Notes sur : A Dark-Dark Man-Adilkhan Yerzhanov

Le cinéma du Kazakhstan a connu son essor paradoxalement pendant la seconde guerre mondiale, alors que les grands studios étatiques de production (Mosfilm et Lenfilm) avaient été transférés à Ama Ata, de même que la principale école de cinéma soviétique, le VGIK (L’Institut national de la cinématographie S. A. Guerassimov). Mais le Kazakhstan servait avant tout de décor – les deux parties d’Ivan le Terrible de Eisenstein y furent tournées.

C’est à la fin des années 80 et au début des années 90 (éclatement de l’URSS) qu’émerge vraiment un cinéma national kazakh mais qui sera surtout une pépinière de blockbusters à la sauce hollywoodienne dont le plus connu est la super production en deux parties Night  Watch/ Day Watch de Timur Bekmambetov. Des cinéastes indépendants se sont cependant regroupés dans un mouvement, le « Cinéma partisan » avec pour profession de foi de se passer de l’aide publique d’un Etat dirigé par le très autoritaire Noursoultan Nazarbaïev pendant trente ans. 

– Le film

  «Черный, черный человек»  (tchiorny tchiorny tcheloviek) que l’on aurait dû traduire en français par « Noir, homme noir » et non pas Dark – sombre, est un film qui a bénéficié pour sa part de l’aide publique après avoir gagné un concours de « pitches » à Almaty (Alma Ata). Selon le réalisateur Adilkhan Yerjanov :  « C’est un film sur un héros qui change et devient un homme. C’est une histoire classique, qui a déjà été racontée de nombreuses fois, mais elle est toujours intéressante et me passionne. C’est une sorte d’anti-détective. L’essentiel ici n’est pas de savoir qui a commis le meurtre mais comment le personnage principal résout son conflit intérieur ». 

La traduction du titre du film est importante parce qu’il renvoie au choix à une comptine enfantine russe « черный человек » (L’homme noir), mais aussi au plus célèbre des poèmes de Serguei Essenine, adulé encore aujourd’hui de Saint-Petersbourg à Vladivostok en passant par toutes les anciennes républiques soviétiques…(voir plus bas un extrait du poème). 

Brodbeï, site kazakh dédié au cinéma kazakh dit du film de Yerjanov : « Magnifique, mature, très sombre, honnête, insupportablement lourd, mais, étrangement, un tableau plein d’espoir sur un homme qui cherche la lumière. Il s’agit de la meilleure œuvre de la filmographie de Yerzhanov (du moins, de tous les films que nous avons vus) et véritablement d’un grand événement pour tout le cinéma kazakh. Il est curieux que, bien que la première du film ait eu lieu en février, juste avant la pandémie, l’intérêt pour ce film n’a commencé à se réveiller que vers la fin de l’année. Le célèbre réalisateur russe Yuri Bykov, un découvreur du cinéma kazakh a écrit une critique émouvante sur sa page Facebook : « Je ne sais pas… si j’ai vu quelque chose de plus vrai, de plus véridique et de plus créatif au cours des cinq dernières années… Voici un artiste… Un immense artiste… Juste une masse… Je ne vais pas analyser, écrire, faire le malin, quoi que ce soit…. Si cela vous atteint, Adilkhan, vous venez de me sauver. Comme le dit le proverbe, « Je vois la lumière ». »

L’hebdomadaire américain Variety est lui aussi dithyrambique : « L’humour noir et sombre et les thèmes encore plus sombres rôdent et se glissent dans les champs de maïs desséchés et les champs de poussière arides de « A Dark-Dark Man », un film de procédure policière éblouissant et sombre du réalisateur kazakh Adilkhan Yerjanov. Ce septième long métrage de Yerjanov, dont le dernier film « La tendre indifférence du monde » a été présenté dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes, est un thriller policier d’une maîtrise stupéfiante, qui brûle lentement. (…/…) Les vues symétriques et dépouillées sur écran large des paysages vides et inhospitaliers ou de l’aul (village rural kazakh) hostile des environs servent de toile de fond aux interactions hésitantes et semi-théâtrales entre les personnages, tandis que le cadrage net, à faible contraste et sans cesse surprenant du directeur de la photographie Aydar Sharipov semble inventer de toutes nouvelles façons de regarder dans et autour d’une scène. Parfois, profitant pleinement des rythmes lents du film, la caméra se déplace presque imperceptiblement vers l’intérieur, rééquilibrant subtilement les éléments du cadre pour qu’une figure à l’arrière-plan commence à prendre de l’importance, ou qu’une activité – comme la manipulation de preuves – soit momentanément mise en avant avant de passer hors champ, comme si la caméra, comme les personnages, était simplement indifférente à l’injustice dont elle est témoin. »

Après une première sortie interrompue rapidement par l’épidémie, le film est à l’affiche au Kazkhstan depuis le mois de février… Je n’ai pas réussi à trouver les chiffres de fréquentation. 

 le réalisateur Adilkhan Yerzhanov, prononcer Yerjanov

Il est kazakh, diplômé du département de la mise en scène de l’Académie nationale kazakhe des arts, il a 39 ans, est marié à une critique de cinéma. Il affiche déjà neuf longs métrages dont plusieurs récompensés. Et d’un film à l’autre, il aime tourner avec des fidèles. L’actrice qui joue la journaliste avait déjà le rôle principal féminin dans « La tendre indifférence du monde », son premier long métrage ; Téoman Khos, qui interprète le faux coupable, a joué dans tous ses films ; et Daniyar Alshinov dans le rôle du policier, tient le rôle principal de son prochain film. Cameramen, soudiers, régisseurs, etc, passent ensemble d’un film à l’autre de Adilkhan Yerjanov… 

Une petite partie du long poème de Essenine : 

Homme noir, homme noir, homme noir, homme noir
assis sur mon lit, 
homme noir 
m’empêche de dormir toute la nuit.


L’homme noir, le doigt dans un livre immonde, 
me lit, comme un frère mort, 
la vie d’un poète scandaleux.
S’il vous plaît, 
lisez et dites-le aux autres. »

L’homme noir me regarde fixement. Et ses yeux sont couverts 
de vomi bleu.

Sylvie Braibant

Tranquillement au cinéma ou au théâtre avec un masque chirurgical!

Amis cramés de la Bobine bonjour, 

On sent dans l’air les fleurs du printemps et … la proche ouverture des cinémas. Ce matin je tombe sur cet article édité par France Inter, et ne résiste pas au plaisir de vous faire profiter de l’essentiel : 

Nous connaissons tous la règle : il faut se tenir à au moins un mètre de distance les uns des autres pour limiter la propagation du coronavirus. Mais est-ce suffisant pour passer entre les gouttes d’aérosols ? Non, pour des chercheurs du MIT, le Massachusetts Institute of Technology, qui estiment que cette distanciation physique « n’offre que peu de protection », comme ils l’expliquent dans une étude publiée mardi.

Pour pallier l’absence de consignes de sécurité sur comment nous comporter, ils ont mis en ligne un modélisateur très précis qui nous dit quand et comment nous risquons d’être contaminés dans un lieu clos, en s’appuyant sur des calculs savants. L’outil prend en compte le temps passé dans un endroit, l’aspect « cumulatif » du temps d’exposition, les dimensions du lieu, la ventilation, le port du masque, le nombre de personnes et, surtout, leurs comportements.

Et pour le cinéma ce texte dit ceci :

Tranquillement au cinéma ou au théâtre avec un masque chirurgical

Si et quand les salles de cinéma ou de théâtre rouvriront, selon le modélisateur, il y aura très peu de risques d’y être contaminé. Prenons une salle très mal ventilée, de 300 mètres carré et quatre mètres de hauteur sous plafond. Cent spectateurs non-vaccinés de moins de 60 ans pourront y être installés, avec un masque chirurgical bien mis, sans parler, sans s’activer, pendant 97 heures avant d’être exposés au variant britannique, 156 heures même pour la forme classique du virus.

Tranquillement au cinéma ou au théâtre avec un masque en tissu simple

Si ces mêmes spectateurs, dans les mêmes conditions, portent correctement un masque en coton mono-couche, les durées s’abaissent à huit et treize heures, donc au moins quatre films.

A bientôt

Tito et les oiseaux, de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar et André Catoto Dias

Académie de Nancy-Metz
Affiche du film

Tito et les oiseaux de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar, André Catoto Dias, avec Denise Fraga, Mateus Solano, Matheus Nachtergaele, Titre original : Tito e os Pássaros, Brésil, sorti en France le 3 avril 2019, 1h 13min, Animation

Tito et les oiseaux est un long métrage d’animation (oui, oui… Encore !) sorti en 2019, présenté à Annecy. Si, comme beaucoup de dessins animés, il est passé assez inaperçu, le contexte un an plus tard pourrait/aurait pu lui redonner une visibilité tant il semble actuel.


C’est d’ailleurs comme ça que je l’ai découvert par une proche me conseillant  » Tu verras, ça fait réfléchir  » avec un sourire conspirationniste complice assez glaçant.

Et en effet, le film fait réfléchir…
Mais à quoi ? Je pense qu’il mérite de s’arrêter quelques secondes pour y voir plus clair car en fonction de son propre point de vue sur le/la covid, le spectateur peut y voir des choses très différentes.
Tito est un jeune garçon de dix ans dont le père, scientifique un peu loufoque (c’est rien de le dire), le laisse à la garde de sa mère suite à un accident lors de ses recherches. Elle, est fascinée voire médusée par la télévision et son nouveau présentateur qui propage sur les ondes des idées obscures (pour ne pas dire obscurantistes) pour vendre des villes idylliques surprotégées, sans criminalité ni oiseaux. À l’image, cette diffusion obscure se fait par de larges et rapides coups de pinceau qui viennent rapidement recouvrir l’image de couleurs radioactives et sombres dont l’effet fonctionne particulièrement bien.

L’horizon s’obscurcit encore davantage quand une terrible épidémie se répand sur le pays. Les rues sont désinfectées, les écoles fermées, les chaînes de télévision sont en boucle pour diffuser les informations glaçantes de l’évolution de la pandémie, un couvre-feu est instauré, les gens se cloîtrent chez eux, les malades sont placés en quarantaine dans des mouroirs…
Alors, difficile de ne pas penser, image par image à l’année écoulée, aux premières images de Chine où les agents de décontamination aux étanches combinaisons étaient filmés en train de désinfecter les rues. Aux « bonnes vacances » de mes élèves quand on leur a annoncé la fermeture des écoles à cause de la pandémie. Aux annonces quotidiennes pour suivre l’évolution chiffrée de l’épidémie.
Et un an après, ce nouveau confinement… Alors on se dit en effet, comment en est-on arrivé là ?

Tito et les Oiseaux de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar ...
Tito et les oiseaux, photogramme du film.


Et pourtant…

Et pourtant, nous n’en sommes pas arrivés à ce point de rupture du film justement. Peut-être parce que ce coronavirus n’est pas irrémédiable, que les malades peuvent dans la majorité des cas être soignés, que seuls de très rares patients ont été isolés et abandonnés. Nous sommes donc très loin du film comme du sublime livre de José Saramago : L’aveuglement.
La peur n’a pas complètement hystérisé la population, au contraire. Difficile donc de donner crédit à un éventuel message qui serait donné par le film. Sur le sujet de l’épidémie, du moins.


Mais est-ce vraiment son sujet ?
Ce serait à la fois anachronique et simpliste que de penser que Tito et les oiseaux parlent de pandémie. Ou du moins de la pandémie que nous vivons. Et pour aller encore plus loin, le message que semble délivrer à première vue par le film : nos libertés sont mises à mal par la peur de l’épidémie, est un énorme contre sens du film.
Le vrai sujet du film, c’est la peur. C’est l’un des premiers dialogues du film qui l’annonce :


Quand j’étais petit, mon père m’a dit que le pire fléau du monde c’était la peur. Elle ne se transmet ni par l’air, ni en buvant dans le même verre.
La peur se transmet par les idées.


Pas une peur de l’épidémie.
Une épidémie de peur.
En effet, la pandémie qui touche les personnages dans ce film, est une peur tétanisante qui se propage. Et c’est là où le film prend tout son sens… Les gens sont littéralement paralysés par leurs peurs. Et notamment la peur des autres. Comment devient-elle virale ? Par la télévision avec ses chaînes d’information en continue, par les réseaux sociaux, par cette parole simpliste dite et redite jusqu’à ce qu’elle s’infiltre partout. Le film traite aussi des fausses informations et de l’instrumentation de la défiance face à la science. Finalement, le vrai sujet du film, c’est la montée du populisme.
Et s’en souvenir alors que ce film a été réalisé au Brésil en plein essor du Bolsonarisme est particulièrement porteur, car le président brésilien, comme celui des États-Unis au début de la crise a eu la réaction inverse de celle présentée par le film. S’en est fascinant. Ils ont déployé l’arsenal classique de fake news et de décrédibilisation scientifique, non pas pour répandre la peur, dont l’objet est ici fondé et légitime, mais au contraire, l’ironiser. Parce que cette peur-là, contrairement à la haine, n’a rien à faire gagner aux populistes, ni financièrement ni politiquement, contrairement à la peur des uns ou des autres, contrairement à la haine des uns contre les autres.

Tito et les oiseaux est un très beau film pour jeune et moins jeune public, qui fait réfléchir, non pas sur la perte de nos libertés personnelles en tant de pandémie bien réelle, mais sur la peur virale et médiatisée des autres qui pousse à un repli identitaire et à une perte des piliers du vivre ensemble tels que la solidarité ou la tolérance.
Rien n’est plus beau que d’être ensemble, même si pour l’instant, certaines distances sont nécessaires pour se protéger les uns et les autres.

….De la cinémathèque : Jean Claude Carrière

Chers amis cramés de la Bobine,

Sur le site de la Cinémathèque, un réjouissant court métrage de Jean-Claude Carrière qui me conforte (je ne serais donc pas la seule dans ce cas, d’autres, et des meilleurs, ressentiraient la même chose ?) dans mon impression que les objets ont une vie propre qu’ils s’emploient (et c’est même là le but de leur existence) à perturber la nôtre.

Dominique

LA CINÉMATHÈQUE CHEZ VOUS 13 > 20 AVRIL Toute l’équipe de la Cinémathèque a hâte de vous retrouver dans ses espaces d’exposition/musée, ses salles de cinéma et de vous voir flâner dans le jardin de Bercy à l’heure des beaux jours. Pour tenir le coup, encore un peu, la plateforme HENRI s’est dotée de films exceptionnels à l’occasion de son premier anniversaire. Et oui, déjà ! Profitez également de nos nouvelles recommandations cinéma de la semaine, à travers une affiche de nos collections et les souvenirs de voyage d’une célèbre scripte. « Le rêve est la vraie victoire sur le temps. »Jean-Claude Carrière Et surtout, prenez soin de vous.         
UN FILM EN VOD LA PINCE À ONGLES DE JEAN-CLAUDE CARRIÈRE Cette unique incursion de Jean-Claude Carrière dans la réalisation a la grâce poétique d’un rébus et pose de manière inédite une question : et si les objets avaient une vie qui leur est propre ? 

Un de ces jours sur nos écrans :« Notarangelo ladro di anime » de David Grieco

« Notarangelo ladro di anime » signifie Notarangelo Voleur d’âmes, il s’agit d’un documentaire qui devait passer à « Viva Il Cinéma de Tours ». Il nous parle de Domenico Notarangelo qui est photographe et d’un lieu qu’il a photographié : les Sassi de Matera.

Mais de quoi s’agit-il ? Un article de l’UNESCO nous dit que les Sassi sont situés dans la région de Basilicate de l’Italie du sud, comprenant un ensemble de maisons et d’églises rupestres, de monastères et d’hermitages couvrant 1016 hectares. Et ajoute un autre document touristique : Ce n’est pas un hasard si Matera les Sassi est aussi appelée la « deuxième Bethlehem », elle a été le décor de « L’Évangile selon saint Matthieu » de Pier Paolo Pasolini, et le document ajoute : « Dans les années cinquante, la population qui vivait dans les grottes creusées dans la montagne fut contrainte d’abandonner ces maisons pour s’installer dans des quartiers modernes.»

Grâce au témoignage photographique de D.Notarangelo nous voyons comment les documents touristiques gomment les choses. Tout y est vrai mais il y manque l’essentiel. L’essentiel de cette histoire des Sassi est contenu sur les visages et les corps de femmes, et hommes et enfants des Sassi que Notarangelo a photographié. Ce ne sont pas les magnifiques habitations troglodytes qui depuis la préhistoire etc.,  mais un lieu où sauf la solidarité humaine, tout manque, un lieu insalubre, sans même l’eau potable. L’essentiel, c’est la grande pauvreté des habitants, son dénuement, sa misère,  avec son cortège de maladies et de mort. Et cette mort est d’abord celle des jeunes enfants pour qui les parents fatalistes offrent alors de beaux et pieux enterrements.

  « Ce n’est pas nous qui regardons les Sassi de Matera, ce sont les Sassi qui nous regardent » dit-il. Notarangelo a traversé son époque en artiste engagé.  Il a tout consigné avec soin, à l’exemple de cette photo de Pasolini mondialement connue. Avec lui, on découvre les luttes sociales et les mutations qu’elles engendrent : la première femme maire de Matera, le relogement des villageois et les promesses d’un certain progrès, qui selon ce qu’on nous montre, oblige le malheur à moderniser ses moyens d’expression.

L’art de Domenico Notarangelo en s’exerçant sur les habitants des Sassi devient pour nous  un document historique rigoureux autant qu’un objet d’art. Tout le mérite de ce documentaire est de nous donner l’ambiance et le fil de cette histoire d’une manière fluide et captivante. Un grand documentaire. 

DAVID GRIECO

Le réalisateur David Grieco (Rome, 1951) est une personnalité éclectique. Comédien, en 1968 il joue dans Roméo et Juliette (Franco Zeffirelli), Théorème (P.ier Paolo Pasolini) et dans Partner (Bernardo Bertolucci), mais aussi scénariste, producteur et réalisateur de documentaires et de deux longs-métrages de fiction Evilenko (2004) et La macchinazione (2016).

Réponses au Quiz tournez Manèges

Premier film : The Third Man (Le Troisième Homme,Der Dritte Mann). Film britannique de Carol Reed tourné en 1948 à Vienne avec Joseph Cotten et Orson Welles. Grand prix du festival de Cannes de 1949. Une des scènes se passe dans un des wagons de la Grande Roue du Prater à Vienne. L’air de cithare (mondialement connu) a été composé par Anton Karas 

Deuxième film (choisi pour faire plaisir aux Joniaux et aux fans de l’humour tatinesque!) : Jour de Fête de et avec Jacques Tati sorti en 1949

Troisième film(choisi pour faire plaisir à Chantal et à tous les fans du grand Hitch of course!):Strangers on a Train (l’Inconnu du Nord-Express,Der Fremde im Zug) Film sorti en 1951.La scène du manège « fou » a été tournée dans un parc d’attractions de Californie(pas  Disneyland inauguré seulement en 1955)

Quatrième film:Wilde Maus (La Tête à l’Envers)Film autrichien de et avec Josef Hader sorti en 2017. La souris dont il est question est une attraction de type Grand Huit qui,comme la Grande Roue, se trouve dans le parc d’attractions du Prater de Vienne

Cinquième photo tirée du Manège enchanté,série télé sortie en 1965(ça ne nous rajeunit pas!). Vous vous rappelez sans doute de Pollux et de son accent (qu’on prenait plaisir à imiter) et des Tournicoti, Tournicoton de Zébulon!

Bravo à Chantal, Laurence et Marie-No, impressionnantes!

Visioconférence Vendredi

Chers amis Cramés, 
Je me permets de faire un peu de pub pour la visioconférence Zoom que je vais donner vendredi 9 avril, de 15 h à 16 h 30 sur Quatrevingt-treize, le grand roman de Victor Hugo, dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Montargis, qui poursuit ses activités malgré le contexte sanitaire et auprès de laquelle il faut s’inscrire si l’on est intéressé.  En espérant vous retrouver bientôt pour la réouverture des cinémas et la reprise de nos activités.
Amitiés
Claude Sabatier

Un Quiz de Maïté, Tournez Manèges

Comme le dit si bien le proverbe : en avril, on ne découvre aucun fil (m).

« Un de ces jours sur les écrans »(dixit Georges), peut-être en mai, on pourra enfin voir ce qui nous plaît et refaire la tournée des cinémas… Et aussi celle des grands-ducs !

En attendant la programmation de tous ces nouveaux films déjà tournés ou en attente de pouvoir être tournés, je vous propose ce quiz intitulé : Tournez manèges

– Indice pour la 1re photo : une rencontre du 3ème type sur 🎼🎶la, lala, lala, lala (je suis sûre que vous aurez reconnu cet air célèbre joué à la cithare !)

-2ème photo : la tournée du facteur tournant

-3ème photo : avant le TGV, des coups échangés (et pas que !) sur un MGV (manège à grande vitesse)

-4ème photo : ici une SGV (souris à grande vitesse)

-5ème photo : après la souris, un CQP (un chien qui parle) qui plus est avec un fort accent anglais !

Un de ces jours sur nos écrans, Douce France de Geoffrey Couanon

Geoffrey Couanon- Réalisateur, documentariste

Douce France, Geoffrey Couanon :

Ce documentaire présente un espace, autrefois champs fertiles, il y a longtemps des tulipes, puis des patates, du blé, appelé Triangle de Gonesse. Tout autour des zones urbanisées, des logements populaires, HLM pour l’essentiel, impossible de les situer tous, ils se ressemblent, nous sommes non loin de Roissy, d’Aulnay, de Sarcelle, ou de Bonneuil. Demeurent 300 hectares de champs et bois déclarés ZAC. Et au moment du documentaire, il est question d’artificialiser 80 hectares pour le projet Europa-City (1). Le réalisateur filme des jeunes français, pour beaucoup issus de la diversité (comme on dit). Tous aspirent à un avenir meilleur. Or Europa City veut y implanter et regrouper de nombreux commerces, créer une piste de ski. Et avec pour conséquence de créer des centaines d’emplois, de donner du travail.  Un projet séduisant.

Dans quelques lycées, des enseignants présentent objectivement ce projet et ses enjeux  .  Ils  proposent à des jeunes d’enquêter, ils ont déjà leur opinion, elle est le plus souvent favorable. Ils seront amenés à se documenter et à se former un avis éclairé. Ils vont rencontrer successivement le promoteur, des agriculteurs, des membres d’associations « aux cheveux gris » (qui donc qui ont fait leur vie), des commerçants, des riverains. Chemin faisant, ils découvrent ce qui existe déjà, ce qui se prépare, ce qui pourrait exister. Ils découvrent aussi les non-dits du projet.  De rencontres en visites, ils envisagent à fois l’utilité et l’inutilité du projet, la place qu’on leur y donne et l’ avenir qu’on leur dessine. Mais l’avenir d’un jeune est toujours plus grand que la place qu’on veut lui assigner. Particulièrement intéressant.‪ 

1) Depuis ce projet a été abandonné. Laissant place à d’autres lesquels?

PS : Le réalisateur est un spécialiste de l’agro-écologie, son opinion sur ce projet peut facilement se déduire. C’est un documentaire militant. Mais ce film se voit autant comme un plaidoyer contre l’artificialisation de ces terres du Triangle de Gonesse, que comme une enquête sur les jeunes dans les cités, leurs espérances, leurs devenirs.

Le site A voir à Lire fait un bon dossier sur ce film : « On ne peut pas accuser Geoffrey Couanon de forcer la mise en scène au nom de son propre combat politique. Si les adolescents cultivent peu à peu leur rapport à la nature, au monde, à l’argent, s’ils voient dans cette enquête l’opportunité de se questionner sur le sens qu’ils veulent donner à leur vie, ils n’en demeurent pas moins des jeunes ordinaires, avec l’ambivalence qui peut les caractériser à cet âge, le ricanement facile et le franc-parler ». 

Le site Publik Art produit lui aussi un beau travail critique : « Le résultat est une histoire de réveil politique collectif questionnant sur nos modes de consommation et de production, notre rapport au travail, à l’agriculture, à l’engagement pour nous amener à réfléchir aux choix de société qui sont à l’œuvre dans notre Douce France. A 17 ans, ils prennent la parole sur les questions les plus importantes de notre époque. La caméra du réalisateur Geoffrey Couanon se fait toute petite pour laisser la parole aux jeunes et à leurs interlocuteurs. Et c’est un plaisir de voir réfléchir ces jeunes que beaucoup imaginent uniquement intéressés par des sujets superficiels. Ils discutent à bâtons rompus, ils découvrent la complexité de la situation et surtout ils rencontrent d’autres individus, actifs ou non, avec chacun un point de vue à comprendre. Images d’archives et vues panoramiques permettent de situer l’histoire dans un contexte historique plus large pour une réflexion pointue sur les enjeux de notre époque ».

Réponse du Quiz de Maïté

La réponse est : Der Blaue Engel, du réalisateur Josef von Sternberg. Il est sorti en 1930 et fait partie des tous premiers films parlant.

Ci-dessous la scène à laquelle je faisais allusion. Le professeur Rath qui enseigne l’anglais pénètre dans la salle de classe

Cet extrait n’est pas sous-titré mais on comprend bien de quoi il retourne de par les mimiques des uns et des autres et du ton de la voix de Herr Professor.

Je vous traduis cependant le sujet de la dissertation qu’il donne à faire à ses élèves et qui concerneune pièce de Shakespaere :

« Jules César : Que se serait-il passé si Marc-Antoine n’avait pas fait son oraison funèbre? »

N’ayant pas lu cette pièce, je pense que j’aurais séché. Certains élèves semblent d’ailleurs être dans mon cas puisque le professeur en surprend avec une photo de la chanteuse de cabaret Lola-Lola (interprétée par Marlene Dietrich) Sur cette photo, elle porte une jupette légère qui se soulève lorsqu’on souffle dessus !

Je n’en dis pas plus car vous avez sans doute vu ce film qui mériterait de passer en ciné culte et que je serais ravie de présenter un jour mais quand ?

PS : Bravo à Laurence et Chantal!

Maïté