Journal de Dominique, Un jour à Prades (3)

Lundi 17 juillet

            9h. Pingouin & Goéland et leurs 500 petits

            (2020. « C’est l’histoire d’un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfants et qui en a eu des centaines. C’est l’histoire d’intellectuels, anarchistes, pacifistes, syndicalistes et féministes.  C’est l’histoire de résistants qu’on a pris pour des collabos. C’est l’histoire d’Yvonne et Roger Hagnauer que tout le monde appelait Goéland et Pingouin. C’est l’histoire de la maison d’enfants de Sèvres, une expérience unique de liberté, de pédagogie et d’ouverture au monde. Et puis c’est aussi mon histoire puisque ma mère, sauvée par ce couple, a passé dans cette maison toute son enfance[1] »)

… que les Cramés ont programmé mais sur lequel, à ma grande honte, nous avions fait l’impasse.

Mix d’archives privées :

Fêtes filmées en Super 8 dans les années 1970.

L’interview d’Yvonne et Roger Hagnauer : filmée en VHS par une ancienne pensionnaire de la maison de Sèvres. Récupérée trente ans plus tard par Michel Leclerc.

Et aussi des films de journalistes : reportage d’Igor Barrère en 1999.

Pas de héros évident.

Le montage : il a duré huit mois et a constitué le plus gros du travail. Il ne suit pas la chronologie (explication de ce qu’avait été l’institution avant de parler d’épuration) et changeait en fonction de l’arrivée de nouveaux documents, telle l’interview du mime Marceau en 1978. Michel Leclerc a commencé son film en ignorant les liens existant entre Marceau et sa mère.

Il a mis du temps (il en avait l’idée depuis vingt-cinq ans) à oser réaliser un film à la première personne, à ne pas faire comme s’il n’avait rien à voir avec cette histoire dont il se sentait l’héritier.

14h. West side story.

Premier musical en décors naturels → un prologue exceptionnellement long.

Premier film aussi à utiliser un hélicoptère pour des prises de vue plongeantes.

Tourné en Scope afin de faire concurrence à la télévision en donnant aux gens envie de sortir de chez eux.

17h. Les Damnés ne pleurent pas

(2023. « Fatima-Zahra traîne son fils de 17 ans, Selim, de ville en ville, fuyant les scandales qui éclatent sur sa route. Quand Selim découvre la vérité sur leur passé, Fatima-Zahra lui promet un nouveau départ. Ils arrivent alors à Tanger, où de nouvelles rencontres leur donnent l’espoir d’atteindre la légitimité qu’ils recherchent tant[2] »)

… du réalisateur anglais d’origine marocaine Fyzal Boulifa. Troisième film en compétition pour le prix Solveig Anspach.

Exploitation sexuelle féminine et masculine, impossibilité de changer de vie.

Un bon film.

21h. Dans les jardins de l’Hôtel de Ville, concert…

(Suivi de la projection de La Lutte des classes à laquelle je ne reste pas. Idem, demain, pour Le Nom des gens, j’ai vu -et même, pour ce dernier, revu récemment à la télévision- le film au cinéma et m’en souviens très bien)

… de Michel Leclerc.

Accompagné de deux musiciens (clavier et guitare) et de son accordéon, il interprète des chansons de ses films, qu’il a toutes composées. Son bonheur à chanter fait plaisir à voir.

Mardi 18 juillet

            10h. Somewhere over the chemtrails

(2022. « Lorsqu’un villageois est blessé par une voiture lors d’une fête, le pompier Brona est immédiatement convaincu qu’il s’agit d’une attaque perpétrée par un « Arabe ». Son collègue Standa voit les choses différemment…[3] »)

           

            … film…

            (Sur le racisme et le conspirationnisme,  les « chemtrails » étant, selon la définition de Wikipédia, ces « traînées blanches créées par le passage des avions en vol [censées être] composées d’agents chimiques ou biologiques délibérément répandus en haute altitude par diverses agences gouvernementales pour des raisons dissimulées au grand public » et dont les effets nocifs sont censés être annulés par le vinaigre…)

… tchèque d’Adam Rybansky qui, dans une courte vidéo, se présente à nous en contre-jour un verre à la main et j’aime ça, tout comme son film dont l’humour me rappelle celui des cinéastes tchécoslovaques des années 1960. Note : 4/5.

14h. Six weeks

(2022. « Zsofi, adolescente butée et rebelle rêve d’une grande carrière sportive, mais elle attend un enfant non désiré qu’elle veut confier à l’adoption, et ce malgré la désapprobation de sa mère. Fait-elle le bon choix ? Selon la loi, elle aura six semaines pour changer d’avis. Le portrait saisissant d’une jeune fille confrontée à un choix qui pourrait bouleverser sa vie[4] »)

… de la hongroise  Noémi Veronika Szakonyi.

Etonnant le fait que la mère biologique puisse rencontrer les potentiels parents adoptifs. Inconfortable pour ces derniers : comment s’attacher à un bébé en sachant qu’il peut vous être retiré dans les six semaines suivant l’acte d’adoption ?

Un bon film, le cinquième en compétition pour le prix Solveig Anspach.


[1] https://www.dulacdistribution.com/film/pingouin-goeland/157

[2] http://meliesmontreuil.fr/FR/fiche-film-cinema/M5SSSC/les-damnes-ne-pleurent-pas.html

[3] https://www.senscritique.com/film/somewhere_over_the_chemtrails/46727536

[4] https://www.arrasfilmfestival.com/six-weeks/

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