est d’être, de faire et de ne rien dire. En même temps, ne rien dire … Les femmes resteront donc fidèles par nature et les hommes infidèles par nature ? Ariane est un Dom Juan, Gilles (Eric Caravaca) le sait et est bien placé pour la reconnaître, ayant été lui même séducteur et avouant avoir fait souffrir tant de femmes « qui ne le méritaient pas » . En voilà une réflexion intéressante … Quelles femmes le méritent, donc ? Les séductrices ? Ariane ? Elle a failli souffrir par Jeanne (Esther Garrel). Désemparée devant l’amour paternel et filial contre lesquels elle ne peut pas lutter. Obligée de les accepter.
Ariane se fait « pincer »en flagrant délit d’infidélité et Gilles ne supportent pas ce qu’il voit. Il ne demandait qu’une chose : ne rien savoir, ne rien voir. Faire l’autruche tranquillement. Il est fatigué, Gilles, il voudrait maintenant vieillir en harmonie à côté d’une femme qu’il aime et qui l’aime. Il est marrant, ce Gilles ! Il voudrait construire en accéléré ce qu’il a passé sa vie à déconstruire au jour le jour. Et, en plus, il choisit Ariane pour ses jours paisibles ! Mais c’est elle qui l’a mis dans sa toile, elle qui a jeté ses filets sur lui et a réussi à le « pêcher ». Il est pris et sera relâché quand elle le décidera. Ariane qui baise debout, où elle veut, sur le champ. On remarque que les deux scènes de plaisir, celle avec Gilles et celle avec Stéphane (Felix Kysyl)  sont exactement les mêmes. Cadrées pareil, mêmes éclairages, mêmes râles, mêmes soupirs, même visage extasié d’Ariane … C’est elle qui orchestre. C’est sa jouissance à elle qui importe. On revoit la scène de repos après l’amour Ariane-Stéphane allongés sur un lit, nus à peine recouverts d’un voile. Scène d’une beauté picturale bouleversante. J’ai pensé à un tableau, je le vois … (mais je n’arrive pas à retrouver lequel !) De nombreuses scènes du film mériteraient des arrêts sur image tant la photo est belle, les gris lumineux. Et le rythme nous emmène, dans la danse aussi quand Philippe Garrel filme Ariane et Jeanne tournant, chaloupant, jeunes, aériennes, légères et gracieuses.
Ariane est égoïste, libre . Elle a eu pour modèle « un père qui divorce » et « une mère qui s’en fout ». Elle est libre d’être son propre modèle. Une chance.
Et puis il y a Jeanne (Ester Garrel) … Alors filmer comme Philippe Garrel la détresse d’une femme quittée, chapeau ! Jouer ces scènes comme Esther Garrel, avec autant de vérité, chapeau ! Le déni, l’obsession, la folie, la perte de contrôle, l’envie de tout arrêter, le besoin d’espionner, de harceler, le visage transformé par la douleur, l’abandon de soi … Je n’ai jamais vu cette situation sentimentale aussi bien traduite au cinéma. Jeanne imagine, interprète, s’embrouille, doute de tout, d’elle-même surtout. Pas de chance.

Si j’avais su, si j’avais pu, je serais allée voir le film, en plus, aux autres séances, pour en profiter encore davantage.

Marie-Noël

 

Un vent de Liberté Benham Bezhadi,

Vu à  Fontainebleau : Voici un film rare, ne serai-ce que par sa durée, 1heure23. Aller voir ce film, c’est tout de suite se sentir dans l’atmosphère familière des Cramés de la Bobine, son cinéma du monde, la place faite au cinéma iranien qui est souvent un cinéma remarquable. Ce qui manque hélas, c’est le public des cramés. Peut être en avez-vous lu la présentation, peut-être avez vous lu dans Télérama un article de Frédéric Strauss qui commence ainsi :

 « Sous une cloche d’air pollué, Téhéran s’affaire, comme n’importe quelle métropole. La belle Niloofar, 35 ans, y vit heureuse, en femme urbaine d’aujourd’hui. Elle veille sur sa vieille mère, organise le travail des ouvrières de son atelier de couture, passe chez le garagiste pour faire réparer sa voiture et trouve le temps de flirter avec un homme charmant. Mais quand les médecins ordonnent à sa maman d’aller respirer le bon air de la campagne, tout change pour Niloofar. Son frère et sa soeur décident qu’elle partira, elle aussi ; son atelier sera vendu. Et elle n’a rien à dire ». 

La toile de fond du film c’est Téhéran, elle nous apparaît  voilée dans sa pollution, n’importe quel coup de vent serait un vent de liberté, ne serait-ce que celle des voies aériennes de ses habitants. Et ce voile-là, qui recouvre les grandes villes du monde, n’est pas islamique. Il sacrifie à un autre dieu sur un autre hôtel. Voici le temps du grand embouteillage de Comencini, à dimension planétaire. Partout, pour se transporter dans les grandes villes, tout est organisé d’une manière « rationnelle », pour que chacun se déplace muni d’une tonne et quelque de ferraille autour de lui et roule, dans le meilleur des cas, à la vitesse moyenne d’une bicyclette de facteur. Il y a eu le siècle des lumières qui fut celui des idées, comment appellera-t-on le nôtre ? C’est un mérite du cinéma et de ce film de ne pas craindre de montrer quelques secondes ce genre d’interrogation en toile de fond.

On ajoutera dans  «un  vent de liberté », l’omniprésence du téléphone portable. Finis les héros fumeurs, la fumée est partout désormais, alors voici venir celui des téléphoneurs, le temps de ceux qui sont sans cesse sonnés ou en attendent de l’être… Le temps des portables. Voici pour le décor, l’air du temps pourrait-on dire.

Demeure le film, à Prades, Jean Pierre Améris remarquait le rôle dévolu à certaines personnes dans les familles, celle qu’on peut railler et qui ne dit jamais rien, celle que l’on charge de tout et qui se sacrifie sans faire d’histoire. Bref,  le rôle et l’usage des bonnes pâtes .

Ajoutons aussi que partout dans le monde, des filles, souvent plus très jeunes, « se sacrifient » pour leur mères vieillissantes, c’est un fait sociologique documenté.

Alors, Benham Bezhadi,  nous montre un sujet universel. Et c’est à Niloofar, le rôle principal, interprété par la remarquable Sahar Dolatshahi, à qui était dévolu le rôle de sacrifiée d’office. Mais, elle a de la trempe et du panache. Alors, comment va souffler le vent de liberté ? C’est le sujet même du film. J’ajouterai que le rôle de Niloofar dépasse le sujet en nous faisant entrevoir  ce vent de liberté, qui souffle ici comme ailleurs, sur la société iranienne. Ce film aux contenus parfois dramatiques a quelque chose de résolument  optimiste et réjouissant. Au total, les bons films de juillet et d’août existent, j’en ai rencontré.

Lola Pater de Nadir Moknèche

Synopsis :  Fils d’immigrés algériens, Zino a grandi persuadé que Farid, son père, les a abandonnés, sa mère et lui. A la mort de cette dernière, il apprend par le notaire que Farid n’est pas retourné en Algérie, mais qu’il réside encore en France, quelque part en Camargue. En plus, contrairement à ce qu’il croyait, ses parents n’auraient jamais divorcé. Décidé à en savoir plus, Zino part en moto sur les traces de son père dans le Sud de la France. A l’adresse de celui-ci, il rencontre Lola, professeure de danse orientale. Cette dernière finit par lui avouer qu’elle est Farid. Zino a du mal à l’accepter.

Vu à Fontainebleau :  Ce drôle de film  Lola Pater qui doit déranger, qu’on prend avec des pincettes et qui suscite parfois des polémiques, par exemple, je tombe sur celle du « Causeur» . Il reproche à «Libération» de préférer pour ce rôle un « LGBT*  à une comédienne douée ».

Du coup, j’ai lu l’article de Jeremy Piette dans «Libération», il mérite mieux que ça, je vous le recommande. «Le Causeur» en a coupé beaucoup (sans mauvais jeu de mot).

Alors filons au «Monde» et lisons Thomas Sotinel : « Pour Fanny Ardant, la question se pose autrement. Son visage, son corps sont intimement liés à une série de portraits de femmes…nos souvenirs de cinéma lui ont construit une biographie imaginaire dans laquelle le passé masculin de Lola peine à trouver une place. Mais l’imagination (ou le manque de) est un trait individuel, et cette incapacité à croire à l’histoire de Lola n’affectera pas tous les spectateurs ».

Avec la question du sexe des transsexuels, nous avons la question du sexe des anges que nous pouvons ! Et c’est curieux de voir comment le cinéma s’est emparé du sujet, plus de 70 films lui sont consacrés, et tenez-vous bien, il y en a un qui date de 1954, mais attention, jusque dans les années 80, il s’agit souvent de travestis et non de transsexuels, ou alors de transsexuels à leur corps défendant, bourrés d’œstrogènes, ou opérés « à l’insu de leur plein gré », et le genre de ces films est souvent comédie ou film d’horreur. Or, la consécration, le sérieux, c’est le drame. Et pour ça, « les trente glorieuses » du film sur les transsexuels, ce sont les années 1990 à 2010, leur production/distribution en belle courbe de gauss …16-32-16… en atteste.

Et Lola Pater là-dedans, dans cette production, doit certainement être honorable. Regardons cette Lola, si Fanny Ardant ajoute à l’ambiguïté pour les raisons que donne Thomas Sotinel, son personnage en rajoute par construction. Il y a du sel, d’abord Lola est algérienne, artiste, elle vit avec une femme qui l’aime. Ensuite, elle est père d’un enfant dont elle a été tôt séparée, au moment où elle a choisi de devenir femme.  Elle est amenée à le revoir alors qu’il est devenu un beau grand jeune homme. Lola a cette souffrance des exilés, elle l’est à différents titres.  Fanny Ardant, subtile, sait nous faire sentir ça. Mais tout se passe  comme si la souffrance de cet être n’était que sociale, comme si la dimension psychique du transsexualisme ne tenait au fond qu’au regard des autres… et Lola, ce père qui renvoie le regard de son fils,  avec les doux yeux d’une mère fatiguée qui retrouve sa progéniture, ne nous cache-t-elle pas le regard qu’elle porte sur elle-même, sur cette souffrance essentielle, en son for intérieur (qui ne s’explique pas seulement par les autres, ici et maintenant).

Et je me demande si les« trente glorieuses » en question n’ajoutent au déni de la souffrance psychique avec cette manière de traiter du transsexualisme,  et si Lola Pater n’ajoute pas à ce déni.

Mais sinon, c’est un film qu’on peut voir, il est plutôt honnête et bien fait, on ne s’ennuie aucunement et puis… Il y a Fanny Ardant, très bien entourée.

 

*Si vous êtes ignorant comme moi, vous découvrirez cette catégorie fourre-tout, LGBT (Qui confond les questions d’identité et d’apparence avec les pratiques sexuelles) soit : Lesbienne, gay, bisexuel, et transgenre.

 

Dunkerque de Chritopher Nolan

“Dunkerque” : Christopher Nolan nous immerge au cœur de la bataille …

C’est le mois d’août, je suis allé voir ce film.
« www.telerama.fr/…/dunkerque-

19 juil. 2017 – Si le réalisateur britannique signe un film de guerre ultra efficace, il n’apporte rien de vraiment nouveau au genre ».

Mais de quel genre s’agit-il donc  ?   

« La Haine » Vingt ans après

Le Cinéma permet de penser à autre chose et les chaines Ciné sont bien commodes pour revoir des films et aussi quand les salles sont fermées.
J’ai donc revu à la télé « La Haine » de Mathieu Kassovitz, 22 ans après sa sortie.
Le monde a changé. Moi aussi. Plus Vinz, Hubert, Saïd et les autres qu’à l’époque. Leur appel au secours m’a déchiré les tympans.
A l’époque, cette cité de banlieue, qui paraît, d’ailleurs, aujourd’hui, bien proprette, bien calme, était un autre monde que le spectateur lamda regardait à travers le prisme de la « normalité ». Ce monde là existait, faisait peur, mais on n’y pensait pas souvent. C’était autre part. Pourtant, fatalement, progressivement, inexorablement, naturellement, il fallait bien qu’il déborde !
Quand on regarde le film aujourd’hui, on voit que tous les éléments étaient déjà là.
L’affiche publicitaire géante montrant un paysage idyllique « Le monde est à vous » qui nargue Vinz, Benoit, Saïd chaque jour. Jusqu’au jour où ils décident qu’il allait l’être, à eux, ce monde, qu’ils allaient le forcer à l’être. Et ils corrigent le slogan en « Le monde est à NOUS »
La police et son petit chef qui « forme » une nouvelle recrue aux méthodes du passage à tabac. Pour rien. Pour le fun.
Les échanges entre mecs sur « les soeurs », et avec elles, pas voilées mais pas en jupe, sur leur place et leurs devoirs.
Les armes si faciles à se procurer et qui les hissent au rang de caïd.
La dissonance entre la ville et la banlieue par exemple dans la galerie d’art avec l’expo pseudo Jeff Koons, champagne, petits fours et jeunes demoiselles, deux mondes qui n’ont pas les mêmes codes, ne parlent pas la même langue. Sauf celle de la pub « tu te prends pour la meuf de Wonderbra ? »
Une parenthèse en ce qui concerne la langue. Le film est quasi totalement en verlan et, surtout, la prise de son est, je trouve, très approximative. J’ai vieilli mais je pense qu’à l’époque, je ne devais déjà capter qu’un mot sur deux … La solution on l’a, à la maison. Il suffit de mettre en version malentendant pour avoir les sous-titres ! épatant ! on saisit tout !
Vinz, Saïd, Benoît et les autres sont nés et vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien …
Ils savent qu’ils finiront par tomber et que la chute fera très mal.
Ces trois jeunes adultes issus de la cité sont pourtant, à la base, très différents. Vinz, écorché vif, devenu incontrôlable, Benoît, responsable, raisonnable, Saïd, vif comme l’éclair, dégourdi. Mais leurs parcours, pas le choix, se rejoignent. Forcément. Personne ne les regarde comme des individus. Mis dans le même sac, ils s’endurcissent, s’arment, se protègent et en ressortent avec la haine.
Trop de monde est resté dans « l’escalator », se contentant d’être portés par le système. Etait-il encore temps, il y a vingt ans, de prendre l’escalier ?

Heureusement, l’Art aussi a débordé ! Des artistes ont émergés et émergent de partout dans le domaine de la musique, du spectacle, de la peinture, de la littérature, des arts graphiques, du cinéma …
Les Arts se propagent, apaisent et finiront bien par confédérer.

Le film de Mathieu Kassovitz (28 ans) , en noir et blanc, reste, vingt ans après, fulgurant par son rythme, sa mise en scène, ses acteurs qui, à l’époque, étaient jeunes et peu connus : Vincent Cassel (29 ans), Saïd Tadmaoui (22 ans), Hubert Kaoudé (25 ans), Benoît Magimel (19 ans), Karine Viard (29 ans), Valeria Bruni-Tedeschi (29 ans), Vincent Lindon (36 ans), Zinedine Soualem (38 ans).
Deux, seulement, étaient originaires de « la banlieue ».

Marie-Noël

Impressions de Prades juillet 2017….

 

Comme tous les ans c’est un énorme plaisir de retrouver les personnes qui nous accueillent avec tant de gentillesse à l’Hostalrich et au cinéma le Lido, de prendre nos repas et de flâner dans ce jardin paradisiaque et surtout de se retrouver tous ensemble les Cramés de Montargis, autour de ces pique-niques en soirée.

Maintenant un peu de cinéma – une année assez inégale, mêlant d’impérissables chefs-d’œuvre bien sûr certains films de G.W.Pabst dont «Loulou» «La rue sans joie» et inconnu mais génial «La tragédie de la mine» et d’autres films plus décevants-

Dans la rubrique « belles découvertes », il y a tous les films de Rafi Pitts dont le très beau «Sanam» une belle œuvre, colorée, déchirante sur le plan humain, et bien en correspondance avec cet homme exilé au pays de Trump qui nous parle si bien de ses films de son pays l’Iran et des autres pays d’exil.

Les plus belles pépites viennent d’un réalisateur chevronné, Tony Gatlif et d’une très jeune réalisatrice italienne, Irène Dionisio.

Cette jeune femme qui s’exprime parfaitement en français et qui après des documentaires s’est lancée dans un premier long de fiction «Le ultime cose» nous livre au travers de trois portraits de turinois, tous plus ou moins en difficulté une peinture acerbe et humaniste de la société italienne, de ses travers, de ses mutations au travers d’un mont-de-piété et des objets mis en gage (un cadre, un manteau de fourrure, des bijoux).
Un couple âgé à la retraite, mais qui n’arrive pas à joindre les deux bouts et dont le mari arrive à des magouilles financières pour s’en sortir et aussi aider sa fille et son petit-fils.
Un transsexuel (très émouvant) qui se débat avec un passé douloureux, les problèmes quotidiens d’argent, une mère distante, et se résout à abandonner une partie de sa vie plus heureuse.
Et un jeune expert qui découvre comment une banque et ses dirigeants dépouillent sciemment les plus pauvres de cette ville. Un film plus complexe qu’il n’y paraît, et qui habilement, par l’intermédiaire des objets (La dernière chose) nous parle des humains aux prises avec la crise de la société, de l’économie.
Une jeune réalisatrice qui filme à la bonne distance, qui sait où elle va, ce qu’elle veut. Vraiment une belle rencontre.

Enfin une mention spéciale pour le dernier film de Tony Gatlif «Djam», une pépite même si le rythme du film est inégal (dans la première partie). Ce portrait d’une jeune femme qui danse, chante, le rébétiko, et déambule de la Turquie à la Grèce, occasion de multiples rencontres est haut en couleur, dynamique (l’actrice est formidable).
Surtout sur un sujet dramatique, l’exil et le dénuement matériel, le film grâce à son énergie, à ses couleurs, sa musique, est porteur d’espoir et nous donne une pêche d’enfer.

Merci à tous ces réalisateurs d’exister, sans qui notre vie et nos imaginaires seraient bien pauvres.

Jeanne Moreau 23 janvier 1928 – 31 juillet 2017

Jeanne Moreau qu’on aime,

depuis qu’on aime le cinéma,

depuis longtemps, depuis toujours.

Adieu

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1949 : Dernier Amour de Jean Stelli
1950 : Meurtres ? de Richard Pottier
1950 : Pigalle-Saint-Germain-des-Prés d’André Berthomieu
1951 : Avignon, bastion de Provence, court-métrage J. Cuenet
1951 : L’Homme de ma vie de Guy Lefranc
1952 : Il est minuit, Docteur Schweitzer d’André Haguet
1952 : Dortoir des grandes d’Henri Decoin
1953 : Julietta de Marc Allégret
1953 : Touchez pas au grisbi de Jacques Becker
1954 : La Reine Margot de Jean Dréville
1954 : Secrets d’alcôve d’Henri Decoin
1954 : Les Intrigantes d’Henri Decoin
1955 : Gas-oil de Gilles Grangier
1955 : Les Hommes en blanc de Ralph Habib
1955 : M’sieur La Caille d’André Pergament
1956 : Le Salaire du péché de Denys de La Patellière
1956 : Jusqu’au dernier de Pierre Billon
1957 : Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle
1957 : Les Louves ou Démoniaque de Luis Saslavsky
1957 : Trois jours à vivre de Gilles Grangier
1957 : L’Étrange Monsieur Steve de Raymond Bailly
1957 : Échec au porteur de Gilles Grangier
1957 : Le Dos au mur d’Édouard Molinaro
1958 : Les Amants de Louis Malle
1959 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim
1959 : Les Quatre Cents Coups de François Truffaut
1960 : Le Dialogue des Carmélites P. Agostini et R. L. Bruckberger
1960 : Moderato cantabile de Peter Brook
1960 : Cinq femmes marquées de Martin Ritt
1961 : La Nuit (La Notte) de Michelangelo Antonioni
1961 : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard
1962 : Jules et Jim de François Truffaut
1962 : Eva (Eva) de Joseph Losey
1962 : Le Procès d’Orson Welles
1963 : La Baie des Anges de Jacques Demy
1963 : Les Vainqueurs (The Victors) de Carl Foreman
1963 : Le Feu follet de Louis Malle
1964 : Peau de banane de Marcel Ophüls
1964 : Mata Hari de Jean-Louis Richard
1964 : Le Train (The Train) de John Frankenheimer
1964 : Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel
1965 : La Rolls-Royce jaune d’Anthony Asquith
1965 : Viva María! de Louis Malle
1966 : Le Plus Vieux Métier du monde de Philippe de Broca
1966 : Mademoiselle de Tony Richardson
1966 : Falstaff (Campanadas a media noche) d’Orson Welles
1967 : La mariée était en noir de François Truffaut
1967 : La Grande Catherine de Gordon Flemyng
1967 : Dead Reckoning –  Film inachevé d’Orson Welles
1967 : Le Marin de Gibraltar de T.Richardson
1968 : Une histoire immortelle d’Orson Welles :
1969 : Monte Walsh de William A. Fraker
1969 : Le Corps de Diane de Jean-Louis Richard
1969 : Le Petit Théâtre de Jean Renoir de Jean Renoir
1970 : Alex in Wonderland de Paul Mazursky
1970 : Les Héritiers (Os herdeiros) de Carlos Diegues
1970 : Henri Langlois – documentaire – de R. Guerra et E.Hershon
1971 : Comptes à rebours de Roger Pigaut
1971 : The Other Side of the Wind – Film 🎥 inachevé – d’Orson Welles
1971 : Côté cours, côté champs – court métrage – de Guy Gilles
1972 : Chère Louise de Philippe de Broca
1972 : L’Humeur vagabonde d’Édouard Luntz
1972 : Absences répétées de Guy Gilles
1973 : Jeanne la Française de Carlos Diegues
1973 : Je t’aime de Pierre Duceppe
1973 : Nathalie Granger de Marguerite Duras
1974 : Les Valseuses de Bertrand Blier
1974 : La Race des seigneurs de Pierre Granier-Deferre
1974 : Une légende, une vie : Citizen Welles de M.Frydland
1975 : Le Jardin qui bascule de Guy Gilles
1975 : Hu-Man de Jérôme Laperrousaz
1975 : Souvenirs d’en France d’André Téchiné
1976 : Lumière de Jeanne Moreau
1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey
1976 : Le Dernier Nabab (The Last Tycoon) d’Elia Kazan
1976 : Chroniques de France de Renaud de Dancourt
1980 : Chansons souvenirs – court métrage – de Robert Salis
1981 : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable G.Kaczender
1981 : Plein sud de Luc Béraud
1982 : Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil
1982 : La Truite de Joseph Losey
1982 : Querelle de Rainer Werner Fassbinder
1982 : Der Bauer von Babylon de Dieter Schidor
1983 : Jean-Louis Barrault de Muriel Balasch
1985 : François Simon d’Ana Simon et Louis Mouchet
1986 : Sauve-toi, Lola de Michel Drach
1986 : Le Paltoquet de Michel Deville
1987 : Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky
1987 : Remake d’Ansano Giannarelli
1988 : La Nuit de l’océan d’Antoine Perset
1989 : Jour après jour d’Alain Attal
1989 : Orson Welles, documentaire – de Leslie Megahey
1990 : Nikita de Luc Besson
1990 : Alberto Express d’Arthur Joffé
1990 : La Femme fardée de José Pinheiro
1991 : L’Amant de Jean-Jacques Annaud
1991 : La Vieille qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann
1991 : Jusqu’au bout du monde (Bis an Ende der Welt) de Wim Wenders
1991 : Le Pas suspendu de la cigogne de Theo Angelopoulos
1991 : Anna Karamazoff de Roustam Khamdamov
1992 : Cœur de métisse (Map of the Human Heart) de Vincent Ward
1992 : À demain de Didier Martiny
1992 : L’Absence (Die Abwesenheit) de Peter Handke
1992 : Les Arpenteurs de Montmartre de Boris Eustache
1993 : Je m’appelle Victor de Guy Jacques
1993 : Un certain jour de Juin (A Foreign Field) de Charles Sturridge
1993 : François Truffaut, portraits volés de S.Toubiana et M. Pascal
1995 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma d’Agnès Varda
1995 : Par delà les nuages de M.Antonioni et W.Wenders
1995 : Faire un film, pour moi c’est vivre d’Erica Antonioni
1995 : I Love You, I Love You Not de Billy Hopkins
1995 : L’Univers de Jacques Demy – documentaire – d’Agnès Varda
1997 : La Propriétaire (The proprietor) d’Ismail Merchant
1997 : Un amour de sorcière de René Manzor
1997 : Amour et Confusions de Patrick Braoudé
1998 : À tout jamais (Ever after) d’Andy Tennant
2000 : Lisa de Pierre Grimblat
2000 : Le Manuscrit du prince de Roberto Andò
2000 : Les Femmes de Fassbinder – documentaire de Rosa von Praunheim
2002 : Cet amour-là de Josée Dayan
2002 : The Will to Resist de James Newton
2004 : Akoibon d’Édouard Baer
2005 : Le Temps qui reste de François Ozon
2005 : Go West d’Ahmed Imamovic
2006 : Sortie de clown – court métrage – de Nabil Ben Yadir
2006 : Roméo et Juliette d’Yves Desgagnés
2007 : Chacun son cinéma : épisode Trois minutes de Théo Angelopoulos
2007 : Désengagement d’Amos Gitai
2009 : Plus tard tu comprendras d’Amos Gitai
2009 : Visages de Tsai Ming-liang
2012 : Gebo et l’ombre de Manoel de Oliveira
2012 : Une Estonienne à Paris de Ilmar Raag
2015 : Le Talent de mes amis d’Alex Lutz