
Pour le trio d’actrices et le ton décalé de ce socio polar cartoonisé. Du cinéma populaire, drôle et tendre avec ses personnages croquignols et grand-guignolesques.
Ça commence par une amorce de Rape and Revenge mais dérive très vite vers la comédie, la farce, désamorçant aussitôt le brutal et le sordide, en se jouant de la vulgarité. Ce n’est pas une comédie sociale encore que … On est avec des gens de la vie cruelle, genre qui n’ont jamais eu l’occasion d’employer le subjonctif dans leur quotidien âpre et râpé, usant et usé. Mais ils vivent et c’est jubilatoire !
Une ex miss Nord Pas de Calais virée cagole, qui revient à Boulogne-sur-mer, 15 ans après son titre, et bien cabossée. C’est Cécile de France et, quand on l’a vue et aimée dans Mademoiselle de Jonquières, c’est un régal de la voir ici dans le personnage de Sandra, sur le fil du rasoir, ex miss, ex danseuse de pole dance, maquillée comme un camion volé, revenue de tout, endurcie, sélectivement tendre et gardant cette superbe, cette classe absolue visible au fond des yeux.
Et puis il y a Marylin … Audrey Lamy, déjantée et irrésistible, complètement désarmante avec ses arguments effarants de cohérence basique. Elle ne raisonne pas, instinctivement, la solution pour elles trois, dans cette usine, la nuit, pas besoin de chercher, elle, elle l’a. Marilyn est désopilante « Je prendrai rdv avec ton prof quand il te mettra des bonnes notes » dit-elle à Dylan son fils d’une dizaine d’années (Tom Lecocq, prometteur). Ben oui, c’est (sa) logique, quoi !
Nadine c’est Yolande Moreau, une évidence. C’est sa retenue toujours présente qui, toujours, inquiète. C’est une bombe en papillote, un filtre de protection devant l’insupportable, un barrage contre la vallée des larmes. Elle est phénoménale.
Entre l’ex fiancé brutal, le patron violeur, le père absent, le flic ripoux, pas un mec pour racheter l’autre mais super Sandra, même pas peur, regarde devant, voit plus loin et les coiffe tous au poteau.
Rien ni personne ne l’empêchera de manger, tranquille, sa glace au citron, face à l’espoir.
Rebelles est un film d’auteur et populaire. C’est assez rare.
Effet requinquant garanti.
Marie-No







Nominé au Festival International du Film de Toronto 2018
Boyse qui, sans qu’ils le sachent, va porter son enfant que Dibbs lui ravira, la laissant, elle aussi abusée, ruisselante de lait inutile.
Prêcher le faux pour savoir le vrai, quelle folie ! Madame de la Pommeray, consciente de son échec à vouloir changer des Arcis, séducteur forcené, en fidèle compagnon, en fait le constat douloureux. Le film est délicat, délicieux dans sa façon de montrer l’évolution des sentiments de cette marquise étonnante.
Mais des Arcis a pour mission de séduire et la séduire aussi. Il s’y emploie, elle résiste, il la veut , elle baisse la garde et succombe. Son expression en est transformée. Le sourire de courtoisie est devenu sourire de contentement. Des Arcis fait connaître à cette jeune veuve sans expérience des sens, les plaisirs de la chair. Elle rayonne, illuminée de ses extases. La scène où le marquis lui prend son livre et le pose sur le sien à coté d’eux sur la banquette, la caméra restant sur ces deux livres se chevauchant en est l’illustration.
Ours d’Argent au Festival de Berlin 1965 – Prix Louis Delluc 1965 – David O’ Selznick Award 1966 – Visa pour Varda à la Cinémathèque de Moscou 1995